Une calamité naturelle
(Manosque, 17-23 juin 1786)

Les récoltes de l’année 1786 s’annonçaient somptueuses. Partout dans le terroir de Manosque, on se disait qu’on allait faire bombance à la fin de l’été et chaque famille s’en réjouissait. Pourtant les rires eurent tôt fait de se changer en grimaces lorsqu’on vit arriver en fin de journée, le 17 juin, des nuages noirs qui ne présageaient rien de bon. Rapidement, la pluie commença à tomber mais celle-ci se transforma peu à peu en grêle : des grêlons d’une grosseur extraordinaire !
foudre-tonnerre-grisVignes, champs de blés, oliveraies : les dégâts furent considérables. Et quand l’orage cessa, dans la soirée, on se rendit compte du mal qu’il avait fait aux cultures. Le lendemain, vers la même heure, le même spectacle s’offrit aux regards. D’énormes nuages déversèrent sur le pays quantité de grêle et des trombes d’eau. Et les dégâts s’additionnèrent à ceux de la veille. Pourtant, le malheur ne devait pas s’arrêter là.
Le jour suivant, le même drame se reproduisit. La Durance débordait et charriait des torrents de graviers dans la plaine. Des arbres avaient été arrachés comme des brindilles de paille. Et la foudre continuait de tomber sur la terre, apportant désolation aux labeurs des hommes. Chaque jour, la tempête semblait plus violente que la veille. Et l’on se demanda si cela prendrait fin.
Sur la demande pressante des consuls, le clergé manosquin organisa des processions quotidiennes jusqu’à l’église de Toutes-Aures pour y chercher les statues de la vierge Marie et de saint Pancrace et les promener dans toute la ville, pour que le Ciel mît un terme au malheur.
Enfin, au septième jour, il n’y eut plus d’orage. Les saintes statues furent encore transportées en ville, mais la tempête semblait avoir quitté la Haute-Provence. Les jours suivants confirmèrent le retour d’un temps stable. Mais que de malheurs endurés par les Manosquins pendant ces sept jours de fin du monde !
  • Photographie : © Aka, 2005. Creative Commons Paternité – Partage des conditions initiales à l’identique 2.5 générique.

 

Commentaires

  1. Jean-Marie, je ne sais pas qui a rédigé ce texte, mais c’est à la fois très intéressant et très vivant.
    Merci.
    Amicalement
    Frédérique

  2. Merci Frédérique. C’est un texte que j’ai écrit pour la revue Haute-Provence infos le mois dernier.
    Amitiés,
    Jean Marie