04 - Forcalquier Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/04-forcalquier/ 500 ans de faits divers en Provence Wed, 01 Jul 2026 14:34:10 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.0.1 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png 04 - Forcalquier Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/04-forcalquier/ 32 32 Quand la justice fait partie de la bande (La Brillanne, 12 août 1708) https://www.geneprovence.com/quand-la-justice-fait-partie-de-la-bande-la-brillanne-12-aout-1705/ https://www.geneprovence.com/quand-la-justice-fait-partie-de-la-bande-la-brillanne-12-aout-1705/#respond Fri, 26 Jun 2026 17:42:06 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28608 Le dossier est conservé aux Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence sous la cote B 2453. Il s’ouvre sur une requête adressée au lieutenant général criminel de Forcalquier, rédigée par un certain…

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Le dossier est conservé aux Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence sous la cote B 2453. Il s’ouvre sur une requête adressée au lieutenant général criminel de Forcalquier, rédigée par un certain Honoré Breugne, sieur de cette ville1. Les faits se sont produits le dimanche 12 août 1708, à La Brillanne, sur la place publique, sous les mûriers, devant la maison seigneuriale. Ce qui commence comme une altercation verbale tourne à l’émeute. Le dossier s’arrête avant le jugement — mais ce qu’il contient suffit à reconstituer une affaire d’une violence rare, impliquant les officiers de justice du lieu eux-mêmes.

Un dimanche de août sur la place publique

Honoré Breugne est un homme de Forcalquier. Il est également taillable2 de la communauté de La Brillanne — c’est-à-dire qu’il y possède des biens et y est soumis à l’impôt. Ce dimanche 12 août 1708, il s’y est rendu pour surveiller sa récolte. Vers cinq heures du soir, il se trouve sur la place publique du village, sous les mûriers, devant la maison seigneuriale, à se promener avec quelques personnes.
Guillaume Depieds, neveu du consul3 de La Brillanne, l’avait convoqué la veille — ainsi que d’autres taillables forains4 — pour assister à un conseil de communauté5 qu’il devait tenir ce même jour. Ce conseil n’a pas eu lieu. Breugne, qui a attendu longtemps, fait remarquer publiquement à Depieds le tort qu’il leur a causé en les faisant venir pour rien.
Ce reproche, formulé en public, devant les habitants du village, est une humiliation que Depieds ne peut pas laisser passer. Il est neveu du consul, homme d’autorité locale. Se faire faire la leçon par un étranger — un taillable forain de Forcalquier — devant tout le monde, c’est une atteinte à son prestige.
Sa réponse est immédiate et violente. Il charge Breugne « d’injures très atroces et diffamatoires, le traitant de coquin, de malheureux, de voleur », et le menace de le faire assommer, « qu’il ne tenait de vie qu’il ne le fît dès le moment ». Puis, se prévalant de sa fonction — consul ou proche du consul — il cabalise6 sur-le-champ plusieurs habitants du village.

La troupe

En quelques minutes, un groupe se forme. Breugne, dans sa requête, en donne la composition précise : Antoine Basset, lieutenant de juge7 ; Antoine André, vautier seigneurial8 ; Dominique Bouyer ; Louis Brémond ; Joseph Duplan fils ; Germiny ; Joseph André ; Louis Basset« et autres, en beaucoup de fâcheux et filles ».
La liste est accablante. Sur les huit hommes identifiés, deux au moins sont des officiers de justice : le lieutenant de juge et le vautier seigneurial. Ce sont précisément les hommes qui auraient dû protéger Breugne — ou à tout le moins rester neutres. Leur présence parmi les agresseurs transforme une rixe de village en quelque chose de beaucoup plus grave : une violence institutionnelle, organisée par ceux-là mêmes qui incarnent l’ordre public local.
La requête insiste sur ce point : « furent tous attroupés de dessein prémédité ». Ce n’est pas une foule qui s’emballe spontanément. C’est un groupe constitué, avec une intention.

L’agression

Ils se jettent sur Breugne. La scène est décrite avec précision dans la requête :
« Les uns le prirent par la perruque, les autres par la cravate, d’autres par la chemise et par son justaucorps, l’immobilisant d’une manière qui lui fut impossible de pouvoir se libérer de leurs mains. Et le chargèrent de tant de coups violents et d’injures si atroces qu’ils le jetèrent par terre, où il reçut des coups de pieds, des coups de poings et des coups de pierres. »
Des témoins, indignés par la brutalité de la scène, interviennent. Sans eux, écrit Breugne, il n’en serait pas réchappé. C’est avec beaucoup de peine qu’on parvient à le dégager et à le ramener jusqu’à la maison du sieur de Corne, où réside son beau-frère Antoine de Gassaud. Sa femme, enceinte, est obligée de sortir de son appartement pour lui ouvrir la porte — pendant que les agresseurs lui ont déjà arraché sa cravate, son justaucorps, sa chemise, et mis sa perruque en pièces.

Devant la maison

Mais la troupe ne désarme pas. Elle s’attroupe devant la maison du sieur de Corne, blasphémant le saint nom de Dieu, criant qu’il faut achever Breugne — « à le tuer » — ou, s’il s’y trouve enfermé, lui livrer de forts coups. Les voix s’élèvent :
« Coquin, malheureux, voleur, méchant homme, tu n’en échapperas pas, car nous sommes ici à t’attendre à pied ferme — mais tu n’oseras. »
Breugne reste terré. Lorsqu’il juge que l’émotion populaire9 s’est calmée et tente enfin de rentrer chez lui, il est accueilli par une grêle de pierres dont il n’échappe que par miracle. Les agresseurs le poursuivent jusques dans la maison. Ils menacent d’y mettre le feu. Ils lui signifient qu’ils veulent l’obliger à quitter La Brillanne définitivement — lui et les siens :
« Qu’il pouvait rendre grâces au seigneur de ce qu’il avait échappé à cette occasion, mais qu’ils ne manqueraient pas d’autres pour le lui interdire pour toujours. »

Le recours à la justice royale

Le lendemain, Breugne porte sa plainte non pas devant la justice locale — ce serait vain, puisque le lieutenant de juge lui-même figure parmi ses agresseurs — mais devant le lieutenant général criminel de Forcalquier, magistrat royal supérieur à toute juridiction seigneuriale.
Dans sa requête, il qualifie les faits de « véritable sédition, émue par un lieutenant de juge et un vautier seigneurial » et réclame plusieurs choses : l’ouverture d’une information judiciaire, l’audition de témoins, la commission d’un chirurgien pour constater ses blessures, et le dépôt au greffe de ses vêtements déchirés comme pièces à conviction. Il demande enfin que lui et sa famille soient « mis sous la protection du Roi et de la Justice » — formule grave, qui signifie qu’il craint pour sa vie.
Le lieutenant général criminel reçoit la requête et la qualifie de cas royal10 — ce qui signifie que l’affaire échappe entièrement à la juridiction seigneuriale locale et relève directement de la justice du roi. Un chirurgien, maître Jean André, est commis pour examiner les blessures. L’huissier Mary Maurel est chargé des assignations.

Les témoins convoqués

En trois jours, trois témoins sont assignés à comparaître devant le lieutenant criminel dans l’auditoire royal de Forcalquier :
Le 18 août, sieur Louis Grégoire Dudieud et sieur Antoine de Gassaud — le beau-frère de Breugne, qui l’a recueilli le soir de l’agression — sont convoqués pour neuf heures du matin.
Le 19 août, noble Henry de Gornet, trouvé sur la place de Forcalquier, reçoit à son tour son assignation : il devra comparaître le lendemain à deux heures de l’après-midi.
Chacun reçoit copie de l’exploit des mains de l’huissier Maurel. Le coût de chaque signification : dix-huit sols.

Ce que le dossier ne dit pas

Le dossier B 2453 s’arrête là. Les dépositions des témoins, le rapport du chirurgien sur les blessures, le jugement — rien de tout cela n’a été conservé, ou n’a pas encore été retrouvé. On ne sait pas ce qu’il advint de Guillaume Depieds et de ses complices, ni si Honoré Breugne obtint la réparation qu’il réclamait.
Ce qui reste, c’est la requête elle-même — rédigée dans la langue précise et passionnée du droit d’Ancien Régime, avec ses formules consacrées et ses éclats de violence brute. Et la liste des vêtements déchirés, déposés au greffe comme preuves : une cravate, un justaucorps, une chemise, une perruque en pièces.

Qu’est-il advenu ?

Le dossier s’arrêtant là, nous ne saurons jamais ce qu’il est advenu de l’affaire. Pourtant, on peut imaginer ce qui s’est passé. Les lignes qui suivent sont de la fiction, mais elles évoquent des événements qui sont très possibles et même probables :

Pour les agresseurs (Guillaume Depieds et ses complices)

Leur situation est extrêmement grave. En s’en prenant à Honoré Breugne, ils n’ont pas seulement commis une agression physique, ils ont commis un crime politique et institutionnel.
La perte du parapluie local : En qualifiant l’affaire de « cas royal », le lieutenant général criminel de Forcalquier s’empare du dossier. Cela signifie que la justice seigneuriale de La Brillanne est totalement dessaisie. Les agresseurs ne peuvent plus compter sur la protection du seigneur local ou sur leurs propres réseaux municipaux pour étouffer l’affaire.
Le sort du lieutenant de juge (Antoine Basset) et du vautier (Antoine André) : Pour ces deux officiers de justice, la sentence a dû être lourde. La justice royale ne tolère pas que ses propres agents (même subalternes ou seigneuriaux) mènent une sédition. Ils ont très probablement été destitués de leurs charges immédiatement, frappés d’une amende honorable (demander pardon publiquement à genoux), et condamnés à de lourdes peines financières, voire au bannissement du ressort du siège de Forcalquier pour quelques années.
Pour Guillaume Depieds et les exécutants : Le pouvoir royal redoute par-dessus tout « l’émotion populaire » (l’émeute). Depieds, identifié comme le moteur de la sédition, a risqué gros. Si Breugne a survécu (ce que l’absence d’enquête pour homicide laisse penser), Depieds a probablement été condamné aux galères à temps (pour quelques années) ou au bannissement définitif de la province, assorti de la confiscation de ses biens pour payer les réparations. Les complices de seconde zone (Bouyer, Brémond, etc.) ont dû écoper d’amendes sévères et de peines de prison courtes pour l’exemple.

Pour la victime (Honoré Breugne)

Une victoire judiciaire mais un exil forcé : Breugne a de fortes chances d’avoir obtenu gain de cause. Le greffe a conservé ses vêtements déchirés, les témoignages de notables (le beau-frère de Gassaud, noble Henry de Gornet) et le rapport du chirurgien Jean André allaient tous dans son sens. Il a sans doute reçu une « réparation convenable » sous forme de dommages et intérêts importants versés par les agresseurs.
Le retour impossible à La Brillanne : Malgré la « protection du Roi » demandée, la haine locale à son encontre était trop forte (« qu’il n’y passât plus le pied, ni aucun des siens »). En tant que « taillable forain » (bourgeois de Forcalquier possédant des terres à La Brillanne), il est fort probable qu’il ait vendu ses récoltes et ses terres à La Brillanne pour se replier définitivement sur Forcalquier, où il était en sécurité.

Pour les témoins (Dudieud, de Gassaud, de Gornet)

Aucun risque majeur : Ils ont déposé devant le lieutenant criminel à Forcalquier, une ville fortifiée et sûre, loin de la fureur des villageois de La Brillanne. Leurs dépositions ont scellé le sort des agresseurs. Le beau-frère, Antoine de Gassaud, et sa femme enceinte ont dû être soulagés de voir la justice royale prendre le relais pour calmer le village.
En résumé, la justice royale de Forcalquier a très probablement frappé fort pour faire un exemple : destitution des officiers locaux, lourdes amendes et bannissements pour les meneurs, afin de réaffirmer l’autorité du Roi face à une rébellion villageoise.

Notes

1. Breugne : le prénom est abrégé dans le manuscrit sous une forme illisible avec certitude — vraisemblablement Honoré, prénom très répandu en Provence au XVIIIe siècle.
2. Taillable : personne soumise à la taille, impôt direct levé par la communauté sur ses membres ou sur ceux qui y possèdent des biens. Un taillable forain est un contribuable extérieur à la communauté mais imposable sur les biens qu’il y détient.
3. Consul : dans les communautés provençales d’Ancien Régime, le consul est le principal magistrat municipal, élu par les habitants. Il préside le conseil de communauté et représente la communauté dans ses rapports avec les autorités supérieures.
4. Taillables forains : contribuables résidant hors de la communauté mais y possédant des biens imposables, et donc convocables aux assemblées concernant la répartition des charges fiscales.
5. Conseil de communauté : assemblée des principaux habitants et contribuables d’une communauté, convoquée pour délibérer sur les affaires communes — notamment la répartition de la taille et des charges fiscales.
6. Cabaler : manœuvrer, intriguer, retourner des personnes contre quelqu’un par des moyens détournés. Le terme cabale désigne au XVIIIe siècle une coalition secrète formée dans un but hostile.
7. Lieutenant de juge : officier de justice qui supplée le juge en son absence et instruit les affaires en son nom. Dans une juridiction seigneuriale, c’est l’un des personnages les plus puissants de la communauté.
8. Vautier seigneurial : forme ancienne de viguier, officier chargé de l’exécution des sentences de la justice seigneuriale. Il est l’équivalent local d’un huissier d’exécution, investi d’une autorité publique au nom du seigneur.
9. Émotion populaire : terme juridique et politique de l’Ancien Régime désignant un attroupement séditieux, une agitation collective pouvant dégénérer en émeute. L’expression ne désigne pas une simple agitation mais un trouble de l’ordre public caractérisé.
10. Cas royal : catégorie juridique de l’Ancien Régime désignant les affaires dont la gravité — atteinte à l’ordre public, sédition, crimes commis par des officiers de justice — échappe aux juridictions ordinaires ou seigneuriales pour relever directement des tribunaux royaux. La qualification de cas royal est ici particulièrement significative : elle prive les agresseurs, qui sont eux-mêmes des officiers de justice locale, de toute capacité à influencer la procédure.

  • Source : Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, B 2453.

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Le dossier est conservé aux Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence sous la cote 3 U 2/305. Il porte le numéro 90 du registre de la brigade de gendarmerie de Céreste. Il s’ouvre sur une nuit de septembre 1891 et se referme avant le jugement. Entre les deux, une dizaine de pièces — procès-verbaux, lettres, témoignages, télégramme — qui reconstituent avec une précision rare la vie d’une maison de jeu clandestine dans un village des Basses-Alpes.

Minuit, quartier des Tours

Dans la nuit du 20 au 21 septembre 1891, le brigadier Reynaud Gabriel Joseph et le gendarme Fortoul Ferdinand Joseph, de la brigade de Céreste, sont en patrouille à Reillanne. Ils ne sont pas là par hasard. Le maire de la commune les a alertés « à plusieurs reprises » : une maison de jeu est ouverte au public, au domicile d’un certain Blanc Joseph, dit Sergent, cultivateur, demeurant au quartier des Tours.
« Le brigadier Reynaud et le gendarme Fortoul, de la brigade de Céreste, sont en patrouille à Reillanne… »
Les deux hommes trouvent la porte fermée. Les contrevents de la fenêtre donnant sur la rue sont tirés. Mais derrière cette façade close, ils entendent distinctement « le bruit des voix [et] le son de l’argent exposé sur une table ». Ils comptent un grand nombre d’individus à l’intérieur. Ne pouvant pénétrer dans une habitation privée sans mandat, et ne voulant pas se montrer, ils se cachent dans un angle proche de la maison et attendent.
Au bout d’un moment, la porte s’ouvre. Le maître de maison sort pour « explorer les alentours ». Les gendarmes se présentent à lui. L’homme décline son identité : Blanc Joseph, cultivateur, né le 10 mars 1849 à Vachères, domicilié à Reillanne, appartenant à la réserve de l’armée territoriale.
Questionné sur la présence d’un si grand nombre d’individus chez lui à cette heure avancée, il répond :
« Ce sont des amis qui sont venus régler un compte que nous avions ensemble, je ne fais pas jouer et je suis libre de recevoir chez moi qui bon me semble. »
Les gendarmes lui demandent alors de faire descendre dans la rue les personnes présentes, puisqu’il affirme ne pas faire jouer. Blanc remonte au premier étage — où est située la salle de jeu — et redescend accompagné de deux hommes seulement, les frères Peyron, en déclarant :
« Je n’ai que ces deux messieurs chez moi. »
Au même instant, un grand tapage se fait entendre à l’intérieur. Les joueurs restés dans la salle se cachent dans la maison.

Les frères Peyron parlent

Les gendarmes interrogent les deux hommes sur le trottoir. Peyron Célestin, 35 ans, cultivateur à Reillanne, déclare :
« Ce soir vers onze heures et demie je suis allé chez le sieur Blanc accompagné de mon frère pour y régler un compte ; je n’ai pas joué, mais on avait commencé la partie. Nous étions huit à dix. Je ne puis dire de combien était composé l’enjeu et ce que prenait à chaque partie le maître de la maison. Je ne connais pas ces joueurs. »
Son frère Maurice, 25 ans, est plus précis :
« Ce soir, vers onze heures et demie j’étais avec mon frère chez le sieur Blanc pour régler un compte. On y jouait au baccara à 05 et 10 centimes la partie depuis peu, lorsque le sieur Blanc est venu dire que la gendarmerie était devant sa porte. Je n’ai pu retirer aucune somme à ce dernier des enjeux, mais il est à ma connaissance qu’on lui donne habituellement une certaine somme à la fin. Elle varie suivant que l’on joue à grosse ou petite partie. Nous étions huit à dix et je ne connais pas les autres. Nous n’avons pas joué, ni moi, ni mon frère. »
Le brigadier Reynaud notifie à Blanc qu’il est en contravention à l’article 410 du Code pénal et qu’un procès-verbal sera dressé contre lui. Le dossier est transmis dès le lendemain au procureur de la République à Forcalquier.

Blanc Joseph, dit Sergent

« Dans les premiers temps qu’il était ici arrivé à Reillanne c’était un bon travailleur, un bon citoyen et un honnête garçon… »
Qui est cet homme ? Les pièces du dossier en dressent un portrait cohérent, sinon flatteur.
Joseph Blanc a 43 ans en 1891. Natif de Vachères, il est arrivé à Reillanne depuis environ trois ans. Il est marié, sans enfant, et ne possède aucune propriété. Il travaille comme journalier, à 1,50 ou 2 francs par journée — quand il travaille, c’est-à-dire environ un quart de l’année. Le juge de paix suppléant Audibert, dans son rapport au procureur daté du 24 septembre, note avec une certaine bienveillance : « Dans les premiers temps qu’il était ici arrivé à Reillanne c’était un bon travailleur, un bon citoyen et un honnête garçon, c’est en fréquentant ces joueurs qu’il s’abrutit et il trouve le moyen de vivre mesquinement sans guère travailler. Sa femme serait plus travailleuse que lui. »
Le maire de Reillanne, le vicomte Sébastien de Salve, est moins indulgent. Dans sa lettre au procureur du même jour, il écrit que « son principal moyen d’existence consiste dans le jeu de boules et autres au moyen desquels il vit aux dépens des dupes qu’il exploite, et dans la tenue habituelle des jeux de hasard ». Il précise que Blanc fait l’objet de la surveillance de la mairie et de la gendarmerie depuis plus d’un an, et réclame une répression ferme : « Ce serait une œuvre de bien public que de fermer par une répression nécessaire cette maison clandestine de jeux. »
La fiche de renseignements établie par l’adjoint au maire Martin, le 15 octobre, confirme que Blanc « ne vit que du jeu » et que ses moyens d’existence sont : néant.

Le village témoigne

Le 25 septembre, le procureur de la République commande un supplément d’enquête. Il veut savoir : admettait-on des mineurs ? Jouait-on tous les soirs ? Combien de personnes ? Quels enjeux ? Quel bénéfice pour Blanc ?
Le 29 septembre, le brigadier Reynaud, accompagné de trois gendarmes, interroge treize habitants de Reillanne et Vachères. Les déclarations forment un tableau saisissant.
Bourgue Joseph, 48 ans, tuilier, reconnaît avoir joué au baccara chez Blanc « il y a environ un an ». L’enjeu habituel était de 50 centimes, et Blanc « prélevait un bénéfice de 50 centimes par partie ». Ils étaient sept ou huit, et « il n’y avait pas de mineur ».
Fayet Félix, 50 ans, beau-frère de Blanc, admet avoir joué chez lui « presque tous les dimanches pendant l’hiver dernier », avec des enjeux de 25 à 50 centimes. Il précise ne jamais avoir admis de joueurs de moins de 20 ans chez lui, et dit jouer chez lui aux « repas ou autres friandises, mais jamais de l’argent ».
Roux Adolphe, 40 ans, est d’une franchise désarmante : « Dans la soirée du 20 septembre courant, je me rendais chez Blanc, pour voir ce qui se passait et pour faire la partie au besoin. Ayant appris que la gendarmerie était dans le quartier, je fus me coucher. » Il confirme avoir joué au baccara chez Blanc, avec des enjeux de 50 centimes ou un franc, et un bénéfice variable prélevé par le tenancier — « parfois de 50 centimes, de 25 centimes et par moment, rien du tout. On ne joue dans cette maison que le dimanche », précise-t-il.
Jean Léon, 20 ans, est le témoin le plus éloquent. Il déclare avoir souvent joué au baccara chez Blanc, « une ou deux fois par semaine ». Les enjeux, dit-il, « varient de 10 centimes à 50 francs » — cette dernière somme se jouant rarement, « mais nous l’avons eu mise sur le jeu ». Il conclut avec un détail inoubliable : « Il n’y avait personne de plus jeune que moi dans cette maison où l’on me gagna même une fois le chapeau que j’avais sur la tête. »
Le jeune Landrin Émile, 17 ans, affirme n’avoir jamais joué mais être allé « deux fois voir ce qui se passait ». Il a observé des enjeux de 25 à 75 centimes, et un bénéfice de 50 centimes prélevé par Blanc à chaque partie.
Clément Philippe, 48 ans, venu de Vachères, reconnaît avoir été présent le soir du 20 septembre. Il jouait au Cinq-Cents avec les frères Peyron et Jean Eugène, à un franc la partie — « et Blanc n’a prélevé aucun bénéfice à ma table ». Il signale néanmoins avoir joué au baccara chez Blanc « il y a environ deux ans », avec un prélèvement de 25 centimes par partie.
Le seul témoin à évoquer une précédente affaire est Abaccus Hippolyte, 50 ans : « Depuis environ trois ans que nous jouions à Reillanne chez le sieur Fassati Joseph et que nous fûmes pris par la gendarmerie, je n’ai jamais plus joué ni fréquenté les joueurs. » Une autre maison de jeu, donc, avait déjà été démantelée à Reillanne quelques années plus tôt.
Face à l’accumulation des témoignages, Blanc est interrogé à nouveau. Il maintient sa version : « Très souvent après la fermeture des établissements publics de Reillanne, il recevait des amis chez lui avec lesquels il jouait des châtaignes, biscuits et diverses consommations, et non de l’argent. »
Les gendarmes concluent sèchement dans leur rapport : « Il résulte des renseignements recueillis que le susdit Blanc n’a pas de ressources, qu’il travaille très rarement et qu’il vit presque uniquement du produit de la tenue des jeux de hasard. »

La mécanique judiciaire

Le 30 septembre, le procureur Benjamin S. transmet au juge de paix de Reillanne une assignation à prévenu et des invitations à témoins, avec une instruction précise : si Blanc consent à renoncer aux délais légaux, les témoins seront convoqués pour le 3 octobre. Dans le cas contraire, tout sera retourné au parquet pour une procédure dans les formes.
En droit correctionnel de l’époque, tout prévenu avait droit à un délai minimum de trois jours francs entre la signification de la citation et l’audience. Renoncer à ce délai permettait d’accélérer la procédure. L’huissier Denis Arniaud se rend à Reillanne le 1er octobre. Blanc accepte. Le télégramme du juge de paix au procureur, expédié le même jour à 11h45, est laconique : « Blanc a renoncé aux délais, informe par suite brigadier de gendarmerie et ferai assigner les témoins pour trois octobre. »

L’assignation formelle inculpe Blanc d’avoir « à Reillanne, dans la nuit du vingt septembre 1891, tenu une maison de jeux de hasard, et d’y avoir admis le public soit librement soit sur la présentation des intéressés » — délit prévu et puni par l’article 410 du Code pénal.

La peine encourue

L’article 410 du Code pénal de 1810, toujours en vigueur en 1891, punissait le tenancier d’une maison de jeux de hasard ouverte au public de six jours à six mois d’emprisonnement, d’une amende de 16 à 300 francs, et de la confiscation des fonds et instruments de jeu saisis. Seul le tenancier était visé : les simples joueurs ne commettaient aucun délit en participant, ce qui explique la relative franchise de plusieurs témoins.
Dans le cas de Blanc, les éléments à charge sont lourds : activité habituelle et non occasionnelle, prélèvement systématique sur les parties, clientèle nombreuse, notoriété publique établie depuis plus d’un an. Seule la récidive formelle n’est pas documentée — les antécédents demandés à la mairie de Vachères n’ont jamais été fournis à temps.
En pratique, les tribunaux correctionnels de province prononçaient dans ce type d’affaire des peines situées entre quinze jours et deux mois d’emprisonnement, assorties d’une amende de 50 à 100 francs. Pour Blanc, dont les moyens d’existence sont qualifiés de « néant » par l’adjoint au maire, une amende de cet ordre représentait l’équivalent de vingt-cinq à cinquante journées de travail — une somme considérable. La loi Bérenger sur le sursis, votée en 1891, aurait pu théoriquement s’appliquer, mais son usage était encore très hésitant dans les premières années suivant son adoption.
Quant aux joueurs entendus comme témoins — Fayet Félix, explicitement blanchi faute de preuves par le brigadier Reynaud, ne sera pas poursuivi. Aucun des autres habitués ne risquait de poursuites pénales.

Ce que le dossier ne dit pas

Le dossier 3 U 2/305 s’arrête là. Le jugement du 3 octobre 1891 n’y figure pas. On ne sait pas si Blanc Joseph, dit Sergent, a été condamné à l’emprisonnement ou si le tribunal a fait preuve d’indulgence. On ne sait pas davantage ce qu’il est advenu de lui après cette affaire — s’il a cessé de tenir maison, s’il a quitté Reillanne, ou s’il a continué, comme avant, à recevoir des amis le dimanche soir au premier étage du quartier des Tours, pour jouer des châtaignes et des biscuits.
Le jugement, s’il a été conservé, se trouverait dans les registres correctionnels du tribunal de Forcalquier, aux Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence.
  • Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, cote 3 U 2/305.

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Le curé chassé du village (Saint-Michel-l’Observatoire, 28 mars 1841) https://www.geneprovence.com/le-cure-chasse-du-village-saint-michel-lobservatoire-28-mars-1841/ https://www.geneprovence.com/le-cure-chasse-du-village-saint-michel-lobservatoire-28-mars-1841/#respond Wed, 09 Jul 2025 05:30:29 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=25896 Un dimanche de mars 1841 à Saint-Michel, aujourd’hui nommé Saint-Michel-l’Observatoire, près de Forcalquier (Basses-Alpes), la sérénité habituelle fut brisée par un violent tumulte. L’objet de cette fureur populaire ? Le curé du…

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Un dimanche de mars 1841 à Saint-Michel, aujourd’hui nommé Saint-Michel-l’Observatoire, près de Forcalquier (Basses-Alpes), la sérénité habituelle fut brisée par un violent tumulte. L’objet de cette fureur populaire ? Le curé du village.
En effet, des habitants l’avaient chassé, l’accusant de « mauvais procédés ». Cependant, ils ne purent justifier ces allégations devant les autorités.
Cette population, manifestement exaltée, résista aux gendarmes. D’abord en petit nombre, les forces de l’ordre durent faire face à des jets de pierres. Néanmoins, lorsque les renforts arrivèrent le lendemain, l’agitation cessa. Une quinzaine de personnes furent incarcérées à Forcalquier. Par ailleurs, on estimait à une quarantaine le nombre d’individus compromis dans cette affaire.
Enfin, les grands-vicaires du diocèse de Digne jugèrent nécessaire de fermer l’église. Elle resta interdite pendant plusieurs jours pour permettre le retour au calme et l’arrivée d’un nouveau prêtre.
  • Sources : Le Mercure aptésien, 4 avril 1841, p. 2.

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L’évasion d’Étienne Guinoir (Pertuis, 3 août 1840) https://www.geneprovence.com/levasion-detienne-guinoir-pertuis-3-aout-1840/ https://www.geneprovence.com/levasion-detienne-guinoir-pertuis-3-aout-1840/#respond Sat, 11 Jan 2025 05:30:59 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=24069 Deux gendarmes à cheval, de la brigade de Pertuis (Vaucluse), conduisaient, le 3 août 1840, quatre condamnés. Trois d’entre eux étaient dirigés sur Embrun (Hautes-Alpes) et le quatrième, un nommé…

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Deux gendarmes à cheval, de la brigade de Pertuis (Vaucluse), conduisaient, le 3 août 1840, quatre condamnés. Trois d’entre eux étaient dirigés sur Embrun (Hautes-Alpes) et le quatrième, un nommé Étienne Guinoir, âgé de 38 ans, inculpé de faux en écriture de commerce, était ramené d’Aix-en-Provence à Apt (Vaucluse) devant le juge d’instruction.
La troupe étant arrivée à un kilomètre de Pertuis et alors que la brigade de cette ville prenait la relève pour conduire les détenus, Guinoir parvint à se défaire des liens qui le tenaient attaché à son camarade et, gravissant aussitôt un ravin inaccessible à la cavalerie, il se mit à courir à travers champs. Le gendarme Martin étant descendu de cheval se mit à sa poursuite, mais il ne put l’atteindre, et malgré les recherches faites par les brigades voisines, par les gardes champêtres et le commissaire de police de Pertuis, il ne put être arrêté. Son évasion était réussie.
Aussitôt, on communiqua son signalement à toutes les brigades de gendarmerie de la région.
Guinoir, qui avait déjà passé deux ans de prison à Embrun pour faux en écriture de commerce, connaissait particulièrement bien la région et était en mesure de se cacher efficacement.
Le commissaire de police de Pertuis, M. Chaillot, se fit notamment remarquer par ses recherches incessantes. De même pour le commandant de la gendarmerie de l’arrondissement d’Apt, M. Latil, qui avait donné son signalement dans tout le Sud.
Enfin, on parvint après quelques jours à retrouver la trace du fugitif et à l’arrêter. Ce fut la brigade de Banon (Basses-Alpes) qui fut l’auteur de cette arrestation. Guinoir était connu pour être d’une force athlétique et d’une audace extraordinaire et il fallut aux gendarmes de Banon une vigueur hors du commun pour parvenir à lui passer les menottes. On dit même que, conduit dans la prison provisoire de Banon, il avait réussi à en percer la voûte. Cependant, transféré le lendemain à Forcalquier (Basses-Alpes), il put être soumis à une surveillance sévère avant d’être transféré à Apt le 26 août.
Au mois de novembre, il fut jugé à Carpentras et condamné à 10 ans de travaux forcés.
  • Le Mercure aptésien, 9 août 1840, p. 3 ; ibid., 23 août 1840, p. 3 ; ibid., 30 août 1840, p. 2 ; ibid., 15 novembre 1840, p. 4.

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Le pendu du cours Mirabeau (Aix-en-Provence, 27 janvier 1793) https://www.geneprovence.com/pendu-cours-mirabeau-aix-provence-27-janvier-1793/ https://www.geneprovence.com/pendu-cours-mirabeau-aix-provence-27-janvier-1793/#respond Wed, 08 Feb 2023 18:49:29 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=18534 Aujourd’hui, 27 du mois de janvier 1793, l’an second de la République française, à 6 heures du soir, Pardevant moi Antoine Laurent Michel Aude, officier municipal, membre du Conseil général…

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L'entrée du Cours à la même époque.
L’entrée du Cours à la même époque.

Aujourd’hui, 27 du mois de janvier 1793, l’an second de la République française, à 6 heures du soir,

Pardevant moi Antoine Laurent Michel Aude, officier municipal, membre du Conseil général de la commune de cette ville d’Aix, département des Bouches-du-Rhône, district d’Aix, […]
Est comparu en la maison commune le citoyen Joseph Reimond Marie, isle Saint-Martin, juge de paix de la section de l’Union et de celle des Sans-Culottes, de cette ville d’Aix, y demeurant,
Lequel, assisté des citoyens Joseph Michel, marchand bijoutier de cette ville, y demeurant, place des Prêcheurs […], âgé de 50 ans, et Jacques Suchet, fondeur de cette dite ville, y domicilié rue du Pont […], âgé de 38 ans, à déclaré à moi dit Antoine Laurent Michel Aude,
Pendaisons sur le cours Mirabeau quelques années plus tôt. BnF.
Pendaisons sur le cours Mirabeau quelques années plus tôt. BnF.

Qu’ayant été instruit que la nuit dernière il avait été trouvé le cadavre d’un homme suspendu par le cou à la corde d’un réverbère, placé entre les deux fontaines du Cours, l’une dite Fontaine chaude et l’autre Fontaine des Neuf-Canons, dans la section de l’Union,

Il s’était transporté sur le lieu et y avait rédigé le procès-verbal dont la teneur suit :

Extrait du procès verbal dressé par le juge de paix des sections des Sans-Culottes et de l’Union de cette ville d’Aix, officier de police,
à l’occasion de la mort de François Auguste Verdet.

Du 27 janvier 1793, […] sur la dénonciation {…] qu’il y avait un homme qui avait été attaché à la corde d’un des réverbères du cours de cette ville, nous Joseph Reimond Marie, [assisté des citoyens Michel Aîné, bijoutier, Suchet Cadet, fondeur, Maille, chirurgien, et avec l’escorte d’un détachement des gardes nationaux],
Nous nous serions rendu au cours de cette ville et aurions trouvé un homme attaché et suspendu par son col à une corde d’un des réverbères qui se trouvaient entre la Fontaine chaude et la Fontaine dite des Neuf-Canons,
Aurions fait couper la corde à laquelle ledit homme était attaché [et demandé au chirurgien] s’il est réellement mort et ce qui lui a occasionné la mort,
Lequel, après avoir visité et dûment examiné ledit homme, nous a dit l’avoir reconnu pour le citoyen Verdet1, homme de loi de cette ville, pourtant pour nom de baptême François Auguste ;
homme-pendu-exempleQu’il le trouve froid dans toutes les parties de son corps, les yeux fermés, la langue au-dehors de la bouche d’un tiers et serrée entre les deux mâchoires et écumante, la corde avec laquelle il a été étranglé encore autour du col, ce qui, considéré, ne lui a pas donné le moindre doute, qu’il a été suspendu vivant et qu’il est réellement mort par cette cause violente,
Et comme les citoyens notables ici présents, ainsi que les gardes nationaux, l’ont reconnu pareillement pour François Auguste Verdet, homme de loi, que par nous-même l’avons reconnu pour tel, la cause de la mort étant connue et que toute autre recherche à cet égard serait inutile, nous déclarons que rien ne s’oppose à ce que ledit corps soit inhumé aux formes ordinaires, et de suite il a été donné connaissance au citoyen Curet, de la paroisse du Saint-Esprit, que rien ne s’oppose à ce que ledit cadavre soit inhumé,
Déclarons que nous avons trouvé dans les poches de l’habit, veste et culotte du cadavre, les objets suivants :
Deux passeports de la municipalité de Paris,
Une quittance du citoyen Guillos, de la ville de Paris, en date du 4 août 1792 de la somme de 85 livres, pour rente des appartements qu’il occupait à Paris,
Une minute d’une pétition au ministre pour procurer un prompt jugement,
Une copie d’une oraison à Dieu,
Un cordon violet,
Un mouchoir toile blanchie,
Une paire [de] boucles de souliers acier,
Desquels objets le greffier s’est chargé pour les remettre,
Ainsi que dessus a été procédé au présent verbal, et nous sommes soussignés […]
  • Source : État civil de la ville d’Aix-en-Provence
  • Texte signalé par Mme Yve Chetaille

Note

1. François Auguste Verdet, né à Forcalquier, marié à Aix en 1786.

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Tué par méprise (Ongles, 30 avril 1845) https://www.geneprovence.com/tue-meprise-ongles-30-avril-1845/ https://www.geneprovence.com/tue-meprise-ongles-30-avril-1845/#respond Sun, 16 Feb 2020 09:42:59 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=17555 Joseph Plantin, un habitant d’Ongles (Alpes-de-Haute-Provence), était avec sa famille près de sa maison, ce 30 avril 1845, lorsqu’une pierre, lancée du dehors, vint tomber près de lui. Effrayés, sa…

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Joseph Plantin, un habitant d’Ongles (Alpes-de-Haute-Provence), était avec sa famille près de sa maison, ce 30 avril 1845, lorsqu’une pierre, lancée du dehors, vint tomber près de lui. Effrayés, sa femme et ses enfants appellent alors du secours. Quant à lui, il s’arme d’un fusil chargé de plomb et descend dans la rue.
Un de ses voisins, son ami Joseph Jarjayes1 accourut. Plantin le prit pour l’agresseur et, croyant qu’il allait se précipiter sur lui, il le mit en joue en criant : « Qui vive ? »
Soit que Jarjayes n’ait pas répondu, ou qu’il ne se fût pas fait entendre, le coup de feu partit et Jarjayes tomba mort sur le coup.
Quand il vit ce terrible résultat, Plantin manifesta les plus profonds regrets. Il alla se dénoncer au maire d’Ongles et fut transporté à Forcalquier sous mandat de dépôt.

Note

1. Cultivateur, 33 ans, né et domicilié à Ongles, fils de feu Michel Jarjayes et de survivante Marie Reyne.

  • Anecdote signalée par Nicole Despinoy.
  • Source : Journal des villes et des campagnes, 19 mai 1845. Archives départementales Alpes-de-Haute-Provence, État civil, cote 1MI5/1599.

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Bandits abattus dans les vignes (Forcalquier, juillet 1801) https://www.geneprovence.com/bandits-abattus-vigne-forcalquier-1801/ https://www.geneprovence.com/bandits-abattus-vigne-forcalquier-1801/#respond Tue, 25 Jun 2019 00:25:01 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=16582 15 thermidor IX (3 août 1801). Trois bandits arrêtés dans les bois par la gendarmerie de Forcalquier (Basses-Alpes) et remis à un détachement d’infanterie, se sont jetés dans les vignes…

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"Ce que j'étois, ce que je suis, ce que je devrois être", estampe, auteur non identifié. Paris, 1797. Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie.
« Ce que j’étois, ce que je suis, ce que je devrois être », estampe, auteur non identifié. Paris, 1797. Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie.
15 thermidor IX (3 août 1801).
Trois bandits arrêtés dans les bois par la gendarmerie de Forcalquier (Basses-Alpes) et remis à un détachement d’infanterie, se sont jetés dans les vignes pour échapper à la justice.
Les soldats, après avoir fait usage de leurs armes, les ont tués.
On a trouvé dans un sac de toile que portait l’un de ces bandits des hardes et des effets d’ordonnance ensanglantés, reconnus pour être la dépouille de militaires qu’ils avaient assassinés.
  • Le Moniteur universel, no 316, 16 thermidor an 9, p. 1.

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Adolphe Defarge (1836-1910), maire de Manosque https://www.geneprovence.com/adolphe-defarge-1836-1910-maire-manosque/ https://www.geneprovence.com/adolphe-defarge-1836-1910-maire-manosque/#respond Sun, 30 Jul 2017 08:42:45 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=16357 Adophe Étienne Marius Defarge est né à Manosque le 22 août 1836, d’un père tailleur, Jean Baptiste Marius Defarge (né en 1809), et de Marie Anne Apollonie Roux (née en…

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Adolphe Defarge. DR.
Adolphe Defarge. DR.
Adophe Étienne Marius Defarge est né à Manosque le 22 août 1836, d’un père tailleur, Jean Baptiste Marius Defarge (né en 1809), et de Marie Anne Apollonie Roux (née en 1812), dans la maison familiale du 26, rue Guilhempierre.
Exerçant la profession de commerçant en tissus, il entre en politique en 1869, à l’âge de 33 ans, en devenant conseiller municipal. Devenu maire en 1888, il applique ses idées progressistes et fait la promotion de l’enseignement secondaire gratuit.
Il devient député de l’arrondissement de Forcalquier le 27 avril 1902 en battant Martial Sicard, mais élu sénateur l’année suivante (22 février 1903), il quitte sa fonction de député.
La rue Defarge à Manosque
La rue Defarge à Manosque (04).
Il meurt accidentellement à Paris le 4 juillet 1910, à l’âge de 73 ans. Après avoir passé quelques jours à Faremoutiers (Seine-et Marne), chez des amis, il rentrait à Paris en direction de l’hôtel du Liban (4, rue de la Grange-Batelière) où il avait ses habitudes, quand il est heurté par une automobile à l’intersection du boulevard Magenta et de la rue de Chabrol, alors qu’il sortait de la gare de l’Est et traversait le boulevard. L’automobile en question est une auto-taxi de place, no329X5. Aussitôt, deux soldats du 51e de ligne se portent à son secours et le transportent à l’hôtel du Nord, où loge Édouard Barthe, député de l’Hérault.
Transporté dans un état critique à l’hôpital Lariboisière, il meurt le lendemain matin à 10 heures sans avoir repris connaissance. Sa famille à Manosque est aussitôt avertie par télégraphe.
Lors de son oraison funèbre, Antonin Dubost déclare :
« C’était un républicain de la veille et quand il rappelait l’ardeur combative de ses premières luttes, sous l’Empire, on sentait chez lui des convictions aussi jeunes et aussi ardentes qu’au premier jour.
Elles lui avaient gagné ici l’estime générale à laquelle s’ajoutait l’amitié de tous ceux qui avaient éprouvé sa bonté – sa fidélité – s’il avait été moins modeste, il aurait pu du reste se vanter d’avoir réalisé une œuvre admirable d’égalité sociale, en instituant au collège de Manosque, l’enseignement secondaire entièrement gratuit, initiative presque unique en France, et qui, de loin, marque leur devoir aux générations qui nous suivront. »

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Comme une sorte de peste… (Forcalquier, août 1772) https://www.geneprovence.com/comme-une-sorte-de-peste-forcalquier-aout-1772/ https://www.geneprovence.com/comme-une-sorte-de-peste-forcalquier-aout-1772/#respond Wed, 28 Jun 2017 20:09:21 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=16321 La ville de Forcalquier a été attaquée d’une maladie épidémique, si cruelle qu’on la regardait comme une sorte de peste. Le peuple s’est trouvé dans l’état le plus déplorable ; la…

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La ville de Forcalquier a été attaquée d’une maladie épidémique, si cruelle qu’on la regardait comme une sorte de peste. Le peuple s’est trouvé dans l’état le plus déplorable ; la mort des deux médecins de la ville a achevé de plonger les habitants la désolation. Messieurs les Procureurs du pays, pères communs de la patrie, instruits de cette calamité, ont envoyé à leur secours M. Tournatori, médecin distingué dont la science et le zèle ont pleinement répondu à leur juste confiance.

lire la suite après l’image…
forcalquier

Dans la foule des malades qu’il a traités jusqu’au nombre de 139 dans certains jours, il n’en est mort que deux, l’un parce qu’il a refusé de prendre ses remèdes, l’autre parce qu’on n’en a pas eu assez de soins.
Attaqué lui-même de la maladie, il s’en est guéri en très peu de temps. Enfin le bon citoyen a couronné les travaux de l’habile médecin. M. Tournatori a versé dans les mains des pauvres des sommes considérables qu’il avait reçues de malades riches ; et ses dépenses remboursées, il leur a destiné la récompense que la Province lui accordait. L’éloge des talents est dans l’exposition de leurs travaux et celui de la vertu dans le récit de ces œuvres. La Province, le Parlement, Monsieur l’évêque de Sisteron et, parmi les habitants de Forcalquier, le consul M. du Bignos, ont généreusement contribué par leurs charités au soulagement des malheureux.
  • Source : La Gazette du commerce
  • Photographie : © Patrick Gaudin, CC BY 2.0.

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10 vues des Basses-Alpes hier et aujourd’hui https://www.geneprovence.com/10-vues-basses-alpes-hier-aujourdhui/ https://www.geneprovence.com/10-vues-basses-alpes-hier-aujourdhui/#respond Sat, 08 Nov 2014 00:14:12 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=14202 Les Basses-Alpes, ancien nom du département des Alpes-de-Haute-Provence, présentent des paysages qui figurent parmi les plus beaux de Provence. Les villes et villages qui essaiment le département offrent des caractéristiques…

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Les Basses-Alpes, ancien nom du département des Alpes-de-Haute-Provence, présentent des paysages qui figurent parmi les plus beaux de Provence. Les villes et villages qui essaiment le département offrent des caractéristiques typiques de cette région et l’on voit, en considérant ces lieux à cent ans d’intervalle que peu de choses, finalement, ont changé. Les générations se sont succédé mais les paysages restent les mêmes, pour le plus grand bonheur des amoureux de ce département.

1. Manosque

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2. Castellane

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3. Mallefougasse

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4. Sisteron

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5. Jausiers

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6. Forcalquier

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7. Gréoux-les-Bains

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8. Digne-les-Bains

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9. Seyne-les-Alpes

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10. Riez

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