« Pour la maladie fort courte » (Montgardin, 1er septembre 1763)

Dans cette Provence du XVIIIe siècle, aux confins du Dauphiné, les paroisses rurales comme Montgardin sont marquées par une forte mortalité infantile. Cet acte de 1763 révèle la violence des épidémies, où la « maladie fort courte » emporte un enfant de douze ans en moins de vingt-quatre heures. Au-delà du drame, ce document tenu par le curé montre la rigueur administrative et canonique de l’Église de l’Ancien Régime. Le délai de l’enterrement, précisément noté pour dépasser les « vingt-quatre expirées », reflète la peur médicale et juridique de l’époque d’ensevelir un sujet en état de mort apparente. Ce détail, consigné par le diacre et les notables, rappelle l’importance des rituels religieux et de l’administration locale.

 

cimetiere

« L’an mil sept cent soixante trois et le premier jour du mois de septembre, nous curé du présent lieu de Montgardin soussigné,
avons, à l’heure de midi, enterré au cimetière de la paroisse dud[it] lieu le cadavre de Jean Goutro, fils de Jacques, dud[it] lieu, mort le jour précédent environ les neuf heures du matin dans le sein de l’Église et, après avoir reçu le sacrement de l’extrême-onction, âgé d’environ douze ans, et n’avons fait led[it] enterrement qu’à l’heure de midi et trois heures après les vingt-quatre expirées ou environ pour la maladie dudit Goutro avoir été fort courte.
Présents audit enterrement et soussignés Joseph Reynaud et Jean Chaix, tous de ce lieu. »
[J. Reinaud, Astoin diacre, J. Chaix]
  • Registre paroissial de Montgardin, Archives départementales des Hautes-Alpes.
  • Crédit photographique : © Csaba Peterdi – Fotolia.com.

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