Lors de son audience du 3 juillet 1868, le tribunal correctionnel de Marseille, sous la présidence de Charles de Mougins-Roquefort, eut à juger le cas d’un prévenu du nom de Ripert. C’était un jeune homme d’environ 20 ans et vêtu d’un costume léger qui se composait d’une chemise bleue et d’un pantalon. Il dégageait l’air résolu d’un homme qui était habitué aux actions dangereuses, selon l’impression personnelle du chroniqueur.
« M. le Président, les autres que l’on dit mes complices, sont innocents, moi seul ai commis le vol. »
Les faits reprochés étaient clairs. Ripert avait frauduleusement soustrait du linge pour une valeur d’environ cent francs dans un lavoir situé du côté de la villa Paradis. Ils étaient trois à l’origine, mais ses deux complices parvinrent à se dérober aux recherches minutieuses de la police. Ripert fut donc le seul à être pris et à devoir répondre des charges de la prévention.
La blanchisseuse volée vint déposer à la barre. Elle déclara que Ripert était allé la trouver en personne et qu’il lui avait demandé une réparation d’honneur tout en se montrant menaçant à son égard.
Le tribunal déclara le prévenu coupable et condamna le nommé Ripert à trois ans de prison.
Cette lourde peine ne sembla pas faire une grande impression sur le condamné. Ce dernier salua le tribunal, le sourire sur les lèvres, avant que les gendarmes ne l’entraînent hors de la salle.
- Source : Le Petit Marseillais, 6 juillet 1868, p. 2.
