Une inconnue près de la Tuilière (Lamanon, 12 décembre 1749)

Cet acte de sépulture de 1749 s’inscrit dans un contexte provençal où l’itinérance est courante, que ce soit pour le travail saisonnier ou la mendicité. Le corps découvert près de « La Tuilière », un lieu-dit souvent lié à l’activité des tuiliers et donc à une route, suggère le décès d’une voyageuse loin de ses attaches. Le fait qu’elle porte un chapelet et un livre de piété, « Le Chemin du Ciel », la rattache à la foi catholique et à une dévotion personnelle, fréquents à l’époque. Son identification impossible illustre la fragilité des existences et la difficulté à tracer les individus sans résidence fixe dans la société d’Ancien Régime, même la procédure du viguier et du procureur juridictionnel n’ayant pu déterminer son identité.

« L’an que dessus [1749] et le douze décembre, à la réquisition du procureur juridictionnel et par ordonnance de M. le viguier, en date de ce jourd’hui,
J’ai enterré dans le cimetière de l’église Saint-Denis, paroisse de Lamanon, un cadavre d’une femme qui fut trouvée le jour d’hier morte près la Tuilière1,
Laquelle n’a été reconnue de personne et dont on ignore le nom,
Dans les poches de laquelle on a trouvé un chapelet et des heures intitulées Le Chemin du Ciel2,
En présence du susdit procureur juridictionnel soussigné, et de Marc Registel, illettré, témoins requis ; en foi de quoi, j’ai signé. »
[de Louezet, p. j., Guigues, curé]
Notes
1. Une tuilière est, comme son nom l’indique, une fabrique de tuiles (appelée aussi “tuilerie”). Ces bâtiments étaient souvent construits à l’extérieur des villages. Cette tuilerie n’existe bien sûr plus aujourd’hui mais il existe toujours un quartier nommé La Tuilière.
2. Il pourrait s’agir d’une édition du livre Le Chemin du Ciel, de Jean Bona, publié originellement en 1658.
Sources
  • Registre paroissial de Lamanon, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 255.

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