
✻Situé au pied de la montagne Sainte-Victoire, le vallat du Bayon est un ruisseau au régime méditerranéen capricieux, sujet à des crues soudaines au printemps. En 1764, le décès de Marguerite Cheilan s’inscrit dans une sociologie de la vieillesse rurale où les femmes veuves assument souvent seules des tâches domestiques risquées près des points d’eau. L’absence de mention de blessures ou de tiers oriente l’interprétation vers un accident par glissade ou un malaise subit. La procédure d’inhumation immédiate, sans enquête judiciaire approfondie, suggère que les autorités locales ont rapidement conclu à une mort accidentelle sans suspicion de crime.
« Le cadavre de Marguerite Cheilan, veuve de feu Antoine David, trouvée noyée dans le vallat du Bayon, sera inhumé aux formes ordinaires […]. En conséquence, nous avons enseveli ladite Marguerite Cheilan dans le cimetière de la paroisse le 10 avril de l’année courante, en présence de Michel Boyer et d’Antoine Long, témoins requis, qui ont déclaré ne savoir écrire de ce enquis. »
[Peyron curé]
- Source : Archives départementales des Bouches-du-Rhône, registre paroissial de Saint-Antonin, année 1764, 202E 253.