Une violente épizootie (Aix-en-Provence, 6 mars 1744)

En mars 1744, Aix-en-Provence fait face à une crise sanitaire animale majeure, révélatrice des tensions entre salubrité publique et intérêts économiques sous l’Ancien Régime. À cette époque, le bétail constitue la ressource vitale de la Provence, et une épizootie de « menu bétail » menace non seulement l’approvisionnement, mais fait craindre une transmission zoonotique à l’homme. Les autorités municipales, guidées par le principe de précaution médicale, imposent un embargo sur l’abattage. Cette décision confronte les fermiers bouchers, soucieux de leur débit, à la rigueur administrative, illustrant le rôle croissant des experts et des procureurs dans la gestion des risques alimentaires urbains.

« M. Dubreuil, assesseur d’Aix, procureur du pays, a dit qu’il n’est personne dans le Conseil qui ne soit instruit de la maladie contagieuse dont a été attaquée le menu bétail pendant cet hyver ; dans la crainte que l’on eut que le bétail infecté ne causa des maladies à ceux qui en mangeroient, on fit faire une consultation par des médecins et en suite de leur avis, on empêcha que les fermiers ne fissent égorger les moutons soupçonnés de la maladie pour en fere fere(1) de la débite au public ; le tout a été exécuté et il est morts environ neuf cents moutons aux fermiers dont ils demandent le remboursement présupposant que ces moutons auroient pu être débités sans aucun risque en ayant été agi de même dans toutes les boucheries de la province dont les moutons étoient pareillement infectés, étant à délibérer sur lad. proposition.
Le conseil, à la pluralité des opinions, a délibéré de renvoyer à la fin de la ferme l’examen de la demande des fermiers de la boucherie.

(1) Sic pour « faire faire ».

  • Source : Archives communales d’Aix-en-Provence, BB109 (Délibérations municipales).

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