Émeute sur la place de l’Hôtel-de-Ville (Aix-en-Provence, 25 mars 1789)

Le 25 mars, jour de la convocation de tous les chefs de famille et des paysans à l’effet de nommer les députés de la sénéchaussée, qui eux-mêmes éliraient les délégués aux États généraux, une foule immense, grisée par des libations excessives et aussi par de violents discours, envahit sur les deux heures de l’après-midi la place de l’hôtel de ville. Ses dispositions étaient mauvaises, et bien des gens qui s’y étaient glissés, nourrissaient les pires intentions. Cependant, un calme relatif n’eut cessé de régner si un léger incident n’était venu précipiter les événements. Une altercation assez vive entre un groupe qui refusait de circuler et un consul qui eut le tort de menacer des armes d’un soldat fut cet incident.
aix-mairieUne émeute terrible éclata. La foule, comme inconsciente, se précipita sur les portes de l’hôtel de ville, les enfonça et cassa les vitres du monument. En vain, Caraman essaya de dégager la place. Ses soldats furent accueillis à coups de pierres et plusieurs périrent, mortellement frappés par des projectiles de toutes sortes. Le commandant cerné fut contraint de promettre une diminution du prix du pain et de livrer les clefs des greniers publics qu’une vile canaille pilla aussitôt. Quant au premier Président intendant, instruit des menaces qu’au cours de la bagarre on avait proféré contre lui, il dut se réfugier dans les casernes afin de se soustraire à toute tentative d’enlèvement.Enfin, au prix des plus grands efforts et d’importantes concessions, on parvint à calmer les esprits peu à peu.
  • Sources : « Remontrances et arrêtés du Parlement de Provence au XVIIIe siècle : 1715-1790 », P.-Albert Robert, Paris, 1912.

Faits divers d’Aix-en-Provence