Ce décès accidentel survenu en septembre 1638 au mas de Monsieur Brunet illustre les risques inhérents au pastoralisme et à l’élevage bovin en Crau sous le règne de Louis XIII. L’attaque subie par le berger Jean, dit Desbertes, originaire d’Istres, renvoie sur le plan médical à des traumatismes abdominaux ou thoraco-crâniens violents (enfoncement de la cage thoracique, lésions viscérales ou fractures cervicales) causés par les coups de cornes ou le piétinement de l’animal. La mention de l’attestation délivrée par « messieurs les consuls gouverneurs de la ville et cité d’Arles » atteste de la procédure administrative et judiciaire obligatoire : l’intervention du pouvoir municipal visait à établir officiellement le caractère fortuit du drame et à écarter toute suspicion de meurtre avant de délivrer le permis d’inhumer.

« L’an que dessus [1638] et le seze du mois de septembre Jean dict Desbertes berger du lieu d’Istres feut enseveli au cimetière lequel feu tué par accident au mas de Mons[ieu]r Brunet par un taureau ainsi l’ont attesté messieurs les consuls gouverneurs de la ville et cité d’Arles. »- AD13, Saint-Martin-de-Crau, 203 E 151, registre non folioté.
- Texte transmis par Sébastien Avy.
- Photographie : Taureau de race « Tarine », Saruman, 2007.
Faits divers de Saint-Martin-de-Crau