Assassinat de religieux (Manosque, 4 août 1792)

L’assassinat de quatre religieux à Manosque le 4 août 1792 se déroule dans un contexte provençal d’extrême tension, où la Révolution bascule vers la Terreur. Quelques jours avant la chute de la monarchie, la ferveur des « clubistes » marseillais s’exporte, ciblant le clergé réfractaire. Perçus comme des contre-révolutionnaires suite à la Constitution civile du clergé, ces prêtres, dont un septuagénaire, sont victimes d’une justice populaire expéditive. Le récit illustre la brutalité sociétale de l’époque, où l’exécution par pendaison, traditionnellement réservée aux criminels de droit commun, devient l’apanage de la foule, matérialisant l’opposition violente entre l’Ancien Régime et les nouvelles forces révolutionnaires.
« Les clubistes de Marseille […] provoquèrent un [attentat] peu après, à Manosque en Provence. Par leurs lettres et leurs émissaires, ils firent arrêter trois prêtres, l’abbé Pochet, prébendier à Manosque, l’abbé Reyra, desservant de Meyrasse, et Vial, curé de Céreste.
Ils étaient tous réfugiés à Meyrasse, ils en furent arrachés au commencement d’août, et traînés à Manosque où on arrêta aussi le 4 août le père Ponthion, franciscain de l’Observance et supérieur de la maison de son ordre à Manosque ; celui-ci était septuagénaire.
On les traîna tous les quatre dans un champ planté d’amandiers près Manosque, on les accabla d’outrages et de coups, et enfin on les pendit aux arbres du champ. »
  • « Mémoires pour servir à l’histoire ecclésiastique pendant le dix-huitième… », par Michel Joseph P. Picot, 1856, p. 191.

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