Faits divers Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/faits-divers/ 500 ans de faits divers en Provence Wed, 03 Jun 2026 08:13:52 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png Faits divers Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/faits-divers/ 32 32 La mort du musicien (Saint-Martin-de-Crau, 29 juin 1672) https://www.geneprovence.com/la-mort-du-musicien-saint-martin-de-crau-29-juin-1672/ https://www.geneprovence.com/la-mort-du-musicien-saint-martin-de-crau-29-juin-1672/#respond Fri, 29 May 2026 19:45:29 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28389 L’apparition de François Ilon, musicien originaire de Dole en Franche-Comté, au cœur de la Crau en 1672, illustre les circuits de migration professionnelle sous Louis XIV. Ces artistes itinérants parcouraient…

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L’apparition de François Ilon, musicien originaire de Dole en Franche-Comté, au cœur de la Crau en 1672, illustre les circuits de migration professionnelle sous Louis XIV. Ces artistes itinérants parcouraient les provinces pour répondre aux besoins des fêtes seigneuriales, des confréries ou des festivités paroissiales. Le climat aride de la Crau en plein mois de juin présente des risques majeurs d’insolation ou de déshydratation aiguë lors des déplacements à pied. Son décès prématuré à trente-cinq ans loin de sa patrie n’empêche pas une prise en charge digne, marquée par la présence d’un bourgeois et d’un ménager locaux lors de l’inhumation.

« L’an que dessus [1672] et le vingt-neuvième juin, dans le cimetière de l’église de Saint-Martin-de-la-Palud, a été enterré François Ilon, musicien natif de Dole, âgé d’environ trente-cinq ans, présent Annibal Louys, bourgeois, et Pierre Martin, ménager. »
[Loys, Avignon, Reynier, curé]
  • Source : Registre paroissial de Saint-Martin-la-Palud, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 151.

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L’accident fatal du pont du Turrelet (Gap, 26 décembre 1865) https://www.geneprovence.com/laccident-fatal-du-pont-du-turrelet-gap-26-decembre-1865/ https://www.geneprovence.com/laccident-fatal-du-pont-du-turrelet-gap-26-decembre-1865/#respond Mon, 25 May 2026 21:06:08 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28357 En ce funeste mardi 26 décembre 1865, le froid engourdissait encore les voyageurs tandis que la mort rôdait aux portes de Gap (Hautes-Alpes). La lourde voiture des messageries, qui assurait…

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En ce funeste mardi 26 décembre 1865, le froid engourdissait encore les voyageurs tandis que la mort rôdait aux portes de Gap (Hautes-Alpes). La lourde voiture des messageries, qui assurait la longue et harassante liaison depuis Marseille, achevait son périple et s’apprêtait à entrer dans la ville. L’aube poignait à peine dans le ciel bas, puisqu’il n’était que six heures du matin. Soudain, alors que l’équipage passait face à l’usine à gaz, un événement inattendu vint rompre la monotonie de la fin du voyage.
Le cheval placé au milieu de l’attelage s’empêtra maladroitement les jambes dans le brancard1. Effrayés par les secousses brutales et les efforts désespérés de leur compagnon pour se libérer de son entrave, les autres chevaux s’emportèrent.
La diligence, devenue incontrôlable sous la traction folle des bêtes, fut entraînée à vive allure vers le pont du Turrelet. Sur le siège de devant, le conducteur mesura d’un regard l’imminence du péril. Cet homme d’expérience se nommait Jean-Baptiste Oglia. Âgé de cinquante ans, ce courageux conducteur de messageries, natif de Villars de Luzerne2 dans le Piémont, fils de feu Étienne et de défunte Marie-Dominique Antoinette, résidait à Marseille avec son épouse Thérèse Borel. Voyant le désastre inévitable se profiler, il tenta de descendre de la voiture en marche pour sauver sa vie.

Un destin fracassé contre un peuplier

Mais le destin se montra impitoyable et ne lui laissa aucune chance. À l’instant précis où il amorçait son geste de fuite, la voiture, violemment chassée par le garde-fou du pont, fut projetée sans ménagement contre un énorme peuplier qui bordait l’ouvrage. Le malheureux Jean-Baptiste Oglia se retrouva écrasé entre la carcasse de bois de la malle-poste et le tronc majestueux de l’arbre. La mort le faucha de manière instantanée, brisant net le fil de son existence à des kilomètres de son foyer phocéen.
Le chaos de l’impact fit d’autres victimes parmi l’équipage et les passagers. Le postillon, qui l’accompagnait dans sa tâche, fut rudement éjecté de son siège et chuta lourdement au sol, écopant de blessures assez graves. Fort heureusement, les voyageurs enfermés dans l’habitacle furent épargnés par le pire du choc ; seule une religieuse, chahutée par l’embardée, s’en tira avec quelques douloureuses contusions. C’est ainsi que quelques heures plus tard, à neuf heures du matin, le maire Alfred Allier coucha le nom du brave conducteur dans les registres de l’état civil, figeant à jamais dans les archives le souvenir de ce tragique accident.
  • Sources : L’Annonciateur, 30 décembre 1865, p. 1.
  • Registre d’état civil de Gap, année 1865, acte no 295, Archives départementales des Hautes-Alpes, 2 E 65/57/1.
  • 1. Le brancard désigne l’une des deux longues pièces rigides, généralement en bois ou en métal, qui s’avancent à l’avant du véhicule.
  • 2. Aujourd’hui Villar Pellice, métropole de Turin.

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Un baptême sous tension (Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, 30 août 1698) https://www.geneprovence.com/bapteme-sous-tension-saint-maximin-la-sainte-baume-30-aout-1698/ https://www.geneprovence.com/bapteme-sous-tension-saint-maximin-la-sainte-baume-30-aout-1698/#respond Mon, 25 May 2026 08:53:41 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28349 Ce refus initial de baptême à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume en 1698 illustre les strictes frontières des circonscriptions paroissiales sous l’Ancien Régime. Le terroir de Roquefeuille, bien que dépourvu de fonds baptismaux, relevait…

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Ce refus initial de baptême à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume en 1698 illustre les strictes frontières des circonscriptions paroissiales sous l’Ancien Régime. Le terroir de Roquefeuille, bien que dépourvu de fonds baptismaux, relevait d’une autre juridiction ecclésiastique, obligeant normalement les fidèles à s’y rendre pour les sacrements. La résistance du père, invoquant un droit d’usage, cède ici devant l’urgence médicale. Face au « danger de mort » signalé par la sage-femme, le curé applique le principe du baptême de nécessité, une obligation théologique absolue pour sauver l’âme du nouveau-né avant toute considération administrative ou de rivalité territoriale.

« L’an et jour que dessus [31 août 1698] a été baptisée Madelène, fille d’Antoine Barthélemy et de Marguerite Taxi, née le jour d’hier sur le midi, à la bastide dite des Puits terroir de Roquefeuille1,
Laquelle avions refusé de baptiser, n’étant point de notre paroisse, quoique le père de la fille, et autres, nous ayant assuré qu’ils avaient la liberté de faire baptiser leur enfant où bon leur semble, en ayant la possession, et n’ayant point dans leur terroir des fonds baptismaux,
Pourtant la sage-femme étant revenue nous a protesté qu’il y avait danger de mort à cette petite à cause de quelques accidents qui lui étaient survenus, ce que nous lui avons fait déclarer,
Aux présences du révérend père Pierre Rogier, notre […], frère Étienne Roux, Jacques Maurel, maître tailleur d’habits, et Jean Baptiste Marguerit, de la ville d’Aix, lesquels, comme témoins, ont signé avec nous.
Le parrain de la baptisée a été Joseph Barthélemy, la marraine Rose Reveste, lesquels ont dit ne savoir écrire, aussi bien que le père de la fille. »
[f. É Roux, f. J. Lande, curé, f. P. Rogier, J. Maurel, J. B. Marguery]

Note

1. Actuellement sur la commune de Pourrières (Var).

  • Source : Registre paroissial de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, Archives départementales du Var, 2 MI EC2810R1.

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Une nuit de baccara chez Blanc Joseph (Reillanne, 20 septembre 1891) https://www.geneprovence.com/une-nuit-de-baccara-chez-blanc-joseph-reillanne-20-septembre-1891/ https://www.geneprovence.com/une-nuit-de-baccara-chez-blanc-joseph-reillanne-20-septembre-1891/#respond Wed, 20 May 2026 21:49:01 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28300 Le dossier est conservé aux Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence sous la cote 3 U 2/305. Il porte le numéro 90 du registre de la brigade de gendarmerie de Céreste. Il…

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Le dossier est conservé aux Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence sous la cote 3 U 2/305. Il porte le numéro 90 du registre de la brigade de gendarmerie de Céreste. Il s’ouvre sur une nuit de septembre 1891 et se referme avant le jugement. Entre les deux, une dizaine de pièces — procès-verbaux, lettres, témoignages, télégramme — qui reconstituent avec une précision rare la vie d’une maison de jeu clandestine dans un village des Basses-Alpes.

Minuit, quartier des Tours

Dans la nuit du 20 au 21 septembre 1891, le brigadier Reynaud Gabriel Joseph et le gendarme Fortoul Ferdinand Joseph, de la brigade de Céreste, sont en patrouille à Reillanne. Ils ne sont pas là par hasard. Le maire de la commune les a alertés « à plusieurs reprises » : une maison de jeu est ouverte au public, au domicile d’un certain Blanc Joseph, dit Sergent, cultivateur, demeurant au quartier des Tours.
« Le brigadier Reynaud et le gendarme Fortoul, de la brigade de Céreste, sont en patrouille à Reillanne… »
Les deux hommes trouvent la porte fermée. Les contrevents de la fenêtre donnant sur la rue sont tirés. Mais derrière cette façade close, ils entendent distinctement « le bruit des voix [et] le son de l’argent exposé sur une table ». Ils comptent un grand nombre d’individus à l’intérieur. Ne pouvant pénétrer dans une habitation privée sans mandat, et ne voulant pas se montrer, ils se cachent dans un angle proche de la maison et attendent.
Au bout d’un moment, la porte s’ouvre. Le maître de maison sort pour « explorer les alentours ». Les gendarmes se présentent à lui. L’homme décline son identité : Blanc Joseph, cultivateur, né le 10 mars 1849 à Vachères, domicilié à Reillanne, appartenant à la réserve de l’armée territoriale.
Questionné sur la présence d’un si grand nombre d’individus chez lui à cette heure avancée, il répond :
« Ce sont des amis qui sont venus régler un compte que nous avions ensemble, je ne fais pas jouer et je suis libre de recevoir chez moi qui bon me semble. »
Les gendarmes lui demandent alors de faire descendre dans la rue les personnes présentes, puisqu’il affirme ne pas faire jouer. Blanc remonte au premier étage — où est située la salle de jeu — et redescend accompagné de deux hommes seulement, les frères Peyron, en déclarant :
« Je n’ai que ces deux messieurs chez moi. »
Au même instant, un grand tapage se fait entendre à l’intérieur. Les joueurs restés dans la salle se cachent dans la maison.

Les frères Peyron parlent

Les gendarmes interrogent les deux hommes sur le trottoir. Peyron Célestin, 35 ans, cultivateur à Reillanne, déclare :
« Ce soir vers onze heures et demie je suis allé chez le sieur Blanc accompagné de mon frère pour y régler un compte ; je n’ai pas joué, mais on avait commencé la partie. Nous étions huit à dix. Je ne puis dire de combien était composé l’enjeu et ce que prenait à chaque partie le maître de la maison. Je ne connais pas ces joueurs. »
Son frère Maurice, 25 ans, est plus précis :
« Ce soir, vers onze heures et demie j’étais avec mon frère chez le sieur Blanc pour régler un compte. On y jouait au baccara à 05 et 10 centimes la partie depuis peu, lorsque le sieur Blanc est venu dire que la gendarmerie était devant sa porte. Je n’ai pu retirer aucune somme à ce dernier des enjeux, mais il est à ma connaissance qu’on lui donne habituellement une certaine somme à la fin. Elle varie suivant que l’on joue à grosse ou petite partie. Nous étions huit à dix et je ne connais pas les autres. Nous n’avons pas joué, ni moi, ni mon frère. »
Le brigadier Reynaud notifie à Blanc qu’il est en contravention à l’article 410 du Code pénal et qu’un procès-verbal sera dressé contre lui. Le dossier est transmis dès le lendemain au procureur de la République à Forcalquier.

Blanc Joseph, dit Sergent

« Dans les premiers temps qu’il était ici arrivé à Reillanne c’était un bon travailleur, un bon citoyen et un honnête garçon… »
Qui est cet homme ? Les pièces du dossier en dressent un portrait cohérent, sinon flatteur.
Joseph Blanc a 43 ans en 1891. Natif de Vachères, il est arrivé à Reillanne depuis environ trois ans. Il est marié, sans enfant, et ne possède aucune propriété. Il travaille comme journalier, à 1,50 ou 2 francs par journée — quand il travaille, c’est-à-dire environ un quart de l’année. Le juge de paix suppléant Audibert, dans son rapport au procureur daté du 24 septembre, note avec une certaine bienveillance : « Dans les premiers temps qu’il était ici arrivé à Reillanne c’était un bon travailleur, un bon citoyen et un honnête garçon, c’est en fréquentant ces joueurs qu’il s’abrutit et il trouve le moyen de vivre mesquinement sans guère travailler. Sa femme serait plus travailleuse que lui. »
Le maire de Reillanne, le vicomte Sébastien de Salve, est moins indulgent. Dans sa lettre au procureur du même jour, il écrit que « son principal moyen d’existence consiste dans le jeu de boules et autres au moyen desquels il vit aux dépens des dupes qu’il exploite, et dans la tenue habituelle des jeux de hasard ». Il précise que Blanc fait l’objet de la surveillance de la mairie et de la gendarmerie depuis plus d’un an, et réclame une répression ferme : « Ce serait une œuvre de bien public que de fermer par une répression nécessaire cette maison clandestine de jeux. »
La fiche de renseignements établie par l’adjoint au maire Martin, le 15 octobre, confirme que Blanc « ne vit que du jeu » et que ses moyens d’existence sont : néant.

Le village témoigne

Le 25 septembre, le procureur de la République commande un supplément d’enquête. Il veut savoir : admettait-on des mineurs ? Jouait-on tous les soirs ? Combien de personnes ? Quels enjeux ? Quel bénéfice pour Blanc ?
Le 29 septembre, le brigadier Reynaud, accompagné de trois gendarmes, interroge treize habitants de Reillanne et Vachères. Les déclarations forment un tableau saisissant.
Bourgue Joseph, 48 ans, tuilier, reconnaît avoir joué au baccara chez Blanc « il y a environ un an ». L’enjeu habituel était de 50 centimes, et Blanc « prélevait un bénéfice de 50 centimes par partie ». Ils étaient sept ou huit, et « il n’y avait pas de mineur ».
Fayet Félix, 50 ans, beau-frère de Blanc, admet avoir joué chez lui « presque tous les dimanches pendant l’hiver dernier », avec des enjeux de 25 à 50 centimes. Il précise ne jamais avoir admis de joueurs de moins de 20 ans chez lui, et dit jouer chez lui aux « repas ou autres friandises, mais jamais de l’argent ».
Roux Adolphe, 40 ans, est d’une franchise désarmante : « Dans la soirée du 20 septembre courant, je me rendais chez Blanc, pour voir ce qui se passait et pour faire la partie au besoin. Ayant appris que la gendarmerie était dans le quartier, je fus me coucher. » Il confirme avoir joué au baccara chez Blanc, avec des enjeux de 50 centimes ou un franc, et un bénéfice variable prélevé par le tenancier — « parfois de 50 centimes, de 25 centimes et par moment, rien du tout. On ne joue dans cette maison que le dimanche », précise-t-il.
Jean Léon, 20 ans, est le témoin le plus éloquent. Il déclare avoir souvent joué au baccara chez Blanc, « une ou deux fois par semaine ». Les enjeux, dit-il, « varient de 10 centimes à 50 francs » — cette dernière somme se jouant rarement, « mais nous l’avons eu mise sur le jeu ». Il conclut avec un détail inoubliable : « Il n’y avait personne de plus jeune que moi dans cette maison où l’on me gagna même une fois le chapeau que j’avais sur la tête. »
Le jeune Landrin Émile, 17 ans, affirme n’avoir jamais joué mais être allé « deux fois voir ce qui se passait ». Il a observé des enjeux de 25 à 75 centimes, et un bénéfice de 50 centimes prélevé par Blanc à chaque partie.
Clément Philippe, 48 ans, venu de Vachères, reconnaît avoir été présent le soir du 20 septembre. Il jouait au Cinq-Cents avec les frères Peyron et Jean Eugène, à un franc la partie — « et Blanc n’a prélevé aucun bénéfice à ma table ». Il signale néanmoins avoir joué au baccara chez Blanc « il y a environ deux ans », avec un prélèvement de 25 centimes par partie.
Le seul témoin à évoquer une précédente affaire est Abaccus Hippolyte, 50 ans : « Depuis environ trois ans que nous jouions à Reillanne chez le sieur Fassati Joseph et que nous fûmes pris par la gendarmerie, je n’ai jamais plus joué ni fréquenté les joueurs. » Une autre maison de jeu, donc, avait déjà été démantelée à Reillanne quelques années plus tôt.
Face à l’accumulation des témoignages, Blanc est interrogé à nouveau. Il maintient sa version : « Très souvent après la fermeture des établissements publics de Reillanne, il recevait des amis chez lui avec lesquels il jouait des châtaignes, biscuits et diverses consommations, et non de l’argent. »
Les gendarmes concluent sèchement dans leur rapport : « Il résulte des renseignements recueillis que le susdit Blanc n’a pas de ressources, qu’il travaille très rarement et qu’il vit presque uniquement du produit de la tenue des jeux de hasard. »

La mécanique judiciaire

Le 30 septembre, le procureur Benjamin S. transmet au juge de paix de Reillanne une assignation à prévenu et des invitations à témoins, avec une instruction précise : si Blanc consent à renoncer aux délais légaux, les témoins seront convoqués pour le 3 octobre. Dans le cas contraire, tout sera retourné au parquet pour une procédure dans les formes.
En droit correctionnel de l’époque, tout prévenu avait droit à un délai minimum de trois jours francs entre la signification de la citation et l’audience. Renoncer à ce délai permettait d’accélérer la procédure. L’huissier Denis Arniaud se rend à Reillanne le 1er octobre. Blanc accepte. Le télégramme du juge de paix au procureur, expédié le même jour à 11h45, est laconique : « Blanc a renoncé aux délais, informe par suite brigadier de gendarmerie et ferai assigner les témoins pour trois octobre. »

L’assignation formelle inculpe Blanc d’avoir « à Reillanne, dans la nuit du vingt septembre 1891, tenu une maison de jeux de hasard, et d’y avoir admis le public soit librement soit sur la présentation des intéressés » — délit prévu et puni par l’article 410 du Code pénal.

La peine encourue

L’article 410 du Code pénal de 1810, toujours en vigueur en 1891, punissait le tenancier d’une maison de jeux de hasard ouverte au public de six jours à six mois d’emprisonnement, d’une amende de 16 à 300 francs, et de la confiscation des fonds et instruments de jeu saisis. Seul le tenancier était visé : les simples joueurs ne commettaient aucun délit en participant, ce qui explique la relative franchise de plusieurs témoins.
Dans le cas de Blanc, les éléments à charge sont lourds : activité habituelle et non occasionnelle, prélèvement systématique sur les parties, clientèle nombreuse, notoriété publique établie depuis plus d’un an. Seule la récidive formelle n’est pas documentée — les antécédents demandés à la mairie de Vachères n’ont jamais été fournis à temps.
En pratique, les tribunaux correctionnels de province prononçaient dans ce type d’affaire des peines situées entre quinze jours et deux mois d’emprisonnement, assorties d’une amende de 50 à 100 francs. Pour Blanc, dont les moyens d’existence sont qualifiés de « néant » par l’adjoint au maire, une amende de cet ordre représentait l’équivalent de vingt-cinq à cinquante journées de travail — une somme considérable. La loi Bérenger sur le sursis, votée en 1891, aurait pu théoriquement s’appliquer, mais son usage était encore très hésitant dans les premières années suivant son adoption.
Quant aux joueurs entendus comme témoins — Fayet Félix, explicitement blanchi faute de preuves par le brigadier Reynaud, ne sera pas poursuivi. Aucun des autres habitués ne risquait de poursuites pénales.

Ce que le dossier ne dit pas

Le dossier 3 U 2/305 s’arrête là. Le jugement du 3 octobre 1891 n’y figure pas. On ne sait pas si Blanc Joseph, dit Sergent, a été condamné à l’emprisonnement ou si le tribunal a fait preuve d’indulgence. On ne sait pas davantage ce qu’il est advenu de lui après cette affaire — s’il a cessé de tenir maison, s’il a quitté Reillanne, ou s’il a continué, comme avant, à recevoir des amis le dimanche soir au premier étage du quartier des Tours, pour jouer des châtaignes et des biscuits.
Le jugement, s’il a été conservé, se trouverait dans les registres correctionnels du tribunal de Forcalquier, aux Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence.
  • Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, cote 3 U 2/305.

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Pipe fatale (Pertuis, 4 juillet 1841) https://www.geneprovence.com/pipe-fatale-pertuis-4-juillet-1841/ https://www.geneprovence.com/pipe-fatale-pertuis-4-juillet-1841/#respond Tue, 19 May 2026 17:59:37 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28286 Dans le silence de la nuit du 4 au 5 août 1841, alors que la plaine du terroir de Pertuis reposait sous la chaleur lourde de l’été provençal, un geste…

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Dans le silence de la nuit du 4 au 5 août 1841, alors que la plaine du terroir de Pertuis reposait sous la chaleur lourde de l’été provençal, un geste insignifiant fit basculer le destin d’une récolte. Un berger, dont l’identité devait rester dans l’ombre du récit officiel, s’assit sur une gerbe de blé pour s’accorder un instant de repos. En battant son briquet pour allumer sa pipe, une parcelle d’amadou enflammée s’échappa et s’engouffra dans la paille sèche. Ce qui n’était qu’une étincelle devint en quelques minutes un brasier incontrôlable qui dévora la gerbière de froment appartenant au sieur Bruno Croux, fermier de M. Dallen.

Le poids d’une récolte perdue

L’incendie ne détruisit pas seulement des céréales, il anéantit le fruit d’une année de labeur et d’investissement. Pour un fermier comme Bruno Croux, la gerbière représentait le capital nécessaire pour payer le bail à son propriétaire et assurer la subsistance de la métairie. Dans l’économie rurale du XIXe siècle, le froment était la culture noble par excellence, celle qui se vendait au marché et permettait d’acquitter les dettes. La perte fut totale car, malgré les efforts probables du voisinage, le feu progressa avec une rapidité foudroyante, alimenté par le vent et la siccité extrême des végétaux en cette période de moissons.

L’aveu et la responsabilité sociale

La dimension humaine du drame se cristallisa dans la réaction du berger. Ce dernier garda d’abord le silence, sans doute écrasé par la gravité de sa maladresse et la peur des conséquences juridiques ou financières. Ce ne fut que lorsque les soupçons de la communauté se portèrent sur lui qu’il choisit de confesser sa faute. Cet aveu tardif souligne la pression sociale exercée au sein du terroir de Pertuis, où chacun se surveillait. Dans une société où le risque d’incendie criminel était une hantise permanente, prouver l’imprudence plutôt que la malveillance était, pour le berger, une manière de limiter l’opprobre, même si sa négligence condamnait son employeur à une perte sèche.

La Provence et le fléau du feu estival

Cet événement s’inscrit dans une problématique structurelle de la Provence méditerranéenne. Au XIXe siècle, les autorités préfectorales multipliaient les arrêtés pour réglementer l’usage du feu, interdisant de fumer à proximité des granges ou de brûler des chaumes durant les mois critiques. La vulnérabilité des gerbières, souvent stockées en plein air avant le dépiquage, transformait la moindre pipe mal éteinte en une catastrophe économique. Le cas de Pertuis illustre parfaitement cette fragilité d’une agriculture de subsistance face aux éléments et à la fragilité des comportements individuels, rappelant que l’histoire de la région est autant faite de grandes dates que de ces drames minuscules et dévastateurs.
  • Source : Le Mercure aptésien, 11 juillet 1841, p. 1.

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Réception d’une sage-femme (Paradou, 10 février 1745) https://www.geneprovence.com/reception-dune-sage-femme-paradou-10-fevrier-1745/ https://www.geneprovence.com/reception-dune-sage-femme-paradou-10-fevrier-1745/#respond Tue, 12 May 2026 09:56:14 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28220 La réception de Catherine Quenin en 1745 témoigne du contrôle rigoureux exercé par l’Église et la médecine sur les naissances en Provence. À cette époque, la sage-femme occupe une fonction…

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La réception de Catherine Quenin en 1745 témoigne du contrôle rigoureux exercé par l’Église et la médecine sur les naissances en Provence. À cette époque, la sage-femme occupe une fonction charnière, validée par un docteur de Montpellier pour sa compétence technique et par le curé pour sa moralité. Sa capacité à administrer le baptême d’urgence est cruciale afin d’éviter que l’enfant ne meure sans sacrement, ce qui le condamnerait aux limbes. L’interdiction de faire dormir le nourrisson dans le lit parental vise spécifiquement à prévenir les cas fréquents d’étouffement accidentel durant le sommeil.

« L’an mil sept cent quarante-cinq et le dixième jour du mois de février.
Vu le certificat de Me Manson, docteur en médecine de la faculté de Montpellier du susdit jour, par lequel il constate que Catherine Quenin, veuve de Jacques Arnaud, native et habitante de cette paroisse, âgée d’environ cinquante ans, peut sans aucun risque exercer le ministère de sage-femme, l’ayant trouvée capable tant par sa théorie que par sa grande expérience depuis plus de trente ans.
Nous, soussigné, bachelier en théologie, curé perpétuel de la paroisse de Saint-Martin-de-Castillon, terroir des Baux, diocèse d’Arles, bien assuré de la religion, vie irréprochable et bonnes mœurs de ladite Catherine Quenin, après l’avoir examinée sur la manière de bien administrer le baptême, dont nous l’avons trouvée parfaitement instruite, et lui avoir fait prêter le serment requis, lui avons permis et permettons d’exercer le ministère de sage-femme dans toute l’étendue de cette paroisse, lui recommandant très expressément de ne baptiser les enfants que dans une pressante nécessité, et toujours, s’il se peut, en présence de deux personnes ; d’avertir les parents de faire recevoir le sacrement de baptême à leurs enfants dans les trois jours après leur naissance pour le plus tard ; de ne point les mettre dans leur lit avant qu’ils aient un an accompli, et de s’acquitter elle-même de sa charge avec toute la fidélité, la diligence et la prudence possibles, ce qu’elle nous a juré et promis.
Moyennant quoi, nous lui avons signé et expédié les présentes après les avoir couchées sur les registres de cette paroisse, à Saint-Martin, l’an et jour que dessus. »
[Laugier, curé]
  • Sources : Registre paroissial de Saint-Martin-de-Castillon, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 217.

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Le grenier de la fatalité (Eyguières, 13 août 1881) https://www.geneprovence.com/le-grenier-de-la-fatalite-eyguieres-13-aout-1881/ https://www.geneprovence.com/le-grenier-de-la-fatalite-eyguieres-13-aout-1881/#respond Wed, 06 May 2026 13:11:51 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28161 C’est un fait d’une tristesse implacable qui frappa la petite commune d’Eyguières (Bouches-du-Rhône), ce samedi 13 août 1881. La fatalité prit la forme d’un événement banal, un incendie accidentel, pour arracher la…

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C’est un fait d’une tristesse implacable qui frappa la petite commune d’Eyguières (Bouches-du-Rhône), ce samedi 13 août 1881. La fatalité prit la forme d’un événement banal, un incendie accidentel, pour arracher la vie à un vieil homme.
Le drame se déroula autour d’un grenier à fourrage dans la rue de la Treille. Pour une raison que l’on qualifia d’accidentelle, ce grenier, essentiel à la vie de la ferme, prit feu. Le nommé Jean-Joseph Corti, un homme âgé de 72 ans, se trouvait malheureusement sur les lieux.
Une fois les flammes éteintes, il fut retiré du feu. On peut imaginer les efforts des voisins et des proches qui luttèrent contre les flammes pour le sauver. On espérait qu’il survivrait à l’épreuve.
Hélas, les blessures et l’inhalation des fumées étaient trop graves pour cet homme âgé. Jean-Joseph Corti mourut deux heures seulement après qu’on l’eut arraché à l’incendie.
  • Sources : L’Homme de bronze, 21 août 1881, p. 4.
  • Registre d’état civil de la commune d’Eyguières, no 36, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 1584.

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Le mystère du portefeuille sauvé (Marseille, 28 juin 1868) https://www.geneprovence.com/le-mystere-du-portefeuille-sauve-marseille-28-juin-1868/ https://www.geneprovence.com/le-mystere-du-portefeuille-sauve-marseille-28-juin-1868/#respond Tue, 05 May 2026 16:18:49 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28132 Le chemin de Sainte-Marguerite, ce soir-là, fut le théâtre d’un petit drame dont le héros sortit vainqueur par la seule force de son esprit. L’embuscade Notre homme cheminait tranquillement lorsqu’il…

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Le chemin de Sainte-Marguerite, ce soir-là, fut le théâtre d’un petit drame dont le héros sortit vainqueur par la seule force de son esprit.

L’embuscade

Notre homme cheminait tranquillement lorsqu’il aperçut, dans le lointain, trois silhouettes aux allures peu rassurantes. Il comprit d’un coup d’œil que le guet-apens se préparait. Sans ralentir le pas, il agit : d’un geste discret, il ôta sa montre de son gousset, la glissa dans sa main droite, et saisit son porte-monnaie de la gauche. Puis, les bras ballants, les poings fermés, il continua d’avancer.
À cinq pas des bandits, le cri de « Halte ! » fendit le silence.

Le stratagème

Un pistolet sous le nez, notre homme déclara n’avoir pas le sou. Sa parole ne fut pas crue — cela allait de soi. Les trois compères le fouillèrent alors avec soin, retournant chaque poche. Lui se prêtait à l’opération avec une bonne grâce déconcertante, levant obligeamment les bras pour faciliter la besogne.
Le stratagème était d’une simplicité confondante : personne ne songea à regarder ses mains.
Les voleurs le laissèrent repartir bredouilles, persuadés de sa misère.

Le dénouement

Cent mètres plus loin, le courageux Marseillais eut le plaisir de remettre tranquillement sa montre à son gousset et sa bourse en poche. Ce soir-là, le flair et le sang-froid avaient eu raison de trois brigands armés.
  • Source : Le Petit Marseillais, 30 juin 1868, p. 2.

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Mort dans l’incendie d’un grenier à foin (Tarascon, 16 août 1747) https://www.geneprovence.com/mort-dans-lincendie-dun-grenier-a-foin-saint-etienne-du-gres-16-aout-1747/ https://www.geneprovence.com/mort-dans-lincendie-dun-grenier-a-foin-saint-etienne-du-gres-16-aout-1747/#respond Wed, 22 Apr 2026 22:15:26 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28058 La gestion des incendies dans les mas provençaux du XVIIIe siècle relève d’une lutte inégale contre la rapidité de combustion des fourrages stockés en hauteur. Le berger Jean Barville, par…

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La gestion des incendies dans les mas provençaux du XVIIIe siècle relève d’une lutte inégale contre la rapidité de combustion des fourrages stockés en hauteur. Le berger Jean Barville, par sa profession, logeait fréquemment dans ces greniers à foin pour rester au plus près des bêtes, une pratique habituelle chez les domestiques agricoles sans foyer fixe. L’asphyxie par les fumées précède généralement la carbonisation, expliquant pourquoi la victime fut surprise dans son sommeil sous les décombres fumants de l’exploitation Barrochin. L’inhumation immédiate, attestée par le curé Pillier, respecte les normes sanitaires strictes imposées par l’état du corps.

« L’an mil sept cent quarante-sept et le seize du mois d’août fut enterré dans le cimetière le nommé Jean Barville, berger, âgé de quarante-cinq ans environ qui se laissa surprendre au feu qu’on mit au grenier à foin du sieur Barrochin l’Aîné et fut trouvé presque tout brûlé sous les ruines,
Ainsi l’atteste moi, curé, avec les témoins soussignés. »
[Pillier, curé, Jean, Ode, Reynier]
  • Source : Registre paroissial de Tarascon, paroisse de Lansac, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 335.

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Le tragique destin de la Bessonne (Boulbon, 22 février 1681) https://www.geneprovence.com/le-tragique-destin-de-la-bessonne-boulbon-22-fevrier-1681/ https://www.geneprovence.com/le-tragique-destin-de-la-bessonne-boulbon-22-fevrier-1681/#respond Mon, 20 Apr 2026 20:05:40 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28041 L’acte de décès de Marguerite Chanarde en 1681 s’inscrit dans la topographie précise du terroir de Boulbon, marqué par l’axe de circulation majeur vers Tarascon. Le surnom « La Bessonne » indique…

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L’acte de décès de Marguerite Chanarde en 1681 s’inscrit dans la topographie précise du terroir de Boulbon, marqué par l’axe de circulation majeur vers Tarascon. Le surnom « La Bessonne » indique sa gémellité, une caractéristique physique souvent notée dans les registres paroissiaux provençaux de l’époque. Sa mort sur le chemin, consécutive à un accident domestique pour lequel elle avait déjà reçu l’absolution, suggère une complication médicale tardive, telle qu’une embolie ou une hémorragie interne. Cette fin hors des murs de sa maison souligne la nécessité pour les femmes du peuple de maintenir une activité extérieure malgré une condition physique dégradée.

« L’an que dessus [1681] et le vingt et deux du mois de février est décédée et le lendemain a été ensevelie dans le cimetière de ce lieu de Boulbon, Marguerite Chanarde, dite La Bessonne,
Laquelle on trouva morte le long du chemin de Tarascon, ayant quelques jours auparavant reçu par moi soussigné le sacrement de pénitence dans sa maison en suite d’un accident qui lui était arrivé,
Cuius anima in pace quiescat1. »
Note

« Dont l’âme repose en paix. »

  • Source : Registre paroissial de Boulbon, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, cote 203 E 221.

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