Une nouvelle méthode de filouterie dans les rues de Provence en 1830

faire-pittaÀ partir des années 1830, une nouvelle méthode d’escroquerie, dénommée en provençal faïre pitta, a vu le jour dans les rues des grandes villes de Provence et notamment à Aix.
Une femme d’apparence modeste, vêtue d’une robe noire généralement, s’approchait d’une ou de plusieurs personnes isolées en se plaignant de sa position malheureuse : « Je suis veuve et sans appui, mes dernières ressources vont être épuisées… »
Puis elle sortait une montre et ajoutait : « Il ne me reste plus que cette montre et l’horloger du coin a eu la barbarie de m’en offrir 15 francs. »
À ce moment-là, il arrivait parfois qu’un des hommes abordés prenne la montre dans sa main pour l’examiner et alors surgissait un autre homme, qui était en fait le mari de cette fausse veuve, et qui, en se mêlant à la conversation, lui disait : « Je vous en donne 20 francs, moi, madame… »
Comme on le pense bien, la veuve résistait et, fort logiquement, mus de pitié, certains en venaient à faire une offre supérieure. À ce moment, évidemment, le mari-complice en profitait pour s’éclipser.
La montre était alors adjugée et l’acheteur ne se rendait compte que trop tard qu’il avait été dupé car l’objet était fait d’un vulgaire cuivre argenté.
  • D’après Le Mémorial d’Aix, 1re année, no 29.