Faits divers Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/faits-divers/ 500 ans de faits divers en Provence Sun, 30 Aug 2026 15:43:05 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.0.4 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png Faits divers Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/faits-divers/ 32 32 L’audace malheureuse d’un teinturier (Raphèle [Arles], 4 septembre 1881) https://www.geneprovence.com/laudace-malheureuse-dun-teinturier-raphele-arles-4-septembre-1881/ https://www.geneprovence.com/laudace-malheureuse-dun-teinturier-raphele-arles-4-septembre-1881/#respond Sun, 30 Aug 2026 15:39:25 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=29099 La nuit du dimanche 4 au lundi 5 septembre 1881 fut agitée aux abords du hameau de Raphèle, appartenant à la commune d’Arles (Bouches-du-Rhône). Vers 2 heures et demie du…

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La nuit du dimanche 4 au lundi 5 septembre 1881 fut agitée aux abords du hameau de Raphèle, appartenant à la commune d’Arles (Bouches-du-Rhône). Vers 2 heures et demie du matin, Monsieur Bourges, garde-champêtre, présentait au bureau de police un individu nommé H.-A. A., surpris en flagrant délit de cambriolage. L’homme, un teinturier de 27 ans né à Avignon (Vaucluse) et établi à Arles, s’était attaqué à la demeure de Monsieur Félicien Lambert, maçon de son état.
L’aventure du jeune A. avait pourtant débuté sous des hospices plus tranquilles. Après avoir passé son dimanche après-midi à Raphèle, il s’était mis en route vers 10 heures du soir pour rejoindre Moulès. C’est en passant devant le mas Lambert, situé près du sentier de Moulès, que l’idée du crime germa dans son esprit. Il affirma plus tard avoir d’abord frappé à la porte pour demander son chemin. Le silence des occupants lui inspira soudain le dessein de s’introduire dans les lieux.
L’effraction fut laborieuse et bruyante. Armé d’un vieux couteau rouillé trouvé sur place, le malfaiteur tenta vainement de forcer l’espagnolette d’une fenêtre. N’y parvenant pas, il s’empara d’un marteau de maçon de quatre à cinq kilos qui gisait près d’un mur en construction. À coups redoublés, il entreprit alors d’arracher les gonds de la fenêtre.
Le fracas finit par attirer l’attention de deux jeunes gens qui se rendaient à Moulès. Si A. parvint une première fois à se dissimuler derrière un rideau pour les laisser passer, il eut l’imprudence de reprendre sa besogne trop tôt. Le bruit du marteau rappela ses témoins qui, cette fois, se lancèrent à sa poursuite et s’emparèrent de lui.
Le mobile de ce méfait semblait d’une banale nécessité. Issu d’une honnête famille de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône), le teinturier avoua qu’il lui manquait quarante francs pour régler un billet. Il ignorait sans doute que sa victime, Monsieur Lambert, portait sur lui une somme bien plus importante. Le matin même, à Arles, le maçon avait échangé publiquement dans un café trois à quatre cents francs contre des billets, une fortune qu’il avait gardée sur lui en rentrant à son mas.
  • Sources : L’Homme de bronze, 11 septembre 1881, p. 4.

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Le coup de froid d’août 1784 (La Mure-Argens, 10 août 1784) https://www.geneprovence.com/le-coup-de-froid-daout-1784-la-mure-argens-10-aout-1784/ https://www.geneprovence.com/le-coup-de-froid-daout-1784-la-mure-argens-10-aout-1784/#respond Sat, 29 Aug 2026 15:58:45 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=29090 Cette observation météorologique rédigée en août 1784 par le curé Périer témoigne des extrêmes climatiques qui ont frappé la Haute-Provence à la fin du XVIIIe siècle. La survenue d’une gelée…

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Cette observation météorologique rédigée en août 1784 par le curé Périer témoigne des extrêmes climatiques qui ont frappé la Haute-Provence à la fin du XVIIIe siècle. La survenue d’une gelée blanche au cœur de l’été, détruisant les cultures sensibles comme les haricots et les citrouilles dans le plan de La Mure et à Saint-André, constitue un phénomène d’inversion thermique saisissant. L’épisode s’inscrit dans un contexte mondial d’anomalies atmosphériques majeures, consécutives à l’éruption du volcan islandais Laki en 1783, qui avait engendré des perturbations thermiques violentes à travers toute l’Europe. Malgré cette sécheresse marquée et l’avancement des moissons de deux semaines, la rigueur de la terre sèche a paradoxalement préservé la qualité des céréales, garantissant un grain bien nourri.

« Cette année 1784, la nuit du 9 au 10 d’août, il a tellement fait froid que les haricots et citrouilliers ont été gelés dans tout le plan et à Saint-André ; j’ai vu moi-même de la gelée blanche dans mon jardin, et au pied de l’astre ; et le 24 de ce même mois, j’ai vu des citrouilles gelées dans le jardin de Saint-Roch, au-devant les Chaillan à Saint-André. La terre était très sèche et les chaleurs excessives. On a fait la moisson quinze jours plutôt que les autres années à cause de la sécheresse. La récolte a pourtant été bonne et le grain bien nourri. »
[Périer, curé]
  • Source : Registre paroissial de La Mure-Argens, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 1MI5/0308.

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Massacre par des brigands (Saint-Saturnin-lès-Apt, 31 juillet 1578) https://www.geneprovence.com/massacre-par-des-brigands-saint-saturnin-les-apt-31-juillet-1578/ https://www.geneprovence.com/massacre-par-des-brigands-saint-saturnin-les-apt-31-juillet-1578/#respond Tue, 25 Aug 2026 20:25:42 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=29066 Ce massacre perpétré à Saint-Saturnin-lès-Apt en juillet 1578 met en lumière la grande insécurité des grands axes routiers provençaux à la fin du XVIe siècle. En plein cœur des guerres…

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Ce massacre perpétré à Saint-Saturnin-lès-Apt en juillet 1578 met en lumière la grande insécurité des grands axes routiers provençaux à la fin du XVIe siècle. En plein cœur des guerres de Religion, les zones frontalières avec le Comtat Venaissin sont fréquemment écumées par des bandes armées et des brigands qui s’attaquent indistinctement aux voyageurs et aux travailleurs isolés. L’assassinat d’Anthoni Paret, d’Anthoni Lombard et d’Aiman Arnaud près de la bastide de Clémain illustre la vulnérabilité des populations rurales face à cette violence endémique. La mention par le curé de ces hommes tués « comme pauvres innocents » souligne la sidération de la communauté paroissiale devant cet acte de brigandage gratuit qui prive la paroisse de trois de ses membres le même jour.

« Du mois de juillet.
L’an que dessus et le dernier dudit mois, ont été ensevelis Anthoni Paret, Anthoni Lombard, Aiman Arnaud, lesquels sont été meurtris par les brigands auprès de la bastide dite de Clémain, sur le grand chemin venant du comté de Venise1, tués comme pauvres innocents. »

1. Comtat Venaissin.

  • Source : Registre paroissial de Saint-Saturnin-lès-Apt, Archives départementales de Vaucluse, AD84 1MIEC118.
  • Transcription avec l’aide de Stéphanie Dick et Sébastien Avy.

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L’attaque de Peyrolles : récit d’un drame oublié (Peyrolles-en-Provence, 12 septembre 1800) https://www.geneprovence.com/lattaque-de-peyrolles-recit-dun-drame-oublie-peyrolles-en-provence-12-septembre-1800/ https://www.geneprovence.com/lattaque-de-peyrolles-recit-dun-drame-oublie-peyrolles-en-provence-12-septembre-1800/#respond Fri, 21 Aug 2026 10:25:03 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=29029 En ce mois de septembre 1800, la Provence hésite encore entre les reliques de la Terreur et les promesses d’ordre du Consulat. Dans l’ombre des collines du Val de Durance,…

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En ce mois de septembre 1800, la Provence hésite encore entre les reliques de la Terreur et les promesses d’ordre du Consulat. Dans l’ombre des collines du Val de Durance, le brigandage politique fait rage. Le 25 fructidor an VIII, la terreur frappe aux portes de Peyrolles en pleine journée. Entre l’emphase sanglante des gazettes d’époque et la sécheresse poignante d’un registre d’état civil rédigé dans la panique, retour sur une tragédie provinciale.

L’écho des gazettes : la rumeur et le sang

Il faut imaginer la scène à travers les yeux des contemporains. En ce début d’automne, une dépêche rédigée depuis Marseille circule dans les cabinets de lecture et les feuilles publiques. On y dépeint une véritable horde : quatre-vingts hommes en armes, fondus sur le village de Peyrolles pour y semer le chaos.
Le tableau dressé par la presse est apocalyptique. On y parle d’une garnison terrassée, de caisses publiques pillées, de l’arbre de la liberté abattu dans un geste de défiance républicaine, et d’autorités locales jetées sur les chemins dans une fuite éperdue. Au milieu de ce tumulte, le journal égraine le bilan des cadavres : sept militaires fauchés sur la place ou à l’entrée du bourg, et le sort odieux réservé à la fille du commissaire du gouvernement, violée et exécutée dans la demeure paternelle.
L’émotion est telle que le préfet des Bouches-du-Rhône frappe la commune d’une amende collective, sanctionnant la « grande apathie » des habitants face aux assaillants, tout en tressant des louanges aux voisins de Meyrargues, accourus trop tard, le fusil à l’épaule.
  • L’identité et la filiation : L’acte confirme la filiation de la victime. Âgée de 23 ans et née à Jouques, Marie Ricard était la fille du commissaire Jean-Joseph Ricard et de feue Thérèse Ricard. Son nom et son âge, d’abord oubliés lors de la première rédaction, ont été rajoutés précipitamment dans la marge.
  • Le drame consigné : Si la presse mentionne explicitement le viol et l’assassinat subis par la jeune femme, le registre d’état civil emploie une pudeur administrative poignante : elle est déclarée « décédée d’une mort violente » dans l’habitation de son père, constatée après autopsie par le juge de paix du canton, le citoyen Catholici.

Le silence des registres : la vérité au bout de la plume

Pourtant, lorsque l’historien ou le généalogiste pousse la porte des archives départementales et délie les registres de l’an VIII (cote AD13 202 E 244), le vacarme de la presse s’éteint pour laisser place à une réalité plus sourde, plus intime.
Nulle trace, sur le papier de chiffon de la municipalité de Peyrolles, de l’hécatombe de soldats annoncée par les journaux. Les militaires tués lors des escarmouches n’appartenaient pas à la communauté ; leurs corps ont été pris en charge par les ambulances des troupes, leurs noms consignés dans les registres matricules ou oubliés dans un hôpital d’Aix. À moins que le chiffre de la presse n’ait cédé à cette surenchère dramatique si coutumière des temps de crise.
Au milieu de ce registre muet, une seule ombre s’incarne. Un acte unique, mais terrifiant par ce qu’il laisse deviner : celui de Marie Ricard.

L’acte de la terreur : l’écriture de la précipitation

L’acte dressé le jour même, le 25 fructidor à trois heures du soir, porte dans sa chair de papier les stigmates de la journée tragique :
  • Un timing révélateur : L’acte ayant été dressé et l’autopsie réalisée le 25 fructidor dès 15 h 00, l’assaut et le drame se sont déroulés quelques heures plus tôt, en pleine journée (durant la matinée ou le tout début de l’après-midi).
  • Un rédacteur incertain : Le texte s’ouvre au nom de l’adjoint Gaspard-Henri Bernard, mais la signature finale est celle de l’officier J. Marit. Le maire a fui, la municipalité est dispersée ; la plume hésite, se trompe, rature et surcharge dans le désordre d’une maison de commune désertée.
  • Le constat du drame : Il a fallu qu’un juge de paix, le citoyen Catholici, vienne procéder à l’autopsie du corps pour consigner cette formule pudique et terrible : « décédée d’une mort violente ». Le drame s’est joué là, entre les quatre murs de l’habitation du commissaire Jean-Joseph Ricard, où la jeune femme née à Jouques s’est éteinte.
  • Des témoins impuissantes : Pour valider la déclaration, l’administration désemparée ne trouve que deux voisines, Marie Sauveur et la veuve Figuière. Toutes deux déclarent ne savoir signer.

Du fait divers à l’histoire locale

Cette page d’archives nous rappelle avec force la vocation de la recherche historique locale : traverser la grande histoire, celle des décrets préfectoraux et de la propagande politique, pour restituer la mémoire des êtres effacés. Derrière les fracas du brigandage provençal sous le Consulat, reste le souvenir de Marie Ricard, vingt-trois ans, fauchée chez elle en plein jour au bord de la Durance.
  • Archives départementales des Bouches-du-Rhône, AD13 202 E 244.
  • La Clef du cabinet des souverains, 5 oct. 1800, p. 5.

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Une chute dans le puits (Gap, 9 décembre 1800) https://www.geneprovence.com/une-chute-dans-le-puits-gap-9-decembre-1800/ https://www.geneprovence.com/une-chute-dans-le-puits-gap-9-decembre-1800/#respond Tue, 11 Aug 2026 15:39:15 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=29008 La noyade tragique de Mathieu Dunat à Gap en frimaire an IX (décembre 1800) met en relief les dangers d’accidents nocturnes liés à l’alcoolisme et au manque de sécurisation des…

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La noyade tragique de Mathieu Dunat à Gap en frimaire an IX (décembre 1800) met en relief les dangers d’accidents nocturnes liés à l’alcoolisme et au manque de sécurisation des infrastructures publiques au début du XIXe siècle. La combinaison de l’état d’ivresse de la victime, du verglas hivernal et de la faible hauteur de la margelle du puits de la porte Garcine a provoqué une chute mortelle, entraînant un traumatisme crânien contre la maçonnerie puis une asphyxie par submersion rapide. Le rapport détaillé du commissaire Dourneau et l’examen médical du sieur Blanc, officier de santé, illustrent la formalisation des procédures de police judiciaire sous le Consulat : la reconstitution précise des faits et le constat des blessures visent à exclure formellement l’homicide et à confirmer le caractère purement accidentel du drame.

La porte Garcine, à Gap. XIXe s., auteur inconnu © Gallica/BnF.
« L’an IX de la République française, le 18 frimaire, je Jean-Pierre Dourneau, commissaire de police de la commune de Gap, soussigné, rapporte que le jour d’hier, vers les huit heures du soir, la nommée Magdeleine Dunat, fille de Mathieu, cultivateur habitant cette commune, vint chez moi éplorée, en me priant de vouloir bien me porter de suite près le puits de porte Garcine pour lui prêter secours afin d’en retirer Mathieu Dunat, son père, qui devait s’y être précipité.
Aussitôt, j’engageai le nommé Joseph Espia à descendre par le moyen d’une corde dans ledit puits, ce qu’il fit. Arrivé près de l’eau, et par le moyen d’une lanterne pour apercevoir un bonnet rouge et un chapeau qui flottaient sur ladite eau, mais lequel Joseph Espia criait qu’il ne voyait personne et demanda qu’on le retirât dudit puits. Il me parut dans cet intervalle voir un homme étendu au fond du puits, dont la face était tournée vers le sol. Aussitôt, j’invitai et engageai de nouveau ledit Joseph Espia à redescendre encore dans ledit puits, à quoi avec peine il s’exécuta. L’ayant muni d’un grappin, il découvrit un homme qui s’était noyé. Une partie des personnes qui étaient présentes firent leurs efforts de concert avec ledit Espia pour l’en retirer, à quoi ils parvinrent. Ayant placé près ledit puits le corps de cet homme, il fut reconnu par presque tous les assistants et par moi que c’était le nommé Mathieu Dunat, cultivateur habitant le terroir de cette commune, âgé d’environ soixante-cinq ans.
Ce qui obligea de requérir le sieur Étienne Blanc, officier de santé, d’examiner le corps. Ce qu’il a heureusement examiné et nous assura qu’il était mort. Qu’en outre, il portait sur la partie supérieure gauche du front une plaie transversale d’environ trois pouces, laquelle nous parut avoir été occasionnée par la chute dudit Dunat dans ledit puits, en heurtant avec la tête avant que d’aller à fond, contre les murs qui l’environnent. Ce qui persuada ledit sieur Blanc à croire que sa mort ne provenait que par l’effet de la suffocation qu’outre le temps d’éprouver pendant l’intervalle de plus d’une heure qu’il avait séjourné dans ledit puits.
Par mes renseignements que je me suis procurés pour savoir de quelle manière était survenu ce triste accident, j’ai appris que ledit Mathieu Dunat avait bu dans la journée dans deux différentes tavernes, dont le dernier lieu était chez la nommée Garnier, dite Fontaine. Que la paix et l’union avaient régné avec son frère et, qu’étant tous deux gris de vin et se retirant ensemble, mais s’éloignant de plus de dix pas l’un de l’autre, aussi que le font deux ivrognes, ledit Mathieu Dunat, passant près dudit puits, glissa sur la glace qui l’environne. Et comme le treuil qui soutient le seau n’a que deux pieds de hauteur, cela fit qu’il a pu tomber facilement dans ledit puits, qui pour lors était sans couverture. Tout quoi, je certifie véritable, ensemble les soussignés. »
[Blanc, officier de santé, Barrachomadel, Dourneau, commissaire]
  • Source : Archives départementales des Hautes-Alpes (AD05), série 2 E, registre d’état civil de Gap (an IX), cote 2 E 65/21/1, pièce isolée (feuille volante).

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Voleur, insolent et beau joueur : le cas du jeune Ripert (Marseille, 3 juillet 1868) https://www.geneprovence.com/voleur-insolent-et-beau-joueur-le-cas-du-jeune-ripert-marseille-3-juillet-1868/ https://www.geneprovence.com/voleur-insolent-et-beau-joueur-le-cas-du-jeune-ripert-marseille-3-juillet-1868/#respond Mon, 27 Jul 2026 10:05:58 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28892 Lors de son audience du 3 juillet 1868, le tribunal correctionnel de Marseille, sous la présidence de Charles de Mougins-Roquefort, eut à juger le cas d’un prévenu du nom de…

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Lors de son audience du 3 juillet 1868, le tribunal correctionnel de Marseille, sous la présidence de Charles de Mougins-Roquefort, eut à juger le cas d’un prévenu du nom de Ripert. C’était un jeune homme d’environ 20 ans et vêtu d’un costume léger qui se composait d’une chemise bleue et d’un pantalon. Il dégageait l’air résolu d’un homme qui était habitué aux actions dangereuses, selon l’impression personnelle du chroniqueur.
Au cours de l’audience, il s’écria soudain avec énergie :
« M. le Président, les autres que l’on dit mes complices, sont innocents, moi seul ai commis le vol. »
Les faits reprochés étaient clairs. Ripert avait frauduleusement soustrait du linge pour une valeur d’environ cent francs dans un lavoir situé du côté de la villa Paradis. Ils étaient trois à l’origine, mais ses deux complices parvinrent à se dérober aux recherches minutieuses de la police. Ripert fut donc le seul à être pris et à devoir répondre des charges de la prévention.
La blanchisseuse volée vint déposer à la barre. Elle déclara que Ripert était allé la trouver en personne et qu’il lui avait demandé une réparation d’honneur tout en se montrant menaçant à son égard.
Le tribunal déclara le prévenu coupable et condamna le nommé Ripert à trois ans de prison.
Cette lourde peine ne sembla pas faire une grande impression sur le condamné. Ce dernier salua le tribunal, le sourire sur les lèvres, avant que les gendarmes ne l’entraînent hors de la salle.
  • Source : Le Petit Marseillais, 6 juillet 1868, p. 2.

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Tombé d’une échelle (Boulbon, 28 juillet 1681) https://www.geneprovence.com/tombe-dune-echelle-boulbon-28-juillet-1681/ https://www.geneprovence.com/tombe-dune-echelle-boulbon-28-juillet-1681/#respond Mon, 20 Jul 2026 20:35:30 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28862 La mort accidentelle de ce travailleur à Boulbon en juillet 1681 met en relief la situation de vulnérabilité des ouvriers saisonniers et des artisans itinérants sous le règne de Louis…

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La mort accidentelle de ce travailleur à Boulbon en juillet 1681 met en relief la situation de vulnérabilité des ouvriers saisonniers et des artisans itinérants sous le règne de Louis XIV. La chute mortelle depuis une échelle suggère un traumatisme crânien sévère ou une rupture des vertèbres cervicales, des lésions fréquemment fatales en milieu de travail agricole ou de bâtiment. L’incapacité du vicaire à consigner le patronyme complet de ce trentenaire, désigné par son seul prénom et son origine géographique présumée, illustre l’anonymat relatif qui entourait ces migrants intérieurs venus du lointain de la principauté d’Orange. Malgré cette identité lacunaire, la prompte administration des derniers sacrements et son inhumation dans le cimetière Saint-Marcellin garantissent l’intégration spirituelle et la dignité religieuse terminale de cet étranger au sein de la communauté paroissiale.

« L’an que dessus [1681] et le vint et huit du mois de juillet, a été enseveli un homme étranger qui se tua en tombant d’une échelle, qu’on dit être de la ville d’Orange, et qui s’appelait Charles, le surnom duquel on ignore qui.
Après avoir reçu les sacrements par moi soussigné vicaire, a été enseveli au cimetière Saint-Marcellin, âgé d’environ trente et cinq ans, cujus anima in pace quiescat1. Présent. »

1. « Dont l’âme repose en paix. »

  • Source : Registre paroissial de Boulbon, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, cote 203 E 221.

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Le drame de la mine des Raynauds (Trets, 15 avril 1840) https://www.geneprovence.com/le-drame-de-la-mine-des-raynauds-trets-15-avril-1840/ https://www.geneprovence.com/le-drame-de-la-mine-des-raynauds-trets-15-avril-1840/#respond Sat, 18 Jul 2026 20:04:54 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28846 Le mercredi 15 avril 1840, vers 9 heures du matin, une catastrophe subite frappa les mineurs du puits des Raynauds, une concession minière située sur le territoire de Trets (Bouches-du-Rhône).…

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Le mercredi 15 avril 1840, vers 9 heures du matin, une catastrophe subite frappa les mineurs du puits des Raynauds, une concession minière située sur le territoire de Trets (Bouches-du-Rhône). Les ouvriers venaient à peine de commencer leur journée de labeur lorsque l’impensable se produisit au fond des galeries.

Une rupture de roche et l’invasion du gaz mortel

Alors que trois mineurs s’activaient dans une taille — une chambre souterraine d’où l’on extrayait le charbon —, la paroi rocheuse céda brusquement sous la pression invisible des eaux accumulées derrière elle. Personne ne soupçonnait la présence de cette nappe résiduelle, qui stagnait là depuis plus de trente ans, emprisonnée dans d’anciens travaux abandonnés.
L’eau libérée n’arriva pas seule. Elle contenait une quantité massive et concentrée de gaz hydrogène sulfureux. La poche de gaz toxique envahit instantanément l’atmosphère de la taille inondée. Sur les trois ouvriers surpris par l’émanation, deux furent subitement asphyxiés par la vapeur hydrogénique, tandis que le troisième trouva le courage et la force de fuir in extremis vers la surface.

L’identité des deux mineurs emportés

Avertis immédiatement de la tragédie, le maire de Trets et le juge de paix se transportèrent sans délai sur les lieux pour constater le sinistre. Au fond, les secours ne purent que ramener les corps sans vie de deux enfants du pays, dont les décès furent déclarés officiellement par l’adjoint au maire, Toussaint Bruno Bouillon.
La première victime, Jean Baptiste Frégier, était un homme d’expérience âgé de cinquante-huit ans. Originaire de la commune voisine de Fuveau, il laissait derrière lui son épouse, Marie Virginie Prevost. La seconde victime représentait la terrible réalité du travail des enfants dans les mines du XIXe siècle : Jean Baptiste François Aimé Michel, un jeune ouvrier mineur qui n’avait que quatorze ans. Il périt non loin de la maison de ses parents, Jean Baptiste François Michel et Marie Anne Savournin.
Deux autres mineurs de Trets, Jean Baptiste Mouche et Jean Baptiste Cheilan, se présentèrent l’après-midi même à la mairie pour déclarer la perte de leurs compagnons de misère, signant ainsi l’une des pages les plus sombres de l’histoire ouvrière locale.
  • Sources : Le Mémorial d’Aix, 18 avril 1840, page 3.
  • Archives départementales des Bouches-du-Rhône, état civil de Trets, décès de 1840, actes n° 33 et 34, cote 202 E 596.

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Un déluge de glace (Vinon-sur-Verdon, 27 mai 1895) https://www.geneprovence.com/un-deluge-de-glace-vinon-sur-verdon-27-mai-1895/ https://www.geneprovence.com/un-deluge-de-glace-vinon-sur-verdon-27-mai-1895/#respond Fri, 17 Jul 2026 20:49:14 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28838 Le lundi 27 mai 1895, aux environs de 2 heures de l’après-midi, le ciel de Vinon s’obscurcit soudainement pour laisser place à un orage d’une violence inouïe. Durant plus de…

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Le lundi 27 mai 1895, aux environs de 2 heures de l’après-midi, le ciel de Vinon s’obscurcit soudainement pour laisser place à un orage d’une violence inouïe. Durant plus de trente minutes, une chute de grêle ininterrompue, parfois mêlée de pluie, s’abattit sur le territoire dans un fracas de tonnerre incessant.
Le spectacle que découvrirent les habitants après la tempête fut véritablement désolant, et celui de la rive droite du Verdon fut d’ailleurs le plus sinistre. Un manteau de glace, épais de dix à vingt centimètres, recouvrait le sol tel un linceul funèbre s’étendant sur plusieurs kilomètres de large.
Les dégâts agricoles furent considérables et plongèrent les cultivateurs dans la détresse. Les vignes furent hachées menu, tandis que les fruits de toutes sortes jonchaient le sol, ensevelis sous les feuilles arrachées aux arbres. Les blés et les céréales furent lourdement touchés, et les récoltes de haricots, de plantes légumineuses purement et simplement anéanties.
Les dégâts matériels furent donc lourds, mais on ne déplora heureusement aucune victime. La frayeur fut néanmoins immense. Des bûcherons surpris en forêt crurent leur dernière heure arrivée. Les grêlons frappaient avec une telle force qu’ils criblèrent les tentes qui leur servaient d’abri. D’autres personnes, qui regagnaient le village en hâte, arrivèrent avec le visage et la tête marqués par de nombreuses bosses. De mémoire d’homme, jamais Vinon n’avait connu un tel déluge.
  • Source : La République du Var, 30 mai 1895, p. 3.

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Requiem pour un voyageur (Malemort-du-Comtat, 15 avril 1654) https://www.geneprovence.com/requiem-pour-un-voyageur-malemort-du-comtat-15-avril-1654/ https://www.geneprovence.com/requiem-pour-un-voyageur-malemort-du-comtat-15-avril-1654/#respond Tue, 14 Jul 2026 13:37:49 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28798 La mort de ce mendiant roux à l’hôpital de Malemort-du-Comtat en avril 1654 illustre la précarité des populations errantes et l’importance des structures charitables sous l’Ancien Régime. Le qualificatif physique…

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La mort de ce mendiant roux à l’hôpital de Malemort-du-Comtat en avril 1654 illustre la précarité des populations errantes et l’importance des structures charitables sous l’Ancien Régime. Le qualificatif physique de « couleur rousse » et l’origine géographique supposée — la Lorraine, alors ravagée par les retombées de la guerre de Trente Ans — soulignent l’altérité de ce migrant démuni, identifié par ses seuls traits apparents à défaut de nom. Sur le plan médical, son décès à l’hôpital, institution alors davantage vouée à l’accueil des pauvres et des mourants qu’aux soins curatifs, témoigne d’un épuisement physique extrême ou d’une pathologie infectieuse liée à l’errance. L’acte rédigé en latin par le curé garantit son intégration spirituelle ultime au sein de la communauté des fidèles par son inhumation dans le cimetière paroissial Sainte-Anne.

« Anno dnj 1654. et die 15. mensis Aprilis Mendius quidam russei coloris annorum 40. aut circiter, Provinciae Lhorrain, ut ajunt, animam deo reddidit in Communione sanctae matris Ecclesiae in hospitali loci Malemort dioecesis Carpen. cujus corpus sepultum est in cemeterio D. Annae ejusdem loci; unde ego nunc probatus v[enerabilis] parochus subscripsi. »
[Douhet, parochus]

Traduction

« L’an du Seigneur 1654 et le 15 du mois d’avril, un certain mendiant, de couleur rousse, âgé de 40 ans ou environ, de la province de Lorraine (selon ce que l’on dit), a rendu son âme à Dieu en communion avec la sainte mère Église, à l’hôpital du lieu de Malemort, diocèse de Carpentras. Son corps a été enseveli dans le cimetière Sainte-Anne du même lieu ; ce pourquoi moi, maintenant approuvé, V. Curé, ai soussigné. »
[Douhet, prêtre]
  • Sources : Archives départementales de Vaucluse (AD84), registres paroissiaux de Malemort-du-Comtat, cote 1 MI 84/0137, folio 34.

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