Jean Marie Desbois, auteur/autrice sur GénéProvence https://www.geneprovence.com/author/jmdesbois/ 500 ans de faits divers en Provence Sun, 12 Apr 2026 21:15:10 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png Jean Marie Desbois, auteur/autrice sur GénéProvence https://www.geneprovence.com/author/jmdesbois/ 32 32 L’angine de Madon de la Mano (Tourtour, 28 mai 1650) https://www.geneprovence.com/langine-de-madon-de-la-mano-tourtour-28-mai-1650/ https://www.geneprovence.com/langine-de-madon-de-la-mano-tourtour-28-mai-1650/#respond Sun, 12 Apr 2026 21:15:10 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27971 ❖ L’année 1650 s’inscrit dans une période de forte mortalité infantile en Provence, où les pathologies respiratoires faisaient des ravages au printemps. Le terme de « déflux » employé par le curé…

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L’année 1650 s’inscrit dans une période de forte mortalité infantile en Provence, où les pathologies respiratoires faisaient des ravages au printemps. Le terme de « déflux » employé par le curé de Tourtour désigne un écoulement d’humeurs, correspondant ici aux symptômes foudroyants de l’angine maligne ou de la diphtérie. La rapidité du décès, survenu en seulement quarante-huit heures, suggère une forme infectieuse sévère provoquant l’asphyxie. Cette fille de notable, issue de la famille de la Mano, succombe à une affection que les connaissances médicales du XVIIe siècle, limitées à la théorie des humeurs, ne permettaient pas de juguler.

« Le vingt-huit du mois [de mai ?] 1650 avons enseveli Madon de la Mano, fille de feu M. de la Mano, âgée d’environ huit ans, morte d’un déflux qui lui tombait sur la gorge et a été dépêchée (emportée) en deux jours de cette dangereuse et fâcheuse maladie ou plutôt, [comme on le soupçonne], [par cette] cause […]. »
  • Source : Archives départementales du Var, 1MIEC204R1.

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Graveson (1720-1721) : une communauté provençale face au fléau https://www.geneprovence.com/graveson-1720-1721-une-communaute-provencale-face-au-fleau/ https://www.geneprovence.com/graveson-1720-1721-une-communaute-provencale-face-au-fleau/#respond Wed, 08 Apr 2026 20:27:05 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27963 L’année 1720 marque pour Graveson une bascule tragique. Situé au pied de la Montagnette, ce village de la vallée du Rhône, à la fois prospère et pieux, a vu son…

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L’année 1720 marque pour Graveson une bascule tragique. Situé au pied de la Montagnette, ce village de la vallée du Rhône, à la fois prospère et pieux, a vu son quotidien brusquement rattrapé par la « contagion ». Entre la ferveur des registres paroissiaux et l’effroi des infirmeries de fortune, le bilan de cette période révèle une communauté qui a dû se réinventer pour survivre au milieu du chaos.

Une société agraire et artisanale dynamique

Avant que le mal ne frappe, Graveson s’organise selon une hiérarchie agraire et artisanale très solide. La vie s’articule autour de l’élite foncière représentée par les ménagers, propriétaires de leurs attelages, qui dominent une masse de travailleurs et de vignerons. Cette distinction sociale se lit jusque dans la mort, puisque les plus influents cherchent l’inhumation dans la nef de l’église, tandis que les autres rejoignent le cimetière commun ou les chapelles de confréries comme celle des Pénitents Blancs. Le village dispose d’un tissu artisanal complet comprenant des maîtres cardeurs de laine, des tonneliers, des charrons essentiels au transport et des maîtres bouchers, témoignant d’une économie locale florissante et ouverte sur les villages voisins de Saint-Rémy, Eyragues et Rognonas.

L’été 1721 : l’arrivée de la « contagion »

Si la peste se déclare à Marseille en 1720, c’est en 1721 qu’elle frappe Graveson de plein fouet, transformant radicalement le paysage local. Des infirmeries de campagne sont dressées en urgence au hameau de Cadillan pour isoler les malades, et le chemin de Maillane devient une route de douleur où l’on évacue les suspects de peste. L’élite du savoir paie un prix lourd dans cette lutte. Paul François Bertrand, maître chirurgien, meurt en septembre 1721 à l’infirmerie après avoir combattu le mal, tandis que le jeune apothicaire Honoré Amiel disparaît également à vingt-quatre ans. La peur est telle que le curé refuse la sépulture commune aux victimes soupçonnées de peste, comme Elizabeth Arnaud, enterrée hors les murs. En l’absence de prêtres disponibles, ce sont des domestiques qui pratiquent l’ondoiement d’urgence des nouveau-nés à la maison.

L’hécatombe des notables et le sacrifice des soignants

L’impact sur les familles de notables a été foudroyant, tant sur le plan humain que structurel. La disparition des figures médicales a laissé le village dans un dénuement total, désorganisant les réseaux de soins habituels. Les grandes familles de ménagers voient leurs structures patriarcales vaciller avec le décès de plusieurs chefs de famille sexagénaires ou octogénaires en l’espace de quelques mois, entraînant une accélération brutale des successions et une redistribution des terres. La démographie des notables est également touchée par une mortalité juvénile alarmante, à l’image de la famille du berger Guillaume Jean, dont la fille de quinze ans périt aux infirmeries peu après sa mère, brisant ainsi les stratégies d’alliances matrimoniales patiemment construites.

Résilience et mutations économiques

Malgré ce sombre tableau, les registres de la fin de l’année 1721 montrent une volonté farouche de reconstruction. L’analyse des décès sur la période révèle une espérance de vie moyenne de quarante-huit ans et neuf mois, un chiffre qui masque une cohabitation entre de rares patriarches atteignant quatre-vingts ans et une jeunesse fauchée précocement. Les survivants des familles influentes, comme les Guignard ou les Catalan, verrouillent le pouvoir pour assurer la stabilité. On assiste à une concentration des propriétés par des remariages rapides entre veufs et veuves de même condition. Fait inhabituel, des enfants de dix à quatorze ans apparaissent comme parrains et marraines officiels, témoignant d’un transfert de responsabilité vers une génération très jeune, faute d’adultes survivants dans certaines branches.

Conclusion : le triomphe de la lignée sur le mal

À la fin de l’année 1721, Graveson est un village meurtri mais debout. La reprise des mariages dès décembre montre que la priorité absolue est la sauvegarde du patrimoine foncier et la continuité des lignées. Les charges notariales et les propriétés foncières sont restées entre les mains des familles survivantes qui assurent la transition vers l’année 1722. La peste a emporté des vies, mais elle n’a pas brisé l’organisation sociale provençale, qui s’est refermée sur ses fondamentaux que sont la terre, le droit et la famille pour assurer son avenir.
  • Source : Registre paroissial de Graveson, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 446.

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Le saut du troupeau (La Saulce, octobre 1865) https://www.geneprovence.com/le-saut-du-troupeau-la-saulce-octobre-1865/ https://www.geneprovence.com/le-saut-du-troupeau-la-saulce-octobre-1865/#respond Sun, 05 Apr 2026 20:17:45 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27950 C’est un récit tragique que rapporta le Courrier des Alpes fin 1865, un récit survenu sur la route impériale reliant Gap à Marseille, au cœur du quartier du Saffre, près…

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C’est un récit tragique que rapporta le Courrier des Alpes fin 1865, un récit survenu sur la route impériale reliant Gap à Marseille, au cœur du quartier du Saffre, près de la Saulce.

Le saut mortel du troupeau

Alors qu’un troupeau transhumant de 1 400 bêtes se dirigeait vers un pré pour y paître, les bergers qui le menaient tentèrent de lui faire emprunter un sentier de descente. Mais les moutons, sans doute tenaillés par une faim pressante, ignorèrent le chemin balisé. Dans un élan irrépressible, ils se précipitèrent vers le pâturage en franchissant un mur haut de deux mètres. Les premiers ovins furent brutalement stoppés par les buissons et les ronces qui garnissaient le pied de l’ouvrage. Les suivants tombèrent les uns sur les autres, s’entassant jusqu’à former une sorte de rempart vivant. Ce chaos provoqua la mort par étouffement de 244 moutons.

Le sacrifice d’un homme et le mystère des registres

Hélas, le bilan ne s’arrêta pas à la perte du bétail. Dans un geste désespéré pour retenir ses bêtes et freiner leur chute mortelle, l’un des bergers fut lui-même entraîné par les premiers rangs du troupeau. Pris au piège sous la masse des animaux, l’homme ne put se dégager et mourut étouffé sous leur poids.
Toutefois, en plongeant dans le registre d’état civil de la Saulce pour retrouver la trace de ce malheureux, le mystère s’épaissit. Nous ne trouvons aucun décès de berger enregistré à cette période. Il est fort probable que l’officier de l’état civil l’ait simplement inscrit sous la profession de cultivateur, une approximation courante dans les actes anciens. De surcroît, à en juger par l’incapacité de cet homme à s’extraire du tumulte et à résister à la poussée et vu surtout les actes qui pourraient être celui de cet homme, je suis d’avis qu’il devait être âgé de plus de 80 ans, ce qui le rendait d’autant plus vulnérable face à la force brute du troupeau affolé.
  • Source : L’Annonciateur, 4 novembre 1865, p. 1.

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Le double deuil de Balthezar Alaud (Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, 2 septembre 1697) https://www.geneprovence.com/le-double-deuil-de-balthezar-alaud-saint-maximin-la-sainte-baume-2-septembre-1697/ https://www.geneprovence.com/le-double-deuil-de-balthezar-alaud-saint-maximin-la-sainte-baume-2-septembre-1697/#respond Sat, 04 Apr 2026 07:20:26 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27927 Cet acte de 1697 consigne une pratique chirurgicale codifiée par l’Église : la césarienne post-mortem. Face au décès d’Anne Mouche, le curé ordonne l’ouverture du corps pour extraire l’enfant afin…

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Cet acte de 1697 consigne une pratique chirurgicale codifiée par l’Église : la césarienne post-mortem. Face au décès d’Anne Mouche, le curé ordonne l’ouverture du corps pour extraire l’enfant afin de lui administrer le baptême, condition sine qua non pour le salut de son âme selon le dogme catholique de l’époque. Cette intervention, réalisée dans l’urgence par un chirurgien ou un barbier local, témoigne de la primauté du spirituel sur l’intégrité physique. La mortalité maternelle et néonatale demeure alors une réalité biologique majeure en Provence, dictée par l’absence d’asepsie et la maîtrise limitée des complications obstétricales.

« L’an que dessus [1697] et le deuxième septembre, est décédée Anne Mouche, femme de Balthezar Alaud, âgée d’environ trente-quatre ans, munie de tous les sacrements de l’Église.
Elle était enceinte et on l’a ouverte pour en tirer son fruit qui a été baptisé et est mort ensuite,
Et ont été ensevelis ledit jour,
Présents Antoine André et Laurent Guion. »
[L. Guion, Joseph Agnez, curé, A. André]
  • Source : Registre paroissial de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, Archives départementales du Var, 2 MI EC2810R1.

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Une immense inondation (Avignon, 16 novembre 1674) https://www.geneprovence.com/une-immense-inondation-avignon-16-novembre-1674/ https://www.geneprovence.com/une-immense-inondation-avignon-16-novembre-1674/#respond Sun, 29 Mar 2026 09:38:01 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27909 L’inondation de novembre 1674 s’inscrit dans l’aléa climatique majeur du bassin rhodanien sous le règne de Louis XIV. Ce débordement du Rhône, favorisé par le Petit Âge Glaciaire, dépasse les…

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L’inondation de novembre 1674 s’inscrit dans l’aléa climatique majeur du bassin rhodanien sous le règne de Louis XIV. Ce débordement du Rhône, favorisé par le Petit Âge Glaciaire, dépasse les crues de référence de 1588 et de 1660. Les repères inscrits dans les cloîtres avignonnais témoignent de l’importance de la culture du risque dans une cité enserrée par ses remparts, où l’eau infiltre les caves par remontée de nappe. La mesure précise en « pans » et « pouces » reflète l’usage du système métrique provençal ancien, indispensable pour évaluer l’ampleur des dommages sanitaires et structurels dans les couvents.

« La plus forte dont on ait gardé le souvenir. La ligne où montèrent les eaux était marquée dans le cloître des Grands-Augustins contre un pilier. On y avait mis en latin l’inscription suivante : »

[INSCRIPTION OMISE]

« La même inondation était marquée dans le cloître des Cordeliers, au-dessus de l’inscription placée en mémoire de la cérémonie faite en 1660 par le roi Louis XIV.
Une inscription latine disait que les eaux avaient atteint la ligne inférieure marquée le 16 novembre 1674.
L’eau monta dans le cloître des Minimes à 9 pans, 5 pouces (2,40 mètres environ) au-dessus de l’inondation du 18 septembre 1588. »
  • Source : “Fais particuliers arrivés dans la ville d’Avignon depuis l’année 795 jusqu’à l’année 1720”, Registre manuscrit, Archives municipales d’Avignon, 1Z8.

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Un mariage endeuillé (Apt, 20 juin 1841) https://www.geneprovence.com/un-mariage-endeuille-apt-20-juin-1841/ https://www.geneprovence.com/un-mariage-endeuille-apt-20-juin-1841/#respond Thu, 26 Mar 2026 22:07:00 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27901 Le dimanche 20 juin 1841, la tragédie frappa cruellement un père de famille à proximité du hameau de Viton, près d’Apt (Vaucluse). Barthélemy Hugues, un cultivateur de Simiane âgé de…

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Le dimanche 20 juin 1841, la tragédie frappa cruellement un père de famille à proximité du hameau de Viton, près d’Apt (Vaucluse). Barthélemy Hugues, un cultivateur de Simiane âgé de 56 ans, cheminait paisiblement en direction de la ville pour assister au mariage de l’une de ses filles. Il était monté sur son mulet, ne se doutant pas que cette route festive le mènerait vers un funeste destin.
Le passage en cet endroit s’avérait particulièrement périlleux, car la voie ne mesurait que 3 mètres environ de largeur. C’est dans ce goulet étroit que le cavalier croisa la route d’une charrette pesamment chargée, conduite par monsieur Bec. L’imprudence fut partagée ce jour-là. Le charretier, face à l’étroitesse du chemin, omit d’arrêter son lourd attelage pour diminuer le danger et laisser le passage au père de la mariée.
Le choc fut inévitable et d’une rare violence. La charrette heurta brutalement l’animal et son cavalier. Déséquilibré par l’impact, le malheureux Barthélemy chuta lourdement au sol. L’horreur atteignit son paroxysme lorsqu’une des roues du lourd véhicule lui passa sur le corps.
Immédiatement secouru, on le transporta en urgence vers la ville. Hélas, les blessures étaient trop graves et le cultivateur expira peu d’instants après son admission à l’Hôtel-Dieu, transformant un jour de noces en une journée de deuil absolu.
  • Sources : Le Mercure aptésien, 27 juin 1841, p. 3.
  • Registre d’état civil de la ville d’Apt, Archives départementales de Vaucluse, année 1841, no 74.

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Une urgence vitale (Les Saintes-Maries-de-la-Mer, 22 septembre 1658) https://www.geneprovence.com/une-urgence-vitale-les-saintes-maries-de-la-mer-22-septembre-1658/ https://www.geneprovence.com/une-urgence-vitale-les-saintes-maries-de-la-mer-22-septembre-1658/#respond Tue, 24 Mar 2026 20:35:25 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27883 Dans les registres paroissiaux, la mortalité infantile est hélas omniprésente sous l’Ancien Régime. Mais le registre des Saintes-Maries-de-la-Mer de l’automne 1658 nous livre un document rarissime et un épilogue inespéré…

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Dans les registres paroissiaux, la mortalité infantile est hélas omniprésente sous l’Ancien Régime. Mais le registre des Saintes-Maries-de-la-Mer de l’automne 1658 nous livre un document rarissime et un épilogue inespéré : un sauvetage documenté !
Tout commence par une anomalie : un certificat médical rédigé en latin, inséré au milieu des actes de baptême. Le 22 septembre, l’apothicaire local, le sieur Berger, y atteste que le nouveau-né de Pierre Granier, juge royal de la ville, souffre d’un grave « flux d’humeurs et de coliques intestinales ». Le nourrisson risque la mort et ne peut être transporté à l’église.
Face à cette urgence vitale, la famille obtient une autorisation exceptionnelle du vicaire général d’Arles. Le curé se rend précipitamment au domicile du juge pour procéder à un ondoiement (un baptême d’urgence) afin de sauver l’âme du petit Jean Louis.
On s’attend alors à retrouver le nom de l’enfant dans le registre des sépultures… Mais le miracle a lieu ! Un nouvel acte daté du 6 octobre 1658 consigne le triomphe de la vie. L’enfant a survécu. Déclaré hors de danger, il est présenté à l’église où le prêtre « supplée les cérémonies » (comme l’onction du Saint-Chrême), en présence de son noble parrain venu d’Arles. Une archive poignante !

1. Le certificat médical de l’apothicaire (22 septembre 1658)

Texte original en latin :
Ego Infrascriptus pharmacopola santimarianus fidem facio & attestor puerum domini petri de Granier regii judicis ejusdem urbis santimariane ab aliquot diebus natum laborare magno humorum defluxu & intestinorum torminibus ac eodem defluxu manantibus / idcirco ad Ecclesiam afferri sine magno vitæ discrimine Non posse ut sacramento Baptismi muniatur. In quorum fidem presentes feci In dicta urbe die vigesima secunda mensis septembris anno millesimo sexcentesimo quinquagesimo octavo.

Berger
Traduction en français :
Moi, apothicaire soussigné des Saintes-Maries, fais foi et atteste que l’enfant du sieur Pierre de Granier, juge royal de cette même ville des Saintes-Maries, né depuis quelques jours, souffre d’un grand flux d’humeurs et de coliques intestinales, et de ce même flux qui s’écoule ; c’est pourquoi il ne peut être apporté à l’église sans un grand péril pour sa vie, afin d’y être muni du sacrement du baptême. En foi de quoi j’ai fait les présentes en ladite ville, le vingt-deuxième jour du mois de septembre de l’année mil six cent cinquante-huit.

Berger

2. L’enregistrement de l’ondoiement à domicile

Texte original en latin :
Visis suprascripta testificatione, nec non facultate antea per Epistolam subscriptam die 12a pntis mensis Septembris concessa a Domino Vicario et Officiali gnali Illmi Dni Dni Arelaten. Archiepi, aquam baptismalem præfato puero (nato die 6a huius dicti mensis) Dni Petri Granier Regis Judicis, et Dllæ Blanchæ Moustier< conjugum dedi ipsorum domi. Cui puero impositum est nomen Joannes Ludovicus. Illius patrini fuere dnus Antonius Granier illius nomine Nobili Joannis Ludovici de Pallier Sen. Civitatis Arelaten., et Dlla Maria Granier conix Joannis Ponsquier burgen. dictæ huius villæ.

Desuignes vic.
Traduction en français :
Au vu de l’attestation écrite ci-dessus, ainsi que de l’autorisation accordée par lettre le 12 du présent mois de septembre par le Vicaire Général de l’Illustrissime Archevêque d’Arles, j’ai donné l’eau baptismale à domicile au susdit enfant (né le 6 de ce mois) des époux Sieur Pierre Granier, Juge Royal, et Demoiselle Blanche Moustier. Il a reçu le nom de Jean Louis. Les parrains furent le sieur Antoine Granier (agissant au nom du Noble Jean Louis de Pallier de la cité d’Arles) et Demoiselle Marie Granier, épouse de Jean Ponsquier, bourgeois de cette ville.

Desuignes vic.

3. Le supplément des cérémonies à l’église (6 octobre 1658)

Texte original en latin :
Testor Ego idem Vicarius me die sexta mensis Octobris ejusdem anni 1658 supradicto puero Joanni Ludovico Granier sacras Baptismi supplesse Ceremonias, quarum susceptioni interfuere ipsius puerum gessere præfati nobilis Joannes Ludovicus de Pallier et Dlla Maria Granier illius patrini.

Desuignes vic.
Traduction en français :
Moi-même Vicaire, atteste avoir suppléé les cérémonies sacrées du Baptême le sixième jour du mois d’octobre de la même année 1658 pour le susdit enfant Jean Louis Granier, à la réception desquelles ont assisté et porté l’enfant les parrains précités, le noble Jean Louis de Pallier et Demoiselle Marie Granier.

Desuignes vic.
  • Source : registre paroissial des Saintes-Maries-de-la-Mer, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, cote 203 E 277 bis.

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Mort pour 35 centimes (Aiguilles, 27 juin 1896) https://www.geneprovence.com/mort-pour-35-centimes-aiguilles-27-juin-1896/ https://www.geneprovence.com/mort-pour-35-centimes-aiguilles-27-juin-1896/#respond Tue, 24 Mar 2026 08:57:19 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27860 Le 26 juin 1896, le village d’Aiguilles (Hautes-Alpes) fut le théâtre d’un drame sanglant et absurde. Ce soir-là, dans le café de Paris, où se trouvaient deux jeunes ouvriers italiens,…

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Le 26 juin 1896, le village d’Aiguilles (Hautes-Alpes) fut le théâtre d’un drame sanglant et absurde. Ce soir-là, dans le café de Paris, où se trouvaient deux jeunes ouvriers italiens, Laurent Gaydon et Prosper Monnet, âgés de dix-neuf ans et originaires d’Endrogna, établis dans la commune comme travailleurs agricoles, une querelle éclata brusquement entre ces compatriotes pour une dérisoire différence de 35 centimes sur le solde de la consommation.
Très vite, la querelle prit des allures plus graves. Prosper Monnet porta un coup de pied à son compatriote. C’est alors que Laurent Gaydon porta son couteau sur le flanc gauche de son antagoniste. Persuadé d’avoir seulement blessé son ennemi de façon superficielle, le criminel quitta le lieu du crime et se coucha tranquillement. Hélas ! le coup de couteau porta gravement. Transporté dans la maison de Joseph Sillan, cultivateur de soixante-quatorze ans, du quartier du Canton, le malheureux Prosper y expira à 10 heures du soir malgré tous les soins dont il fut entouré.
L’adjoint au maire, le sieur Villand, fut aussitôt prévenu de la tragédie. Il sonna le tocsin, et c’est avec la croyance d’un incendie que les pompiers accoururent à la hâte. Puisque la brigade de gendarmerie était à plus de cinq kilomètres, ce furent ces pompiers qui firent office de force publique. Ceux-ci escortèrent le juge de paix d’Aiguilles, qui devait procéder à l’arrestation du meurtrier, cueilli en plein sommeil.
Un télégramme fut immédiatement expédié au parquet de Briançon. Dès le lendemain matin, le procureur de la République Roche, le juge d’instruction Bouniol, le greffier Griot, et le docteur Vagnat prirent le premier train et arrivèrent vers neuf heures pour commencer l’enquête. Lors de son interrogatoire, Laurent Gaydon pleura sans arrêt, puis sombra dans un ahurissement total en voyant la réalité de son acte. Il fut ensuite écroué à la maison d’arrêt de Briançon.
Ce même 28 juin, à 8 heures du matin, le maire Antoine Gorlier dressa officiellement l’acte de décès de Prosper Monnet, arrachant définitivement le jeune fils de Jacques Monnet et Suzanne Tiston à ses montagnes d’Italie.
  • Sources : La Durance, 5 juillet 1896, p. 3.
  • Registre d’état civil d’Aiguilles, Archives départementales des Hautes-Alpes, 2 E 4/12/1.
  • Anecdote signalée par Généqueyras.

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Un jeune garçon emporté au faubourg des Templiers (Arles, 22 août 1881) https://www.geneprovence.com/un-jeune-garcon-emporte-au-faubourg-des-templiers-arles-22-aout-1881/ https://www.geneprovence.com/un-jeune-garcon-emporte-au-faubourg-des-templiers-arles-22-aout-1881/#respond Mon, 23 Mar 2026 13:06:03 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27851 C’est un fait d’une grande tristesse qui, un jour de baignade, déchira le cœur du faubourg des Templiers à Arles. Ce drame rappela brutalement la puissance sans merci du Rhône,…

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C’est un fait d’une grande tristesse qui, un jour de baignade, déchira le cœur du faubourg des Templiers à Arles. Ce drame rappela brutalement la puissance sans merci du Rhône, un fleuve qui donne et reprend, souvent sans prévenir.

La destination fatale

Le jeune homme au destin brisé se nommait Louis Metton. Il n’avait pas encore dix ans, à cet âge où l’insouciance se mêle à la témérité. Louis habitait le faubourg des Templiers à Arles, avec sa mère, Honorine Metton, 29 ans, et son beau-père, Pierre Rey, conducteur de trains.
Comme tant d’enfants en été, il était parti avec ses amis pour trouver un peu de fraîcheur au bord du fleuve. Leur lieu de rendez-vous habituel était l’oseraie du mas Moulin, dans le quartier des Ségonnaux, à Barcarin. C’est là que, dans un moment d’inattention fatale, le garçon s’avança imprudemment dans l’eau.

L’impuissance et le cri

Le drame survint sans crier gare : Louis Metton fut entraîné par le courant. Le Rhône, sous son apparente tranquillité, avait dévoilé sa force terrible.
Ses camarades, témoins de la scène, entendirent aussitôt ses cris déchirants, appelant à l’aide. Mais la panique et leur jeune âge ne leur permirent pas d’agir. Ils furent malheureusement dans l’incapacité de lui porter secours face à la violence de l’eau.
  • Sources : L’Homme de bronze, 21 août 1881, p. 4.
  • Registre d’état civil de la ville d’Arles, no 456, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 1411.

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La fatalité du sergent Bitterlin (Toulon, 27 janvier 1830) https://www.geneprovence.com/la-fatalite-du-sergent-bitterlin-toulon-27-janvier-1830/ https://www.geneprovence.com/la-fatalite-du-sergent-bitterlin-toulon-27-janvier-1830/#respond Sun, 22 Mar 2026 14:47:38 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27842 Voici l’histoire d’un drame qui, en 1830, émut toute la population de la Provence. Joseph Bitterlin était né à Pont-à-Mousson en 1804. Après avoir reçu une instruction soignée, sa famille…

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Voici l’histoire d’un drame qui, en 1830, émut toute la population de la Provence.
Joseph Bitterlin était né à Pont-à-Mousson en 1804. Après avoir reçu une instruction soignée, sa famille le laissa libre de choisir une carrière. À dix-huit ans, il s’engagea volontairement dans le 3e régiment de ligne. On s’accordait généralement à croire que ce sont des chagrins d’amour qui l’avaient mené à cette résolution, bien que son caractère courageux et son cœur agité par la passion de la gloire lui fissent préférer l’état militaire.

L’ascension et la cible de la vexation

Bitterlin fut distingué par ses chefs, aimé et estimé de ses camarades. Il ne tarda pas à obtenir les galons de sous-officier. Ses sympathies, que lui méritait son caractère doux et hardi, s’augmentaient encore de sa beauté physique. Il était soigné à l’excès dans sa toilette, à laquelle il consacrait la majeure partie de la pension que lui faisait sa famille. Sa toilette était toujours de la plus irréprochable élégance, et les officiers de son régiment étaient fiers de leur beau sergent. Bitterlin avait la taille haute et bien prise, sa tête était belle et expressive, et ses cheveux très blonds donnaient à sa physionomie une apparence juvénile qui le rendait plus intéressant encore.
En janvier 1830, le 3e de ligne tenait garnison à Toulon et occupait la caserne Saint-Louis.
Le sergent avait le malheur d’être la cible de l’adjudant Bec. L’adjudant, dont l’esprit inquiet et minutieux cherchait toujours des motifs de vexations contre les sous-officiers, ne put supporter patiemment le régime de vexations auquel son supérieur voulait le soumettre. Cette résistance valut à Bitterlin un redoublement de sévérité, l’adjudant ne cessant de le réprimander et de le punir. Bec cherchait surtout à vexer le sergent contre le goût excessif que Bitterlin avait pour la toilette.

L’humiliation fatale

Ce système atteignit son paroxysme le 26 janvier 1830 au matin, lorsque Bitterlin voulut quitter la caserne. L’adjudant l’arrêta au passage.
« Sergent, lui dit-il, vous ne sortirez pas avec les épaulettes que vous portez…. »
L’adjudant déclara qu’elles n’étaient pas conformes à l’ordonnance.
Bitterlin rétorqua : « Mais vous passez bien quelques fantaisies aux autres. »
L’adjudant répliqua : « Je fais ce qu’il me plaît. »
Bitterlin répondit : « Et moi aussi », et, passant outre, il quitta brusquement l’adjudant.
Le soir, quand le sergent rentra à la caserne, il apprit qu’il avait été porté au livre des punitions pour quatre jours de salle de police.
Dans sa chambre, il ouvrit silencieusement sa malle. De grosses larmes roulaient dans ses yeux bleus. Il en tira un après l’autre tous les menus objets qu’elle contenait, et les distribua à ses amis qui entraient dans sa chambre, leur donnant à chacun un souvenir, sans prononcer une seule parole. Les sous-officiers furent effrayés.
Un de ses chers amis lui dit : « Eh quoi ! pour quatre jours de salle de police, tu veux te tuer ? »
Bitterlin répondit : « Je l’ai dit à l’adjudant, moi aussi je fais ce qu’il me plaît. »
Il s’échappa de ses amis pour cacher ses sanglots et s’enferma dans sa chambre particulière.
Bitterlin expliqua plus tard que son projet ne venait pas de peines d’argent, mais du chagrin causé par la vexation.

Le projet de vengeance et l’erreur funeste

Pendant un repos, Bitterlin prit son fusil, descendit le long du mur des fortifications et chargea son arme. Dans sa précipitation, il mit un tampon trop fort dans le canon, l’obligeant à s’aider d’une pierre et de sa baguette. Il conçut alors un projet funèbre : se venger, se débarrasser de l’adjudant Bec, et se tuer lui-même en se plantant son sabre dans le cœur.
Pendant les manœuvres, il attendait le moment où l’adjudant passerait devant le front des troupes.
Quelques minutes auparavant, un capitaine, ayant appris ce qui s’était passé la veille, en avait fait part au colonel. Le colonel Charles d’Autane, officier de la Légion d’honneur, chevalier de Saint-Louis et de la Couronne de fer, originaire d’Allons (Basses-Alpes), sachant toute l’amitié que Bitterlin avait pour lui, et s’inquiétant de ses dispositions suicidaires, voulait le consoler lui-même.
M. d’Autane se dirigea à pied vers le pont d’Italie et y arriva au moment où Bitterlin gravissait la berge. En voyant apparaître le pompon blanc (couleur distinctive de l’État-Major), Bitterlin eut un mouvement de joie soudaine, croyant que c’était l’adjudant, et apprêta son fusil.
Alors, il reconnut son colonel. Il perdit la tête, se voyant déjà arrêté, traîné devant un conseil de guerre qui le condamnerait aux bagnes, et il préféra la mort à la honte.
Sans plus de délibération et sans même épauler son arme, il la déchargea à six pas environ dans le ventre du bon colonel.
M. d’Autane tomba foudroyé sans proférer un seul cri, sans faire entendre un gémissement. Ainsi périt, le 27 janvier 1830, à trois heures et demie, un brave officier de quarante-deux ans, qui laissait derrière lui une jeune femme et deux enfants1.
La détonation éveilla l’attention de tous. Le tambour-major se jeta sur lui. Bitterlin, qui avait jeté son fusil, cherchait à s’enfoncer le sabre-briquet dans le cœur, mais les larges buffleteries l’en empêchèrent. Bitterlin s’approcha du cadavre et versa d’abondantes larmes, répétant : « Ce n’est pas à lui que j’en voulais, j’aurais dû suivre mon premier projet et ne tuer que moi… »

Le jugement et le dernier acte

Bitterlin fut envoyé à Marseille où se trouvaient alors les Conseils de guerre. Il fut emprisonné au fort Saint-Jean, où il s’attira la sympathie des soldats vétérans. Le procès fut fixé au 22 février 1830 devant le deuxième Conseil de guerre, siégeant au Campement militaire, à la place Saint-Michel, et il fut condamné à mort.
Le jour de l’exécution, le 5 mars au matin, il était calme. Il fit ses adieux, ayant écrit une lettre à son fils à Strasbourg et à une jeune fille.
Le cortège le conduisit jusqu’à la place de la Tourette. Près du cimetière Saint-Laurent, Bitterlin demanda si c’était son lieu de repos. On lui dit que non. Il répliqua : « Là ou ailleurs, qu’importe ! »
Adossé contre le vieux mur, il consentit, après les instances de l’aumônier, à se faire bander les yeux. Le moment suprême approchait. Bitterlin demanda à commander le feu. D’une voix forte, il cria : « Apprêtez armes !… en joue !… feu!… »
Le courageux sergent tomba, frappé de huit balles. Il tomba la face tournée vers le ciel. Le corps du supplicié fut mis en terre au cimetière Saint-Charles.

L’épilogue tragique

L’histoire ne s’arrêta pas là. L’adjudant Bec était inconsolable des suites terribles des tracasseries qu’il avait exercées contre le sergent. Le marasme s’empara de son âme. Enfin, le 30 mars à six heures, il tira son sabre du fourreau, s’en appliqua la pointe sur le cœur et, prenant le lit pour point d’appui, se laissa tomber sur son arme.
Tel est le récit de cette tragique affaire, qui causa une tristesse générale dans toute la population de Marseille et de Toulon. Le destin tragique du sergent Bitterlin, du colonel d’Autane et de l’adjudant Bec s’est joué à Marseille en 1830. Cette sombre chronique, pleine de vexations, de désespoir et d’une erreur fatale, illustre comment un concours de circonstances peut faire basculer l’honneur dans la tragédie. Même après deux siècles, se souvenir de ces hommes et de leur double drame est essentiel pour comprendre la complexité de nos ancêtres. Nous perpétuons leur mémoire, non pour le crime, mais tout simplement par humanité.
Note
1. Encore jeune au moment de sa mort, Charles d’Autane, connu sous le nom de Comte d’Autane, était entré à 13 ans dans les chasseurs de l’armée de Condé. Nommé capitaine le 21 décembre 1811, il avait fait les campagnes de Dalmatie, du Tyrol, d’Allemagne et d’Espagne, et avait même été blessé à Murviedro le 4 novembre 1811 et avait reçu une balle dans la cuisse lors du combat de Loriol, le 2 avril 1815. Au moment de sa mort, il était colonel au 7e régiment d’infanterie de ligne où il avait été nommé le 28 août 1827 et avait commandé le 3e régiment de ligne dans les Alpes et à Toulon. (source : http://genobco.free.fr/provence/Autane.htm)
  • Source : Le Petit Marseillais, 25-27 juin 1868.

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