Un bébé à deux faces (Vidauban, 21 juin 1848)

Le cas de tératologie observé à Vidauban en juin 1848 relève d’une anomalie rare du développement embryonnaire, aujourd’hui qualifiée de diprosopie ou de jumeaux siamois imparfaitement séparés. La description des visages évoque également une forme de cyclopie, une malformation cérébrale et oculaire sévère souvent associée à la non-viabilité du nourrisson. L’attitude du docteur Bernard s’inscrit dans l’essor de l’anatomie pathologique du XIXe siècle, où les cas « phénoménaux » n’étaient plus perçus comme des présages divins mais comme des objets de science. Cette démarche clinique rigoureuse visait à enrichir les collections d’études de l’Académie de médecine.

À la date du 15 juillet 1848, le journal marseillais L’Impartial du Midi, n° 3, rapporte l’anecdote suivante :
« On nous communique une lettre de Vidauban, annonçant un fait fort extraordinaire. Une jeune femme est accouchée d’un enfant ayant une seule tête, mais avec deux figures ; l’une avait deux yeux et l’autre un seul au milieu du front ; il avait de plus quatre oreilles, quatre bras et quatre jambes. Cet enfant n’a vécu que quelques minutes, mais il a été soigneusement conservé par M. Bernard, médecin, qui a l’intention de transmettre à l’Académie de médecine ce phénomène remarquable. »
Après examen des registres d’état-civil de Vidauban de l’année 1848, il apparaît que le bébé concerné était une fille, sortie du sein de Catherine Rato, épouse de Benoît Buscayo, cultivateur, le 21 juin 1848.

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