Le suicide de César Guizot (Vauvenargues, 18 avril 1873)

L’an mil huit cent, etc.
Nous, Monge Hippolyte, commissaire de police, etc.
Ayant appris qu’un suicide, attribué à l’asphyxie par suspension avait eu lieu à Vauvenargues, canton nord d’Aix, département des Bouches-du-Rhône, nous sommes transporté aussitôt sur les lieux avec M. le docteur Rimbaud, affecté aux constatations judiciaires médico-légales et nous avons trouvé un cadavre vêtu d’un pantalon, d’une veste et d’un gilet de drap gris et couché sur un lit dans une chambre qui a été désignée comme étant celle où la victime couche habituellement. La corde au moyen de laquelle le défunt s’était suicidé était encore suspendue à un crochet fixé au plancher de la chambre.
chateau-vauvenarguesNous avons appris qu’un sous-officier de gendarmerie qui nous avait précédé sur les lieux avait fait détacher le cadavre que son beau-frère, le sieur Sextius Gautier, âgé de 30 ans, cultivateur, demeurant à Vauvenargues et qui, le premier, l’a trouvé pendu, en allant voir le dénommé, hier matin, comme d’ordinaire. [Il] nous a déclaré avec d’autres qui avaient aussi constaté la mort de la victime, que celle-ci était le nommé César Guizot, âgé de 36 ans, né à Vauvenargues, canton d’Aix (Bouches-du-Rhône), fils de feus Auguste et de Thérèse Gautier, célibataire, profession de garçon meunier, demeurant à Vauvenargues, dans une habitation où il vivait seul.
Il résulte de notre information que le défunt, qui se trouvait sous l’influence de la monomanie du suicide, avait souvent manifesté l’intention de se détruire, sous prétexte qu’il n’était pas heureux. On n’a pas pu préciser d’autres motifs de la détermination qu’il a prise de mettre un terme à son existence. Il résulte d’un autre côté, de l’avis exprimé par M. le docteur Rimbaud et de l’examen auquel il a procédé, que la mort du sieur Guizot doit être attribuée à un suicide par suspension, qu’il existe autour du cou du défunt, ainsi que nous l’avons remarqué nous-même, un sillon très accentué et dû à la constriction de la corde dont s’était servi la victime et qu’enfin on ne constatait sur toute l’habitude du corps aucune trace de violence, impliquant l’action d’une main criminelle.
Dans ces circonstances, M. le docteur Rimbaud a délivré un certificat ayant pour but d’exprimer l’opinion qu’il n’y a pas d’inconvénient à ce que le nommé Guizot soit inhumé en la forme ordinaire.
De tout quoi, nous avons dressé le présent procès-verbal, auquel sera adjoint le rapport médical.
Fait à Aix, etc.
  • Sources : Archives municipales d’Aix-en-Provence, I1-15.
  • Photographie : Château de Vauvenargues. DR.

 

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