Triple noyade dans l’Encrême (Céreste, 24 août 1796)

La noyade simultanée de Michel Devoulx, de son fils André et de sa belle-fille Anne Trémolière en fructidor an IV (août 1796) met en lumière la brutalité des crues soudaines de l’Encrême, cours d’eau habituellement modeste du terroir de Céreste. Lors des orages de fin d’été, les crues éclairs des torrents provençaux surprennent fréquemment les usagers des passages à gué ou des moulins rivulaires, entraînant une submersion rapide et imparable. La réquisition formelle par le juge de paix du canton de Reillanne et le procès-verbal dressé par l’officier de santé atteste de la rigueur des procédures judiciaires sous le Directoire : le constat officiel des décès et l’élimination de toute hypothèse criminelle précèdent obligatoirement l’autorisation d’inhumation accordée à l’agent municipal.

cereste-pont-romain« Ce jourd’huy sept fructidor an quatre de la République française, une et indivisible,
Sur la déclaration qui nous a été faite par le citoyen Martin, juge de paix du canton de Reillanne,
Qu’il a été trouvé trois cadavres qui ont été noyés et desquels il nous a requis l’inhumation,
Et lesquels cadavres il s’est trouvé le citoyen Michel Devoulx, cultivateur, âgé de soixante et dix ans, André Devoulx, son fils, âgé d’environ trente ans et Anne Trémolière, épouse dudit André Devoulx, âgée d’environ vingt-sept ans,
Et tous lesquels cadavres nous ont été représentés par le citoyen juge de paix pour faire conster de leur mort, d’après le procès-verbal qui a été dressé par icelui,
De laquelle déclaration nous avons dressé acte,
À Céreste le sept fructidor an quatre de la République française, une et indivisible. »
[Martin, juge de paix, Rousset, agent municipal]
  • Source : Registre d’état civil de Céreste, cote AD04 1MI5/0761
  • Anecdote signalée par Armande Trémolière

Laisser un commentaire