
À la fin du XVIIe siècle, les hôpitaux ruraux de Provence, comme celui de Graveson, servent principalement de refuge aux indigents et voyageurs de passage plutôt que de centre de soins médicaux. Le décès de ce cinquantenaire arlésien témoigne des limites de la science de 1687, où l’absence de médecin laissait au gardien de l’hospice le soin de constater le trépas. Une telle issue brutale, souvent attribuée à une apoplexie ou une rupture d’anévrisme, privait le défunt des derniers sacrements, une tragédie sociale et spirituelle majeure sous le règne de Louis XIV.
« L’an 1687 et le 25 du mois de janvier, est décédé de ce monde, dans l’hôpital de ce lieu de Graveson, par une mort soudaine,
Un certain homme nommé Pierre, selon le rapport du gardien dudit hôpital, natif de la ville d’Arles, âgé d’environ cinquante années.
En foi de quoi, deux témoins charitables, assistant à ses funérailles, ont signé et moi »
[Guignard, curé, Bertrand, Miol]
- Registre paroissial de Graveson, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 446.