Le mois de mai 1664 marque en Provence le plein essor de l’élevage du ver à soie, une activité pilier de l’économie rurale. La chute de Gabrielle Grimardière intervient lors de la « feuillaison », période cruciale où les familles grimpent sur les mûriers pour récolter le feuillage destiné aux magnaneries. L’absence de mention d’autres sacrements que la pénitence suggère un traumatisme crânien ou une lésion interne ayant entraîné une issue fatale rapide, empêchant l’administration de l’extrême-onction. Ce décès accidentel met en lumière l’exposition physique des femmes à ces travaux agricoles périlleux, indispensables à la production séricicole locale.
« Le quinze du mois de mai 1664, a été ensevelie Gabrielle Grimardière, fille, étant tombée d’un mûrier.
Elle a reçu le saint sacrement de pénitence.
Elle fut enterrée dans le cimetière de l’église de Graveson, l’âme de laquelle requiescat in pace1. »
Note
1. « Repose en paix. »
- Registre paroissial de Graveson, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 443.