Le franchissement du col du Noyer à 1666 mètres d’altitude en novembre 1749 expose Jean Corréard et son fils au phénomène redoutable de la tourmente en haute montagne. La combinaison d’une bise violente et de neige fraîche provoque un refroidissement corporel fulgurant et une hypothermie systémique, entraînant une désorientation spatiale fatale avant l’asphyxie par le givre. Le retour de Gap s’inscrit dans les déplacements économiques obligatoires entre vallées alpines avant l’hiver. L’intervention immédiate du lieutenant de châtellenie et du consul moderne valide la procédure judiciaire requise pour écarter tout soupçon de criminalité avant l’inhumation chrétienne.
« Ce troisième novembre 1749, je soussigné ai assisté aux funérailles de Jean Corréard et Joseph, son fils, âgé le dit Jean Corréard [d’]environ 60 ans et son fils appelé Joseph âgé de 11 ans, anciens catholiques apostoliques et romains,
Lesquels défunts, venant de Gap, ont été surpris d’un effroyable vent de bise charriant de la neige qui les a étouffés sur la montagne appelée le Col du Noyer, comme il m’a apparu par la procédure qui en a été faite pardevant sieur Jean Marin, lieutenant de châtellenie, à la réquisition du sieur Dominique Sarrazin, consul moderne de ladite communauté, de ce jour… »
[Signatures]

- Registre paroissial de Saint-Étienne-en-Dévoluy
- Anecdote signalée par Mathilde André

