La découverte du corps de Marguerite Lausette dans l’Èze en juin 1689 met en mouvement les autorités médicales et judiciaires locales sous l’Ancien Régime. L’intervention des maîtres chirurgiens et le procès-verbal des officiers de justice visent à éliminer l’hypothèse d’un homicide ou d’un suicide. Pour le vicaire, écarter le « désespoir » et vérifier l’accomplissement de la communion pascale dans ses registres sont des étapes indispensables. Cette enquête administrative et religieuse permet d’accorder une sépulture chrétienne à cette mère de famille, issue du milieu précaire des valets de bastide, malgré une mort subite sans derniers sacrements.
« Les an et jour que dessus, a été enterrée au cimetière de La Tour, sur les cinq heures après midi, en présence des soussignés, Marguerite Lausette, femme de Dominique Julien du lieu de Grambois et habitant alors au susdit La Tour, les susdits Julien, servant de valet à la bastide de madame de Rauelly et ladite Lausette résidant en ce lieu avec sa famille,
Laquelle a été trouvé morte dans la rivière de l’Èze, au quartier de Vaumalle, dans ce terroir, ce jourd’hui matin et comme suivant les rapports des maîtres chirurgiens et le verbal de messieurs les officiers de la justice de cedit lieu.
Ce n’a pas été par désespoir qu’elle est tombée dans ladite rivière et que d’ailleurs nous avons trouvé dans nos cahiers qu’elle avait fait sa communion pascale.
Nous l’avons ensevelie quoique décédée sans être munie d’aucun sacrement et ni sondit mari ni ses enfants n’ont su signer de ce enquis par nous vicaire. »
[Picard]
- Registre paroissial de La Tour-d’Aigues, Archives départementales de Vaucluse.
- Photographie : Les bords de l’Èze, à La Tour-d’Aigues. DR.