❧Le Mémorial d’Aix relate en ce mois de janvier 1890 le geste désespéré d’un octogénaire, soulignant la réalité brutale du grand âge dans la société provençale de la fin du XIXe siècle. À cette époque, la prise en charge de la sénilité et des pathologies mentales reste sommaire, oscillant entre la solidarité familiale et l’enfermement à l’asile des aliénés de Saint-Pons. Ce fait divers expose la vulnérabilité de vieillards dont la raison vacille sous le poids d’une mélancolie sénile, souvent diagnostiquée alors comme une « folie » inéluctable faute de recours thérapeutiques modernes.

BNF.
Le journal Le Mémorial d’Aix du dimanche 12 janvier 1890 relate le fait suivant :
« On fait des folies à tout âge. C’est le cas de la dame C., âgée de 45 ans, qui a tenté de se suicider par asphyxie dans une chambre qu’elle occupait à Aix, rue du Séminaire1.
Le motif de sa funeste détermination a été… un désespoir d’amour. Cupidon ! voilà bien de tes coups ! Espérons qu’elle ne recommencera plus lorsqu’elle aura atteint l’âge de raison, car les soins qu’on lui a prodigués l’ont ramenée à la vie seulement. »
Note
1 Actuelle rue Pierre-et-Marie-Curie.