Jean Marie Emmanuel Bonfillon, vie de douleurs

« Il existe des personnes qui ne sont pas faites pour le bonheur. »
On a souvent dû dire cela à Jean Marie Emmanuel Bonfillon. Sa vie de malheurs a débuté à Marseille le 7 mars 1858. Fils d’un propriétaire terrien de Lançon (du domaine de Regneiris* pour être précis), devenu courtier, ce qui explique la naissance de l’enfant à Marseille, Jean Marie a été la cause du décès de sa mère, Marie Honorine Barthélemy. Un accouchement difficile a provoqué le décès de la jeune mère dix-neuf jours après la naissance de son fils.

Jean Marie a sans doute grandi dans le souvenir de cette mère dont il fit le malheur, sans que son père, visiblement, ne lui en fasse le reproche (les deux hommes s’associèrent dans la profession de courtier). Mais quel poids à porter !

En 1901, il dut désormais faire sans son père. Celui-ci mourut à Salon-de-Provence, après être resté veuf quarante-trois ans.
Jean Marie, seul, décida alors de trouver une épouse. Il jeta son dévolu sur une femme divorcée, de quatorze ans son aînée, Christine Méthieux, originaire de Lyon. Quelle est la chose qui l’avait attiré chez elle ? Sa fortune ? Peut-être, mais rien ne prouve qu’elle en ait eu. « Mais l’amour ! », dira-t-on naturellement. Si c’est le cas, ce fut un amour extrême, plus que de raison même. Car Christine souffrait d’un mal incurable, une entérite chronique, maladie que l’on dénommerait aujourd’hui entérite nécrosante.

Le 15 juin 1902, une publication des bans de mariage fut faite dans la commune de Lançon. Lorsqu’il se fut agi de préparer la deuxième publication, le médecin se montra ferme : « Je soussigné docteur en médecine à Salon (BdR) certifie que madame Méthieux Christine, domiciliée à Lançon, est atteinte de malladie grave et dans l’impossibilité absolue de sortir de sa chambre. Signé : docteur Boulian. »
Saisi en urgence, le tribunal d’Aix, « constatant que Méthieux Christine est atteinte d’une entérite chronique et se trouve en danger de mort », ordonna le 16 juin de dispenser les futurs époux d’une deuxième publication des bans.
Et, le lendemain, 17 juin 1902, au domaine de Regneiris, dans la chambre de l’épouse, Jean Marie Emmanuel Bonfillon et Christine Méthieux devenaient mari et femme par une procédure prévue par le décret du 11 mai 1811 relative aux « mariages in-extremis ». Le docteur fut témoin à la cérémonie et Christine rassembla ses forces pour tracer une belle signature vigoureuse qui restera sa dernière trace écrite officielle.

Douze jours plus tard, le 29 juin 1902, elle quittait ce monde pour toujours…
Jean Marie Emmanuel Bonfillon n’était pas fait pour le bonheur…


* Le domaine de Regneiris se trouve à proximité du village de la Fare-les-Oliviers mais appartient administrativement à la commune de Lançon-Provence. Le plus vieil ancêtre connu de Jean Marie Bonfillon est Honoré Bonfillon (né en 1618 à la Fare), baile et lieutenant du juge.

Annexe :
Généalogie de Jean Marie Emmanuel Bonfillon

Photographie : Chapelle Sainte-Rosalie, La Fare-les-Oliviers. © Jean Marie Desbois, 2001

Commentaires

  1. Anonymous dit :

    Terrible histoire, quand même …
    Avait elle eu des enfants de son premier mariage ????

    J’aurai aimer être une petite souris pour savoir s’il l’aimait vraiment …

    et si ce fut le cas, mon dieu, quel malheur …

    SURIAN13

  2. Anonymous dit :

    Jean-Marie Emmanuel Bonfilhon épousera en seconde noce Victoire Péraldi et auront un garçon Emmanuel

  3. Anonymous dit :

    Jean-Marie Emmanuel et mort en décembre 1913.
    Sa seconde épouse Victoire décède en décembre 1938.
    Leur fils Emmanuel qui était né en 1909, disparait à son tour en juin 1982.
    ils reposent tous dans le caveau de famille du cimetière de La Fare-les-Oliviers.

  4. Anonymous dit :

    Jean-Marie Emmanuel et mort en décembre 1913.
    Sa seconde épouse Victoire meure en décembre 1938.
    Leur fils Emmanuel qui était né mars en 1909, disparait en juin 1982.
    Ils reposent tous dans le caveau de la famille Bonfilhon de Regne-iris au cimetière de La Fare- les-Oliviers.

  5. Anonymous dit :

    Emmanuel, Ferdinand, Louis, Bonfilhon qui était né en 1909, est devenu auteur des romans destinées à la jeunesse, cinéaste et photographe.
    Il est plus connu sous le pseudonyme de Georges Ferney.

  6. Merci pour tous ces détails intéressants.