Mort au boulier (Les Saintes-Maries-de-la-Mer, 24 octobre 1660)

Ce décès subit consigné aux Saintes-Maries-de-la-Mer en octobre 1660 illustre les conditions de vie précaires et l’isolement des travailleurs de la mer sous le règne de Louis XIV. Les bouliers, aménagements de pêche stratégiques situés aux embouchures des étangs camarguais, imposaient aux pêcheurs un séjour prolongé dans des cabanes sommaires exposées à l’humidité et aux émanations marécageuses. La mort foudroyante de ce jeune Arlésien d’une vingtaine d’années renvoie sur le plan médical à un événement brutal, tel qu’une crise cardiaque fulgurante, une rupture d’anévrisme ou une affection aiguë foudroyante. L’impossibilité d’administrer les derniers sacrements en raison de l’éloignement et de la soudaineté du décès est actée par le prêtre, qui enregistre le drame avant d’accorder la sépulture paroissiale à ce jeune travailleur de la lagune.

« L’an susdit [1660] et le vingt-cinquième jour dudit mois d’octobre, a été enseveli un jeune homme d’Arles, âgé d’environ 20 ans, décédé le 24e, subitement, dans la cabane d’un boulier* dudit Arles, appelé Barthélemy. »

Un boulier est, en Provence, un endroit situé aux embouchures des étangs où l’on tendait des filets perpendiculaires pour y pratiquer une pêche à la traîne. À ces endroits, les pêcheurs demeuraient plusieurs jours, d’où la présence de cabanes. L’expression provençale ana au boulié signifie « aller à la pêche ».

  • Source : Registre paroissial des Saintes-Maries-de-la-Mer, AD13 203 E 277

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