Politique Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/politique/ 500 ans de faits divers en Provence Thu, 25 Jul 2024 07:31:49 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png Politique Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/politique/ 32 32 Assassinat d’un préfet d’Illyrie (Peyruis, 355) https://www.geneprovence.com/assassinat-dun-prefet-dillyrie-peyruis-355/ https://www.geneprovence.com/assassinat-dun-prefet-dillyrie-peyruis-355/#respond Wed, 24 Jul 2024 17:15:39 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=21578 Dans son ouvrage La Chorographie ou Description de Provence, et l’histoire chronologique du même pays, tome 1 (1664), l’historien aixois Honoré Bouche relate une anecdote survenue, selon lui au IVe…

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Dans son ouvrage La Chorographie ou Description de Provence, et l’histoire chronologique du même pays, tome 1 (1664), l’historien aixois Honoré Bouche relate une anecdote survenue, selon lui au IVe siècle de notre ère, et plus particulièrement en 355 à Peyruis, en Haute-Provence, village alors appelé Petronius, nom dérivé de petra (« pierre »).
Bouche explique qu’en 1560 environ, un médecin provençal, Pierre Bérenguier, trouva sur une rive de la Durance une pierre gravée d’inscriptions latines.
Si cette pierre semble avoir disparu aujourd’hui, il est chanceux que son contenu ait été relevé, sans doute sous la plume de M. Solery qui en parle dans un manuscrit consacré aux antiquités de Provence.
Quelques lettres étaient illisibles mais l’ensemble est relativement compréhensible. La transcription latine serait donc (les lettres effacées étant signalées par des points de suspension) :

PROH DOLOR
AEMY BERE……
PRAE. ILLIRICS
QVI IMPER. MAGISTRATVS
SICARIOS INSECTVS IVSTE
SEMPER FVER.T POST ADMINIST.
AEGYPT. DVM IN GALL. CVM LIBER
IVSSV IMP. GON…….. PROFICISCERE……. R
A SICCARIIS ET IVDAEIS PERVICACISS.
NEFANDVM FASCINS IN VICO C.
PETRONII AD RIPAM DRVENTIAE
PVGIONI CONFOSSVS. HIC SITVS EST
S. L. H. P. M. R. D. O. M. V. F.

Bouche ne donne pas la traduction en français mais, traduit par nos soins, ce texte devrait être compris ainsi :
« Hélas ! Æmilius Ber…, préfet des Illyriens, qui en tant que magistrat impérial a toujours poursuivi les assassins avec justice, après avoir administré l’Égypte.
« Pendant qu’il était en Gaule avec son fils, sur ordre de l’empereur, en route pour…, il a été poignardé par des assassins et des Juifs obstinés, victime d’un crime odieux dans le quartier de Petronius, près de la rive de la Durance.
« Il est ici enterré.
« Que sa mémoire soit honorée par ses mérites. »
  • Source : Honoré Bouche, La Chorographie ou Description de Provence, et l’histoire chronologique du même pays, tome 1, 1664, éditeur C. David, Aix-en-Provence, p. 239, 240.

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Plantation de l’Arbre de la Liberté (Marseille, 9 avril 1848) https://www.geneprovence.com/plantation-de-larbre-de-la-liberte-marseille-9-avril-1848/ https://www.geneprovence.com/plantation-de-larbre-de-la-liberte-marseille-9-avril-1848/#respond Sun, 14 Jul 2024 10:57:29 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=21449 Le 9 avril 1848 était planté solennellement à Marseille un Arbre de la Liberté. Au petit matin de cette journée historique, la garde nationale forma la double haie depuis le…

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Le 9 avril 1848 était planté solennellement à Marseille un Arbre de la Liberté. Au petit matin de cette journée historique, la garde nationale forma la double haie depuis le rond-point du Prado jusqu’à la Place de la République (actuelle place Générale-de-Gaulle), soit un parcours d’environ 3 kilomètres.
Un peuplier pris au Prado fut porté à sa destination sur un char orné de drapeaux et de banderoles, traîné par six chevaux richement carapaçonnés.
Le cortège fut reçu à la place de la République par les autorités civiles, militaires et religieuses placées sur une estrade.
Émile Ollivier (1825-1913). DR.
Émile Ollivier, commissaire du gouvernement provisoire, prononça un chaleureux discours qui fut suivi du chant de La Marseillaise, jouée par les nombreux orchestres qui assistaient à la fête.
L’artillerie de la garde nationale tira le canon lorsque l’arbre éleva dans l’air son panache de verdure auquel se mêlaient des rubans tricolores.
Des citoyens, hommes et femmes, prirent des pioches pour couvrir de terre le pied de cet emblème républicain.
Le curé des Augustins, délégué par l’évêque de Marseille procéda en étole à la bénédiction de l’arbre et prononça une allocution patriotique.
La fête se termina par le défilé de toute la Garde nationale chantant La Marseillaise et Le Chant du départ. La cavalerie exécuta devant l’arbre un petit carrousel qui amusa beaucoup les assistants.
La nuit venue, il y eut des illuminations.
Mais cet arbre ne resta pas longtemps en place. Il fut abattu dans la nuit du 24 au 25 février 1851 par les sapeurs du régiment alors en garnison à Marseille.
  • Sources : Le Petit Marseillais, 9 avril 1868, p. 3.

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L’assassinat d’un citoyen d’Ancelle (La Bâtie-Neuve, 15 août 1792) https://www.geneprovence.com/lassassinat-dun-citoyen-dancelle-la-batie-neuve-15-aout-1792/ https://www.geneprovence.com/lassassinat-dun-citoyen-dancelle-la-batie-neuve-15-aout-1792/#respond Tue, 14 May 2024 16:52:14 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=20737 Antoine Rostaing de Bataille était né à Ancelle, dans les Alpes. Projetant un jour de se rendre à Gap, il décida de faire une boucle par La Bâtie-Neuve, pour y…

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Antoine Rostaing de Bataille était né à Ancelle, dans les Alpes. Projetant un jour de se rendre à Gap, il décida de faire une boucle par La Bâtie-Neuve, pour y rejoindre d’autres gens de son village venus s’occuper d’envoyer des volontaires défendre la Patrie.
Alors que Rostaing de Bataille reprenait un peu de forces au cabaret du village, un homme du nom de François Arnaudon commence à l’insulter et le traite d’« aristocrate » et d’« espion »1.
Aussitôt une foule se rassemble autour de notre homme et les coups commencent à pleuvoir. Celui-ci tente alors de se cacher mais une femme indique aux assaillants où il se trouve.
« Il subit des choses difficiles à croire, tant elles sont horribles », écrira l’abbé Allemand dans son Faure le mathématicien, p. 38. En peu de temps Rostaing de Bataille succombe aux coups et il sera enterré le lendemain au cimetière de La Bâtie-Neuve.
Ses assassins, eux, seront amnistiés en 1797.

Note
1. S’il s’agit bien du François Arnaudon que nous croyons, né le 20 septembre 1756 à Ancelle, l’anecdote est croustillante car, alors qu’il traite Rostaing de Bataille d’aristocrate, il oublie qu’il est lui-même le filleul de Jean Meynier, seigneur de la Motte-en-Champsaur.
  • Source : Bulletin de la Société d’études des Hautes-Alpes, année 1963, p. 32.

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Liste des préfets des Bouches-du-Rhône https://www.geneprovence.com/liste-prefets-bouches-rhone/ https://www.geneprovence.com/liste-prefets-bouches-rhone/#respond Mon, 13 May 2019 00:23:00 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=16662 La fonction de préfet voit le jour sous le Consulat, selon la volonté de Napoléon. Préfets des Bouches-du-Rhône XIXe siècle 2 mars 1800-1803 : Charles Delacroix 23 avril 1803-1814 :…

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La fonction de préfet voit le jour sous le Consulat, selon la volonté de Napoléon.

Préfets des Bouches-du-Rhône

XIXe siècle

Antoine-Claire Thibaudeau (DR).
Antoine-Claire Thibaudeau (DR).
  • 2 mars 1800-1803 : Charles Delacroix
  • 23 avril 1803-1814 : Antoine-Claire Thibaudeau
  • 10 juin 1814-1815 : Jean-Baptiste Suzanne d’Albertas
  • 22 mars 1815-1815 : Nicolas-Thérèse-Benoît Frochot
  • 12 juillet 1815-1815 : Vincent-Marie Viénot de Vaublanc
  • 1815-1829 : Christophe de Villeneuve-Bargemon
  • 1829-1830 : Joseph-Charles-André d’Arbaud-Jouques
  • 1830-1836 : Joseph-Antoine Thomas
  • 1836-1848 : Charles-Aristide de La Coste
  • 27 février 1848-juillet 1848 : Émille Ollivier
  • 1848-1849 : Arsène Peauger
  • 1849-1853 : Élysée de Suleau
  • 1853-1857 : Guillaume-Alexandre de Crèvecœur
  • 1857-1860 : Jean-Olympie Bouquet
  • 1860-1866 : Charlemagne-Émile de Maupas
  • 1866-1870 : Charles-Alphonse Levert
  • 1870 : Louis Delpech
  • 1870 : Alphonse-Henri Esquiros
  • Alphonse Gent (DR).
    Alphonse Gent (DR).

    1870-1871 : Alphonse Gent

  • 1871 : Paul Cosnier
  • 1871 : Oscar Salvetat
  • 1871-1872 : Émile de Kératry
  • 1872-1873 : Henri Limbourg
  • 1873-1876 : Jacques de Tracy
  • 1876-1877 : Henri Doniol
  • 1877 : Armand Pihoret
  • 1877-1879 : Louis Tirman
  • 1879-1883 : Eugène Poubelle
  • 1883-1886 : Émile-Honoré Cazelles
  • 1886-1891 : Antoine Lagarde
  • 1892-1896 : Jules Deffès
  • 1896 : Georges Cleftie
  • 1896-1900 : Paul Joseph François Marie Floret
  • 1900-1901 : Périclès Grimanelli

XXe siècle

  • 1901-1902 : Charles-Étienne Lutaud
  • 1902-1909 : Georges Mastier
  • 1909-1911 : Marcel Grégoire
  • 1911-1918 : Abraham Schrameck
  • 1918 : Antoine Marty
  • 1918-1919 : Lucien Saint

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Adolphe Defarge (1836-1910), maire de Manosque https://www.geneprovence.com/adolphe-defarge-1836-1910-maire-manosque/ https://www.geneprovence.com/adolphe-defarge-1836-1910-maire-manosque/#respond Sun, 30 Jul 2017 08:42:45 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=16357 Adophe Étienne Marius Defarge est né à Manosque le 22 août 1836, d’un père tailleur, Jean Baptiste Marius Defarge (né en 1809), et de Marie Anne Apollonie Roux (née en…

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Adolphe Defarge. DR.
Adolphe Defarge. DR.
Adophe Étienne Marius Defarge est né à Manosque le 22 août 1836, d’un père tailleur, Jean Baptiste Marius Defarge (né en 1809), et de Marie Anne Apollonie Roux (née en 1812), dans la maison familiale du 26, rue Guilhempierre.
Exerçant la profession de commerçant en tissus, il entre en politique en 1869, à l’âge de 33 ans, en devenant conseiller municipal. Devenu maire en 1888, il applique ses idées progressistes et fait la promotion de l’enseignement secondaire gratuit.
Il devient député de l’arrondissement de Forcalquier le 27 avril 1902 en battant Martial Sicard, mais élu sénateur l’année suivante (22 février 1903), il quitte sa fonction de député.
La rue Defarge à Manosque
La rue Defarge à Manosque (04).
Il meurt accidentellement à Paris le 4 juillet 1910, à l’âge de 73 ans. Après avoir passé quelques jours à Faremoutiers (Seine-et Marne), chez des amis, il rentrait à Paris en direction de l’hôtel du Liban (4, rue de la Grange-Batelière) où il avait ses habitudes, quand il est heurté par une automobile à l’intersection du boulevard Magenta et de la rue de Chabrol, alors qu’il sortait de la gare de l’Est et traversait le boulevard. L’automobile en question est une auto-taxi de place, no329X5. Aussitôt, deux soldats du 51e de ligne se portent à son secours et le transportent à l’hôtel du Nord, où loge Édouard Barthe, député de l’Hérault.
Transporté dans un état critique à l’hôpital Lariboisière, il meurt le lendemain matin à 10 heures sans avoir repris connaissance. Sa famille à Manosque est aussitôt avertie par télégraphe.
Lors de son oraison funèbre, Antonin Dubost déclare :
« C’était un républicain de la veille et quand il rappelait l’ardeur combative de ses premières luttes, sous l’Empire, on sentait chez lui des convictions aussi jeunes et aussi ardentes qu’au premier jour.
Elles lui avaient gagné ici l’estime générale à laquelle s’ajoutait l’amitié de tous ceux qui avaient éprouvé sa bonté – sa fidélité – s’il avait été moins modeste, il aurait pu du reste se vanter d’avoir réalisé une œuvre admirable d’égalité sociale, en instituant au collège de Manosque, l’enseignement secondaire entièrement gratuit, initiative presque unique en France, et qui, de loin, marque leur devoir aux générations qui nous suivront. »

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[Provençal] Li buletin de voutamen / Les bulletins de vote https://www.geneprovence.com/provencal-li-buletin-de-voutamen-les-bulletins-de-vote/ https://www.geneprovence.com/provencal-li-buletin-de-voutamen-les-bulletins-de-vote/#respond Mon, 23 Mar 2015 13:56:26 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=14914 Écoutez la lecture en cliquant sur la flèche orange ci-dessous : LI MOT : coumuno e voutamen me fan pensa à-n-uno causo que m’arribè i’a quàuqui semano d’acò. Ère counvidado…

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Écoutez la lecture en cliquant sur la flèche orange ci-dessous :

LI MOT : coumuno e voutamen me fan pensa à-n-uno causo que m’arribè i’a quàuqui semano d’acò. Ère counvidado à l’acamp dóu counsèu parrouquiau alargi e assetado procho de iéu, i’avié li grand-maire de l’assemblado. Uno d’entre éli, tenié en man la letro de counvidation à l’acampado e faguè ansin à si veisino e amigo : « Iéu, garde bèn aquesto letro. La copo bèn coume fau e m’en serve pèr i’escrièure la tiero de coumessioun. »
bulletin-voteA-n-aquéli paraulo me revirère vers éli e apoundeguère : « Ma grand, la maire de moun paire, elo, gardavo li buletin de voutamen pèr faire la memo causo e à moun paire i’agradavo pas, bord qu’èro éu que devié ana vers lou bouchié e lis àutri coumerçant em’aquéli papafard.
— Iéu tambèn ! E lis emplègue autambèn pèr li pichot quouro volon barbouia. »
Vesès que nósti rèire èron e soun ecoulougisto avans que lou mot fugue à la modo. Se vous rapelas bèn quouro croumpavon de iaourt, èron pas óublija de n’en croumpa 6, 8 o 12 ! Anavon querre d’iòu em’uno bouito, lou la dins un pot, lou pan se metié dins de sa de telo e li boutiho èron counsignado. Abalissien li galino e li couniéu emé lou triun (peladiho de liéume e de la frucho, de la viando qu’adouban, pèu de saucissot, os, espino…) Lis àutri bourdiho ourganico coume li di quèli servien d’engrès e de fumié dins lis ort que quasimen cadun poussedissié. Meme la cendro troubavo soun gaubejage : i’avié rèn de mies pèr blanchi la bugado. i’avié pas tant d’embalage qu’acò e subretout quouro n’i’avié, avien uno secoundo vido coume li papié de boucharié o de peissounarié e li journau que servien au… cagadou : tout lou rèsto partié dins lou fiò. Se poudrian ana mai liuen : tóuti lis aparèi eleitro-menagié – quouro n’i’avié – èron usina pèr dura.
Aro, la bugadiero eleitrico se duro 2 o 3 annado de tèms, es lou bout dóu mounde !
Martino Bautista

*

LES MOTS « mairie » et « vote » me font penser à une chose qui m’arrivait il y a quelques semaines de cela. J’étais conviée à la réunion du conseil parroissial élargi et assises à côté de moi, il y avait les plus anciennes de l’assemblée. Une d’entre elles tenait dans la main la lettre d’invitation à la réunion et disait ainsi à ses voisines et amies : « Moi, je garde bien cette lettre. Je la coupe bien comme il faut et je m’en sers pour y écrire les commissions. »
bulletin-voteÀ ces paroles, je me retournai vers elles et ajoutai : « Ma grand-mère, la mère de mon père, elle, gardait les bulletins de vote pour faire la même chose et cela ne plaisait guère à mon père car c’était lui qui devait aller chez le boucher et les autres commerçants avec ces papiers.
« Moi aussi ! Et je les utilise aussi pour les petits quand ils veulent barbouiller. »
Vous voyez que nos anciens étaient et sont écologistes avant que le mot ne soit à la mode. Si vous vous rappelez bien quand ils achetaient des yaourts, ils n’étaient pas obligés d’en acheter 6, 8 ou 12 ! Ils allaient prendre des œufs avec une boîte, le lait dans un pot, le pain se mettait dans le sac de toile et les bouteilles étaient consignée. Ils élevaient les poules et les lapins avec les déchets des légumes et de fruits, de la viande qu’on apprête, peaux de saucisson, os, arêtes… Les autres déchets organiques comme ceux des pots-de-chambre servaient d’engrais et de fumier dans les jardins que quasiment chacun possédait. Même la cendre trouvait son utilisation : il n’y avait rien de mieux pour blanchir la lessive. Il n’y avait pas autant d’emballages que cela et surtout quand il y en avait, ils avaient une seconde vie comme les papiers de boucherie ou de poissonnerie et les journaux qui servaient aux… toilettes : tout le reste partait dans le feu. On pourrait aller plus loin : tous les appareils électro-ménager – quand il y en avait – étaient usinés pour durer.
Aujourd’hui, si la machine à laver dure 2 ou 3 années, c’est le bout du monde !
Martine Bautista
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Victor de Riquetti (1715-1789), marquis de Mirabeau, l’Ami des Hommes https://www.geneprovence.com/victor-de-riquetti-1715-1789-marquis-de-mirabeau-ami-des-hommes/ https://www.geneprovence.com/victor-de-riquetti-1715-1789-marquis-de-mirabeau-ami-des-hommes/#respond Tue, 11 Nov 2014 09:50:41 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=14230 Victor de Riquetti, marquis de Mirabeau, naquit à Pertuis le 5 octobre 1715 et passa toute son enfance au pied du Luberon où son colonel de père en retraite, le…

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Victor de Riquetti, marquis de Mirabeau (1715-1789).
Victor de Riquetti, marquis de Mirabeau (1715-1789).
Victor de Riquetti, marquis de Mirabeau, naquit à Pertuis le 5 octobre 1715 et passa toute son enfance au pied du Luberon où son colonel de père en retraite, le redoutable Col d’Argent, menait ses domaines et sa famille à la façon de ses régiments. Son meilleur ami de jeunesse fut Jean-Luc de Clapiers, comte de Vauvenargues, le futur moraliste et philosophe. Entré dans l’armée, Victor se lia d’amitié avec Montesquieu à Bordeaux. Celui-ci écrivit à son propos : « Que de génie dans cette tête-là et quel dommage que l’on ne puisse que tirer de la fange. »

Le tyran libéral

Le marquis fut le premier de sa famille à délaisser la carrière militaire pour se diriger vers celle des lettres. Voulant «faire d’une famille de Provence, une famille de France », donc paraître à la Cour, il décida d’acheter un Hôtel particulier à Paris et un château au Bignon, dans le Gâtinais. En 1743, son mariage avec Marie-Geneviève de Vassan1, originaire du Limousin, lui permit de tester sur les terres de son épouse ses théories agronomiques.
Ses expériences furent financées en faisant des coupes claires dans les bois de Mirabeau et de Beaumont-de-Pertuis. Partisan d’un libéralisme total, Victor de Riquetti publia en 1750 Des Assemblées provinciales, dont les idées seront reprises par Necker, et en 1756 « L’Ami des Hommes », qui lui vaudra son surnom.
Remarqué par le chirurgien François Quesnay, familier de Madame de Pompadour, le marquis rejoignit le groupe des Physiocrates que celui-ci animait. Leur devise était : « Laisser faire, laisser passer. » Il y rencontra Dupont de Nemours, son voisin de l’Orléanais, ainsi que Turgot, d’Alembert, Diderot, Helvétius et Buffon2. Des discussions dans ce cénacle naquit l’idée d’un nouvel ouvrage, la « Théorie de l’impôt ». Osant dans celui-ci nier la royauté de droit divin, il reçut une lettre de cachet le 14 décembre 1760.
Ce qui n’empêcha pas que le Dauphin, Louis de France, qualifia « l’Ami des hommes » de « bréviaire des honnêtes gens » et le cita sans cesse jusqu’à sa mort en 1765. Même le futur empereur, Léopold II d’Autriche, le margrave de Bade, ainsi que les rois Stanislas II de Pologne et Gustave III de Suède furent ses lecteurs assidus et leur politique fut en partie influencée par les idées du marquis. Il fut d’ailleurs fait grand croix de l’Ordre de Vasa par Gustave III.
Plaque rappelant le baptême de Victor, marquis de Mirabeau, en l’église paroissiale de Pertuis. © V. Pagnier.
Plaque rappelant le baptême de Victor, marquis de Mirabeau, en l’église paroissiale de Pertuis. © V. Pagnier.
Selon ses biographes, ce fut la période où il devint l’un des hommes les plus célèbres d’Europe mais cette invasion des idées démocratiques dans un esprit féodal3 allait provoquer des dégâts. Le libéralisme économique et politique du marquis de Mirabeau ne l’empêchèrent pas, en effet, d’être le pire des tyrans pour sa famille. Il demanda plus de quarante lettres de cachets contre ses filles et son épouse. Ses contemporains affirment que si cette dernière était fort riche, elle n’était point belle. Cela n’avait pas été un frein pour le marquis qui s’était marié sans la rencontrer précédemment et continuait à avoir de nombreuses maîtresses. Seul échappa à la vindicte paternelle son cadet, André-Boniface, dit Mirabeau-Tonneau, tandis que son fils aîné, Mirabeau-Tonnerre, aura droit à lui seul à 25 demandes d’internement4.
Ce qui fit dire au ministre Maurepas :
« Il faudrait un secrétaire d’État exprès pour eux. Le père me prend pour son homme d’affaires. N’est-il pas honteux de ne pas voir de fin aux scandales de cette famille ? Le roi ne veux plus en entendre parler. »

Un ami des hommes haineux

La vindicte du marquis se cristallisa contre son fils aîné. Tout commença quand l’Ami des Hommes qui « tolérait l’arbitraire » décida d’interdire, en 1771, aux Mirabelliens les vacants communaux où le droit de pâture leur avait été accordé par les Barras depuis 1557. Gabriel-Honoré fut chargé de faire entériner la décision paternelle et descendit en Provence. Le procès ayant été perdu en appel, le marquis en rendit responsable son fils et avec une constance incroyable poursuivit le jeune homme de sa haine.
Il osa écrire à son sujet :
« L’exaltation de son esprit, la violence de ses sensations et de ses instincts, la fougue de tout son être qui l’emportaient sans cesse au-delà des mesures de son âge et qui lui inspiraient une confiance invincible en sa supériorité, enfin le don de la parole et l’ivresse de son propre bruit, le rendaient menteur comme il est laid avec recherche et prédilection. »
Peu après son mariage, l’Ami des Hommes fit mettre son aîné en résidence surveillée à Mirabeau puis à Manosque, pour finir il le fit ensuite interner au château d’If, au fort de Joux et au donjon de Vincennes. Le père ne le fit élargir qu’après le décès de son petit-fils Victor pour que le futur Tribun de la Révolution puisse continuer la lignée des Mirabeau5.

Le père dépassé par la gloire de son fils

En dépit de quelques réconciliations quand le marquis avait besoin des talents de son aîné dans les conflits et procès l’opposant à sa mère, leurs rapports furent toujours tendus. Le père craignait-il que la gloire de son fils éclipsât la sienne ? La postérité a depuis tranché… Au fil des ans, le marquis fut pourtant obligé de reconnaître ses dons exceptionnels. Il écrivit à son frère le Bailli :
« C’est un Matamore, une intelligence, une capacité qui saisissent, ébahissent, épouvantent. »
Et quand le jeune comte de Mirabeau, en 1789, revint en Provence pour être élu aux États Généraux, le marquis confia au même :
« De longtemps, ils n’auront pas vu une telle tête en Provence… J’ai vérifié par moi-même et dans quelques conversations et communications, j’ai vraiment aperçu du génie. »
Dès que le « Flambeau de Provence » intervint aux États Généraux, son père subjugué dut avouer :
« Je le tiens pour l’homme le plus rare de son siècle et, peut-être, pour l’un des plus rares que la nature ait produit. »
Et quand Mirabeau-Tonneau, lui aussi élu, vint lui soumettre un projet de discours, la marquis lui jeta comme une gifle à travers la figure :
« Quand on a un frère comme le vôtre aux États Généraux et qu’on est vous, on laisse parler son frère et l’on garde le silence. »
Ce qui ne l’empêcha point de tester en faveur du cadet et de déshériter son aîné. Il mourut à Argenteuil le 13 juillet 1789. Et son biographe, René de la Croix, duc de Castries, conclut :
« Mauvais père, époux infidèle, administrateur détestable, l’Ami des Hommes venait de rendre une âme dont il doutait à un Dieu auquel il ne croyait pas. »
© Michel Reyne

Notes

1 Marie-Geneviève de Vassan descendait par sa mère des Rouziers et des Ferrières-Sauvebœuf, seigneurs de la Mothe de Chéronnac. De cette union naquirent cinq enfants : Marie, Élisabeth, Gabriel-Honoré, Louise et André-Boniface. Un garçon mort en bas âge avait précédé la venue de Gabriel-Honoré.
2 Il est à souligner que l’un des secrétaires du grand naturaliste fut Jean-Joseph d’Aude, natif d’Apt. Le créateur de Madame Angot et du célèbre Cadet Roussel, fut aussi l’auteur de nombre de vaudevilles entre la période révolutionnaire et l’Empire.
3 Cette constatation fut faite par Tocqueville.
4 Ce dernier se réfugia dans la boisson et commenta son ivrognerie en affirmant : « C’est le seul vice que ma famille m’ait laissé. » Rapidement conscient de n’être que l’ombre de son frère Mirabeau-Tonnerre, le malheureux Mirabeau-Tonneau constata : « Dans une autre famille, je passerai pour un mauvais sujet et un homme d’esprit, dans la mienne je suis un sot et un honnête homme. »
5 Le marquis de Mirabeau écrivit alors à son frère le Bailli : « Je reçois la nouvelle de la mort de notre enfant, le dernier espoir de notre nom. » Le duc de Castries, biographe des Mirabeau, qui cite cette lettre, commente : « Féodal impénitent, il ne connaissait comme véritable souci que de perpétuer sa race. »

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Godfried Velten (1831-1915), sénateur des Bouches-du-Rhône https://www.geneprovence.com/godfried-geoffroy-velten-1831-1915/ https://www.geneprovence.com/godfried-geoffroy-velten-1831-1915/#respond Mon, 08 Sep 2014 00:11:39 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=13782 Godfried Velten, aussi appelé Geoffroy Velten, est né à Brumath (Bas-Rhin), non loin de Strasbourg. Il vient se fixer à Marseille en 1848 (à l’âge de 17 ans), en compagnie…

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Portrait de Velten paru dans Le National, journal républicain d'Aix, le 8 septembre 1895. DR.
Portrait de Velten paru dans Le National, journal républicain d’Aix, le 8 septembre 1895. DR.
Godfried Velten, aussi appelé Geoffroy Velten, est né à Brumath (Bas-Rhin), non loin de Strasbourg. Il vient se fixer à Marseille en 1848 (à l’âge de 17 ans), en compagnie de son oncle et participe au développement considérable de l’industrie de la brasserie dans la cité phocéenne.
Républicain militant sous l’Empire, membre des comités, orga­nisateur de nombreuses œuvres patriotiques et charitables, de religion protestante, il est le fondateur de plusieurs journaux : L’Égalité, La Jeune République et Le Petit Provençal. En 1868, il offre son aide à l’élection de Gam­betta et, l’année suivante, à celle d’Esquiros.
Il est élu conseiller municipal à la mairie de Marseille en 1874.
Velten à la fin de sa vie. Couleurs : JMD.
Velten à la fin de sa vie.
Couleurs : JMD.
En 1880, il devient con­seiller général. En 1881, il vend sa bras­serie marseil­laise et se retrouve alors à la tête d’une fortune co­los­sale. À la même époque, il devient chevalier de la Légion d’honneur (officier en 1885). Le 25 janvier 1883, il est désigné sénateur des Bouches-du-Rhône, poste auquel il est réélu le 7 janvier 1894, puis le 4 janvier 1903. Il ne se présente pas aux élections du 6 janvier 1912 et achève donc là une longue carrière politique à l’âge de 81 ans.
Ses partisans politiques louent ses qualités de droiture et de dévouement qui lui attirent les sympathies générales.
Il s’éteint à Paris le 24 septembre 1915.

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Démosthène Ollivier (1799-1884), un Varois député des Bouches-du-Rhône https://www.geneprovence.com/demosthene-ollivier-depute-varois-bouches-du-rhone/ https://www.geneprovence.com/demosthene-ollivier-depute-varois-bouches-du-rhone/#respond Tue, 19 Aug 2014 00:36:48 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=11706 Démosthène Ollivier est né rue Franklin, à Toulon (Var) de Jean-Baptiste Ollivier, bourgeois originaire de Vannes (Morbihan) et de Marie-Agnès Pétrès. Dès sa jeunesse, il se destine au commerce et…

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demosthene-ollivierDémosthène Ollivier est né rue Franklin, à Toulon (Var) de Jean-Baptiste Ollivier, bourgeois originaire de Vannes (Morbihan) et de Marie-Agnès Pétrès.
Dès sa jeunesse, il se destine au commerce et dirige une société prospère à Marseille.

Entrée en politique de Démosthène Ollivier

Ollivier a des opinions démocratiques qui le poussent à désap­prou­ver la Restauration et la monarchie de Louis-Philippe et à s’inscrire dans de nombreuses luttes. Il devient conseiller municipal à Marseille en 1836. De graves problèmes surviennent alors et, alors que son entreprise périclite, il parvient à obtenir une réhabilitation qui lui permet de conserver son mandat politique.
Émile Ollivier (1825-1913), fils de Démosthène Ollivier. DR.
Émile Ollivier (1825-1913), fils de Démosthène Ollivier. DR.
Arrive la Révolution de 1848. Ollivier fait nommer commissaire général de la République à Marseille son fils, Émile Ollivier (1825-1913), âgé de 23 ans. Un biographe dit alors de lui :
« [Son fils] a dû, ainsi que monsieur son père, bénir l’heureux avènement de la République, et la chute du despotisme, qui, jusqu’en février, a empêché les grands hommes sans barbe d’être préfets1. »

À l’Assemblée constituante

Le 23 avril 1848, Démosthène Ollivier est élu représentant des Bouches-du-Rhône à l’Assemblée constituante, le deuxième sur dix 10, par 58 706 voix. Lors de la séance d’ouverture, le 4 mai, il demande que le serment à la République soit prononcé individuellement à la tribune. La motion étant repoussée, il dit :
« Je demande qu’il soit constaté au procès-verbal que nos acclamations en faveur de la République ont été faites à l’unanimité. »
L’Assemblée tout entière se lève, faisant valoir son approbation.
Par la suite, il fait partie du comité du commerce et vote avec la portion la plus avancée du parti républicain contre l’établissement du cautionnement, contre les poursuites à l’encontre de Louis Blanc et de Marc Caussidière, contre le rétablissement de la contrainte par corps, pour l’abolition de la peine de mort, pour l’amendement Grévy, pour le droit au travail, contre l’ordre du jour en l’honneur de Cavaignac, pour l’amnistie, contre l’interdiction des clubs, contre les crédits de l’expédition de Rome et pour l’abolition de l’impôt des boissons.
Louis-Napoléon Bonaparte (1808-1873), par Alexandre Cabanel.
Louis-Napoléon Bonaparte (1808-1873), par Alexandre Cabanel.
Comme adversaire déclaré de la politique de Louis-Napoléon Bonaparte, il est un des signataires de la motion tendant à la mise en accusation du président et de ses ministres, à l’occasion des affairés de Rome.

Ollivier et le coup d’État de 1851

Bien que non réélu à l’Assemblée législative, il continue de lutter, dans les Bouches-du-Rhône, pour les idées républicaines et radicales, proteste énergiquement contre le coup d’État du 2 décembre 1851, est arrêté et expulsé de France, et se réfugie en Belgique, puis en Italie. Il réside successivement à Nice et à Florence. Une offre de retour lui est officiellement signifiée. Il répond :
 » J’ai été atteint par une mesure collective ; une mesure du même genre peut, seule, m’ouvrir les portes de la patrie. Quelle que soit ma douleur d’être séparé de vous, je resterai dans l’exil tant qu’un seul de mes compagnons demeurera sous le coup de la proscription. Pendant plus de quarante années, j’ai, par mes paroles et par mes actes, essayé d’accroître le nombre des défenseurs du peuple ; je ne puis abandonner dans la souffrance ceux qui m’ont suivi dans le combat. »
Il ne rentrera en France qu’en 1860.

La fin de sa vie

À son retour, Ollivier se retire dans le Var. Dans son édition du 27 avril 1884, le journal Le Var fait cette annonce :
« Une dépêche de notre correspondant de Saint-Tropez nous annonce que M. Démosthène Ollivier, père de M. Émile Ollivier, l’ancien ministre de la fin de l’Empire, est mort dans la nuit de mercredi à jeudi dernier [22 avril 1884], au château de La Motte. »

Note

1 Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889, éd. Edgar Bourloton, 1889-1891.

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L’Irlandais James MacAdaras (1838-1919), député controversé des Basses-Alpes https://www.geneprovence.com/james-macadaras-1838-1919-depute-des-basses-alpes/ https://www.geneprovence.com/james-macadaras-1838-1919-depute-des-basses-alpes/#respond Sun, 15 Jun 2014 00:26:15 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=11799 James Dyer MacAdaras (né à Rathmines [Dublin] en 1838, mort à Paris en 1919) apparaît dans l’Histoire lors de la Guerre franco-prussienne en 1870. Alors à Paris, il propose la…

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James MacAdaras (1838-1919).
James MacAdaras (1838-1919).
James Dyer MacAdaras (né à Rathmines [Dublin] en 1838, mort à Paris en 1919) apparaît dans l’Histoire lors de la Guerre franco-prussienne en 1870. Alors à Paris, il propose la constitution d’un contingent irlandais pour assister l’armée française. Il affirme avoir combattu lors de la Guerre de Crimée au cours de laquelle, âgé de seulement 17 ans, il aurait subi une blessure à la jambe pendant l’attaque des fortifications de Redan.

Le régiment irlandais

Lorsqu’il reçoit l’autorisation de former cette brigade irlandaise, il est promu général de façon improbable par une administration française déstructurée et envoyé à Caen en septembre 1870 pour rassembler des volontaires qui arrivent en France par la Normandie. L’expérience tourne court car la France ne parvient pas à fournir de la nourriture, des armes et des émoluments à cette armée et le consul de Grande-Bretagne doit même intervenir pour leur assurer au moins des rations de survie.
MacAdaras ne bénéficie pas de beaucoup de crédit au sein du contingent irlandais, certains de ses compatriotes le considérant même comme un espion à la solde des Prussiens. De plus, il détourne une somme d’argent normalement due à son second, John O’Kelly, alors que ce dernier se trouvait en Irlande pour une session de recrutement. Un rapport de l’armée française indique en octobre 1870 :
« Pour l’instant, nous savons que les Irlandais à Caen se conduisent plutôt mal et qu’ils expriment des doutes quant aux intentions et à l’honneur de M. Dyer. »
Néanmoins, le même mois, MacAdaras — profitant semble-t-il de la confusion qui entoure la chute du Second Empire — est nommé à un nouveau poste en qualité de lieutenant-colonel du 2e Régiment étranger, auquel participent les survivants irlandais de l’expérience normande.

Un personnage controversé

John Devoy1 dépeint un portrait brillant mais cinglant du personnage. Selon lui, à la fin de l’été 1870, MacAdaras parvient à convaincre Charles Cousin-Montauban, Ministre français de la guerre, du fait qu’il était représentant du maire de Dublin et d’autres officiels — les Français sachant que les Irlandais cherchaient à organiser un corps d’ambulance qui serait envoyé en France. Par l’intermédiaire de Cousin-Montauban, MacAdaras parvient à obtenir une audience auprès de l’impératrice Eugénie qui lui fournit une lettre d’introduction à montrer à Dublin. Rapidement, grâce à la faible qualité des communications et le chaos provoqué par la guerre, MacAdaras se retrouve général.
Caraicature de MacAdaras dans le journal d'Algérie Pilori, publié dans les années 1880. DR.
Caraicature de MacAdaras dans le journal d’Algérie Pilori, publié dans les années 1880. DR.
Un jour, en Normandie, un membre du corps d’ambulance irlandais, le docteur Constantine MacGuire, avait rendez-vous avec MacAdaras dans un café. Mais quand MacAdaras arrive, il trouve MacGuire assis avec un journaliste et un ancien capitaine de cavalerie de l’armée britannique. Immédiatement, il tourne les talons. Or le journaliste connaissait MacAdaras depuis ses années d’armée.
« Au diable le général, dit-il à MacGuire. Ce type était sergent-major dans ma troupe et c’est le pire scélérat d’ici en enfer. »
Selon Devoy, MacAdaras gagnait sa vie comme interprète et guide auprès de touristes américains à Paris avant de duper l’institution militaire française et l’impératrice Eugénie.

L’après-guerre

La guerre terminée, MacAdaras retourne à Paris en mars 1871 et prend un logement rue de Bellechasse (7e arrondissement) au moment même où les Communards prennent le contrôle de la capitale. La même année, il demande la nationalité française — demande précédemment rejetée au motif suivant : Il vit à Londres et ne vient à Paris que quelques jours par an. »
Il réclame la somme de 114 000 francs au Ministre français de la guerre pour couvrir les dépenses qu’il prétend avoir faites dans sa tentative avortée de former un régiment irlandais. Cette demande est rejetée.
« Cette affaire peut se résumer ainsi, écrit un officiel du ministère de la guerre : M. Dyer MacAdaras a promis de faire venir 6 000 Irlandais en France mais n’est parvenu à en faire venir 300 qui n’ont rendu aucun service et ont rapidement été rapatriés. »
Des notes dans son dossier militaire laissent également entendre que MacAdaras avait laissé de nombreuses factures impayées dans la région de Caen. Sa demande culottée de la Légion d’honneur en 1871 est également rejetée.
Pendant l’année 1871, MacAdaras n’a pas de domicile permanent et bouge beaucoup. En juin 1871, il n’est plus installé dans le 7e arrondissement bourgeois mais à une adresse bien plus modeste du 9e arrondissement, au 15, rue de Montholon. En octobre, il loge au 102, rue Neuve des Mathurins, une rue disparue aujourd’hui. Il pourrait aussi avoir vécu à l’Hôtel de Londres (rue Lafayette, dans le 9e arrondissement). De plus, une lettre de sa main est écrite cette même année depuis Rostreavor, dans le comté de Down (aujourd’hui en Irlande du Nord).

Après l’Amérique, MacAdaras retrouve la France

On retrouve MacAdaras à Paris en 1887. Dans l’intervalle, il est allé en Amérique où il a épousé une Américaine quelque peu fortunée et mené une existence relativement confortable en faisant de la spéculation immobilière à St. Louis, dans le Missouri. De fait, le numéro de septembre 1889 du Petit Journal indique que, selon certains, il était « plusieurs fois millionaire ».
La raison qui le pousse à revenir en France est inconnue. Son engagement dans la cause irlandaise pourrait y être lié. Sa première adresse en 1887 est le 21, avenue Carnot (17e arrondissement), où il est colocation avec Eugene Davis et le nébuleux révolutionnaire Patrick Casey. Il tente (sans succès) d’éditer un journal bilingue avec Eugene Davis et fait sans doute partie d’un complot dénommé le Jubilee Plot visant à faire assassiner la reine Victoria. Pour ces raisons, le « Fénien » John Devoy écrit :
MacAdaras « était le plus abouti des imposteurs qui ont fricoté avec le Mouvement irlandais, mais il n’y est jamais entré. »
En 1888, il vit au 57, rue de Babylone (7e arrondissement) et fait alors sa seconde demande de naturalisation qui est cette fois-ci acceptée.

Entrée en politique

De façon quasi incroyable, un an plus tard, sous la dénomination floue de « Général », il est élu député des Basses-Alpes pour la circonscription de Sisteron2 sous l’étiquette des radicaux.
Vue générale de Sisteron. DR.
Vue générale de Sisteron. DR.
L’ascension fulgurante du « général » MacAdaras du statut d’étranger à celui d’élu de la IIIe République en l’espace d’un an pourrait devoir beaucoup à ses amitiés, probablement dans le domaine de la franc-maçonnerie, et notamment de celle de Georges Clemenceau et du controversé Henri Rochefort. Mais MacAdaras ne semble pas avoir été un réel parlementaire. Ses opposants vont régulièrement contester son éligibilité et la légitimité du titre de « général » dont il se revêt. En 1893, il n’est pas réélu.
© Isadore Ryan
[box title= »Bibliographie sélective » style= »noise » box_color= »#880000″ title_color= »#FFFFFF » radius= »3″ class= » »]- Service Historique de la Défense
– Correspondance de MacAdaras avec le Ministre français de la guerre et candidature à la Légion d’honneur : 17YD8 OGP Macadas, « Mémoire de proposition en faveur de Mr. MacAdaras (James Dyer), lieutenant colonel à titre auxiliaire pour le grade de chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur ».

Archives nationales :
– Documents de naturalisation de James MacAdaras : dossiers BB11 1179 NJ 635×71 et G/9/154.
– M. W. Kirwan, La Compagnie irlandaise, réminiscences de la Guerre franco-prussienne, 1873.
– John Devoy, Mémoires d’un rebelle irlandais, Chase D. Young Company, New York, 1929.
– Janick Julienne, « General MacAdaras: An Adventurer in the Service of the Irish Revolutionaries in France », in The Irish Sword, no 93, The Military History Society of Ireland, Dublin, 2003.

Sur l’élection du « général » MacAdaras à l’Assemblée nationale :
« Échos de Paris », dans Le Petit Journal, 26 septembre 1889.
Le Progrès militaire, 20 novembre 1889.[/box]

Notes

1 John Devoy (Kill, Irlande, 1842-New York, USA, 1928) était un leader nationaliste irlandais qui émigra en France en 1861. Il s’engagea dans la Légion étrangère et servit en Algérie avant de retourner en Irlande et de prendre la tête de la « Révolte fénienne » contre la présence britannique en Irlande. (N.d.T.)
2 Les autres députés des Basses-Alpes élus à la même législature étaient Joseph Reinach (Paris, 1856-Paris, 1921), François Deloncle (Cahors, 1856-La Baule, 1922), Marius Isoard (Reillanne, 1839-Marseille, 1894) et Henry Fouquier (Marseille, 1838-Neuilly-sur-Seine, 1901). (N.d.T.)

Traduit de l’anglais par Jean Marie Desbois, avec l’aimable autorisation de l’auteur, webmaster du site www.irishmeninparis.org.

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