Morte d’un coup de sang (Marseille, 15 septembre 1793)

  • Registre d’état-civil de Marseille, mairie unique

trioson« L’an second de la République française, le seize septembre mil sept cent nonante trois après midi, pardevant nous officier public de cette ville de Marseille et dans la maison commune, est comparu le citoyen Henry Chabaud, juge de paix et officier de police du premier arrondissement, canton de Marseille, lequel, pour se conformer à l’article 8 du titre 5, section 5 de la loi du 20 septembre 1792, nous a remis ce jourd’hui un verbal en forme par lui dressé le jour d’hier, par lequel il conste que, sur la clameur publique, il s’est transporté avec deux citoyens et son greffier rue Thionvillois (1), île 22, maison 14, où, étant, ils ont monté au quatrième étage. Ils ont fait ouvrir la porte et ont trouvé un cadavre femelle étendu par terre et, ayant fait appeler le citoyen Antoine Izouard, chirurgien, qui a de suite visité cette morte et a déclaré que cette mort n’avait aucun caractère de provocation et qu’il estimait d’après la lividité de son visage qu’elle provenait d’un coup de sang ; et, ayant interpellé le propriétaire de la maison et un autre citoyen qui connaissait la décédée, ils nous ont déclaré s’appeler Jeanne Hugues, qu’ils ont dit sujette au mal caduc (2), d’après les renseignements et ne pouvant nous en procurer d’autre, nous avons dressé le présent acte pour le constater et avons signé. »

Notes

1. Ancien nom de la rue Nationale.
2. Mal caduc : épilepsie.


Illustration : Malvine mourant dans les bras de Fingal, Anne-Louis Girodet-Trioson, début XIXe siècle, huile sur toile, musée Varzy, 113×147.