L’arrestation de trois mendiants (Aix-en-Provence, 4 janvier 1803)

« Ce jourd’huy, quatorze nivôse an onze de la République française, nous com[missai]res de police, instruits que dans le cabaret du nommé Escoffier dit la Marchante, il s’y trouvait différents individus sans aveux, avons donné des ordres à nos agents pour amener les dits individus pardevant nous, lesquels emmenés au nombre de trois, un homme et deux femmes, interrogés savoir, l’homme sur son nom, prénom, profession et lieu de naissance, ledit nous a déclaré s’appeler Jean Antoine Coudoulier, originaire de Cassis, domicilié à Forcalqueiret, meunier demandant l’aumône attendu que le travail luy a manqué, à lui observé que son passeport se trouvant suranné, il aurait dû en réclamer un autre, a répondu qu’il a pour but la chose nécessaire ; interrogé la première des femmes arrêtées sur son nom, prénom, lieu de naissance et profession, elle a déclaré s’appeler Marie Porri, originaire de Bagnol, département du Var, sans profession, n’ayant pris aucun passeport partant de son pays et gagnant sa subsistance en mendiant ; interrogé enfin la seconde femme arrêté sur son nom, prénom, lieu de naissance et profession, elle nous a déclaré s’appeler Magdelaine Allard, originaire de Marseille, demeurant rue de l’Estrelle, se disant couturière et s’occupant à mendier son pain, n’ayant également aucun passeport en exécution de la loi du dix ven[émiai]re an IV.

Après nous être assuré de ces individus, avons dressé le présent procès-verbal pour être par nous envoyé au magistrat de sûreté et être par luy requis l’application de la susdite loi à l’égard des dits individus sans aveux pardevant lequel nous faisons traduire tant ledit Coudoulier, que lesdites Porri et Allard, et avons signé. »

  • Archives municipales d’Aix-en-Provence, I1-1.