GénéProvence http://www.geneprovence.com/ 500 ans de faits divers en Provence Mon, 31 Aug 2026 07:30:00 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.0.4 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png GénéProvence http://www.geneprovence.com/ 32 32 L’audace malheureuse d’un teinturier (Raphèle [Arles], 4 septembre 1881) https://www.geneprovence.com/laudace-malheureuse-dun-teinturier-raphele-arles-4-septembre-1881/ https://www.geneprovence.com/laudace-malheureuse-dun-teinturier-raphele-arles-4-septembre-1881/#respond Sun, 30 Aug 2026 15:39:25 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=29099 La nuit du dimanche 4 au lundi 5 septembre 1881 fut agitée aux abords du hameau de Raphèle, appartenant à la commune d’Arles (Bouches-du-Rhône). Vers 2 heures et demie du…

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La nuit du dimanche 4 au lundi 5 septembre 1881 fut agitée aux abords du hameau de Raphèle, appartenant à la commune d’Arles (Bouches-du-Rhône). Vers 2 heures et demie du matin, Monsieur Bourges, garde-champêtre, présentait au bureau de police un individu nommé Agricol Hilarion Audibert, surpris en flagrant délit de cambriolage. L’homme, un teinturier de 27 ans né à Avignon (Vaucluse) et établi à Arles, s’était attaqué à la demeure de Monsieur Félicien Lambert, maçon de son état.
L’aventure du jeune Audibert avait pourtant débuté sous des hospices plus tranquilles. Après avoir passé son dimanche après-midi à Raphèle, il s’était mis en route vers 10 heures du soir pour rejoindre Moulès. C’est en passant devant le mas Lambert, situé près du sentier de Moulès, que l’idée du crime germa dans son esprit. Il affirma plus tard avoir d’abord frappé à la porte pour demander son chemin. Le silence des occupants lui inspira soudain le dessein de s’introduire dans les lieux.
L’effraction fut laborieuse et bruyante. Armé d’un vieux couteau rouillé trouvé sur place, le malfaiteur tenta vainement de forcer l’espagnolette d’une fenêtre. N’y parvenant pas, il s’empara d’un marteau de maçon de quatre à cinq kilos qui gisait près d’un mur en construction. À coups redoublés, il entreprit alors d’arracher les gonds de la fenêtre.
Le fracas finit par attirer l’attention de deux jeunes gens qui se rendaient à Moulès. Si Audibert parvint une première fois à se dissimuler derrière un rideau pour les laisser passer, il eut l’imprudence de reprendre sa besogne trop tôt. Le bruit du marteau rappela ses témoins qui, cette fois, se lancèrent à sa poursuite et s’emparèrent de lui.
Le mobile de ce méfait semblait d’une banale nécessité. Issu d’une honnête famille de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône), le teinturier avoua qu’il lui manquait quarante francs pour régler un billet. Il ignorait sans doute que sa victime, Monsieur Lambert, portait sur lui une somme bien plus importante. Le matin même, à Arles, le maçon avait échangé publiquement dans un café trois à quatre cents francs contre des billets, une fortune qu’il avait gardée sur lui en rentrant à son mas.
Quelques jours plus tard, le juge décida de libérer Audibert, innocenté de l’accusation de tentative d’effraction.
  • Sources : L’Homme de bronze, 11 septembre 1881, p. 4 ; ibid., 18 septembre 1881, p. 4.

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Le coup de froid d’août 1784 (La Mure-Argens, 10 août 1784) https://www.geneprovence.com/le-coup-de-froid-daout-1784-la-mure-argens-10-aout-1784/ https://www.geneprovence.com/le-coup-de-froid-daout-1784-la-mure-argens-10-aout-1784/#respond Sat, 29 Aug 2026 15:58:45 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=29090 Cette observation météorologique rédigée en août 1784 par le curé Périer témoigne des extrêmes climatiques qui ont frappé la Haute-Provence à la fin du XVIIIe siècle. La survenue d’une gelée…

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Cette observation météorologique rédigée en août 1784 par le curé Périer témoigne des extrêmes climatiques qui ont frappé la Haute-Provence à la fin du XVIIIe siècle. La survenue d’une gelée blanche au cœur de l’été, détruisant les cultures sensibles comme les haricots et les citrouilles dans le plan de La Mure et à Saint-André, constitue un phénomène d’inversion thermique saisissant. L’épisode s’inscrit dans un contexte mondial d’anomalies atmosphériques majeures, consécutives à l’éruption du volcan islandais Laki en 1783, qui avait engendré des perturbations thermiques violentes à travers toute l’Europe. Malgré cette sécheresse marquée et l’avancement des moissons de deux semaines, la rigueur de la terre sèche a paradoxalement préservé la qualité des céréales, garantissant un grain bien nourri.

« Cette année 1784, la nuit du 9 au 10 d’août, il a tellement fait froid que les haricots et citrouilliers ont été gelés dans tout le plan et à Saint-André ; j’ai vu moi-même de la gelée blanche dans mon jardin, et au pied de l’astre ; et le 24 de ce même mois, j’ai vu des citrouilles gelées dans le jardin de Saint-Roch, au-devant les Chaillan à Saint-André. La terre était très sèche et les chaleurs excessives. On a fait la moisson quinze jours plutôt que les autres années à cause de la sécheresse. La récolte a pourtant été bonne et le grain bien nourri. »
[Périer, curé]
  • Source : Registre paroissial de La Mure-Argens, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 1MI5/0308.

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Massacre par des brigands (Saint-Saturnin-lès-Apt, 31 juillet 1578) https://www.geneprovence.com/massacre-par-des-brigands-saint-saturnin-les-apt-31-juillet-1578/ https://www.geneprovence.com/massacre-par-des-brigands-saint-saturnin-les-apt-31-juillet-1578/#respond Tue, 25 Aug 2026 20:25:42 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=29066 Ce massacre perpétré à Saint-Saturnin-lès-Apt en juillet 1578 met en lumière la grande insécurité des grands axes routiers provençaux à la fin du XVIe siècle. En plein cœur des guerres…

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Ce massacre perpétré à Saint-Saturnin-lès-Apt en juillet 1578 met en lumière la grande insécurité des grands axes routiers provençaux à la fin du XVIe siècle. En plein cœur des guerres de Religion, les zones frontalières avec le Comtat Venaissin sont fréquemment écumées par des bandes armées et des brigands qui s’attaquent indistinctement aux voyageurs et aux travailleurs isolés. L’assassinat d’Anthoni Paret, d’Anthoni Lombard et d’Aiman Arnaud près de la bastide de Clémain illustre la vulnérabilité des populations rurales face à cette violence endémique. La mention par le curé de ces hommes tués « comme pauvres innocents » souligne la sidération de la communauté paroissiale devant cet acte de brigandage gratuit qui prive la paroisse de trois de ses membres le même jour.

« Du mois de juillet.
L’an que dessus et le dernier dudit mois, ont été ensevelis Anthoni Paret, Anthoni Lombard, Aiman Arnaud, lesquels sont été meurtris par les brigands auprès de la bastide dite de Clémain, sur le grand chemin venant du comté de Venise1, tués comme pauvres innocents. »

1. Comtat Venaissin.

  • Source : Registre paroissial de Saint-Saturnin-lès-Apt, Archives départementales de Vaucluse, AD84 1MIEC118.
  • Transcription avec l’aide de Stéphanie Dick et Sébastien Avy.

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L’attaque de Peyrolles : récit d’un drame oublié (Peyrolles-en-Provence, 12 septembre 1800) https://www.geneprovence.com/lattaque-de-peyrolles-recit-dun-drame-oublie-peyrolles-en-provence-12-septembre-1800/ https://www.geneprovence.com/lattaque-de-peyrolles-recit-dun-drame-oublie-peyrolles-en-provence-12-septembre-1800/#respond Fri, 21 Aug 2026 10:25:03 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=29029 En ce mois de septembre 1800, la Provence hésite encore entre les reliques de la Terreur et les promesses d’ordre du Consulat. Dans l’ombre des collines du Val de Durance,…

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En ce mois de septembre 1800, la Provence hésite encore entre les reliques de la Terreur et les promesses d’ordre du Consulat. Dans l’ombre des collines du Val de Durance, le brigandage politique fait rage. Le 25 fructidor an VIII, la terreur frappe aux portes de Peyrolles en pleine journée. Entre l’emphase sanglante des gazettes d’époque et la sécheresse poignante d’un registre d’état civil rédigé dans la panique, retour sur une tragédie provinciale.

L’écho des gazettes : la rumeur et le sang

Il faut imaginer la scène à travers les yeux des contemporains. En ce début d’automne, une dépêche rédigée depuis Marseille circule dans les cabinets de lecture et les feuilles publiques. On y dépeint une véritable horde : quatre-vingts hommes en armes, fondus sur le village de Peyrolles pour y semer le chaos.
Le tableau dressé par la presse est apocalyptique. On y parle d’une garnison terrassée, de caisses publiques pillées, de l’arbre de la liberté abattu dans un geste de défiance républicaine, et d’autorités locales jetées sur les chemins dans une fuite éperdue. Au milieu de ce tumulte, le journal égraine le bilan des cadavres : sept militaires fauchés sur la place ou à l’entrée du bourg, et le sort odieux réservé à la fille du commissaire du gouvernement, violée et exécutée dans la demeure paternelle.
L’émotion est telle que le préfet des Bouches-du-Rhône frappe la commune d’une amende collective, sanctionnant la « grande apathie » des habitants face aux assaillants, tout en tressant des louanges aux voisins de Meyrargues, accourus trop tard, le fusil à l’épaule.
  • L’identité et la filiation : L’acte confirme la filiation de la victime. Âgée de 23 ans et née à Jouques, Marie Ricard était la fille du commissaire Jean-Joseph Ricard et de feue Thérèse Ricard. Son nom et son âge, d’abord oubliés lors de la première rédaction, ont été rajoutés précipitamment dans la marge.
  • Le drame consigné : Si la presse mentionne explicitement le viol et l’assassinat subis par la jeune femme, le registre d’état civil emploie une pudeur administrative poignante : elle est déclarée « décédée d’une mort violente » dans l’habitation de son père, constatée après autopsie par le juge de paix du canton, le citoyen Catholici.

Le silence des registres : la vérité au bout de la plume

Pourtant, lorsque l’historien ou le généalogiste pousse la porte des archives départementales et délie les registres de l’an VIII (cote AD13 202 E 244), le vacarme de la presse s’éteint pour laisser place à une réalité plus sourde, plus intime.
Nulle trace, sur le papier de chiffon de la municipalité de Peyrolles, de l’hécatombe de soldats annoncée par les journaux. Les militaires tués lors des escarmouches n’appartenaient pas à la communauté ; leurs corps ont été pris en charge par les ambulances des troupes, leurs noms consignés dans les registres matricules ou oubliés dans un hôpital d’Aix. À moins que le chiffre de la presse n’ait cédé à cette surenchère dramatique si coutumière des temps de crise.
Au milieu de ce registre muet, une seule ombre s’incarne. Un acte unique, mais terrifiant par ce qu’il laisse deviner : celui de Marie Ricard.

L’acte de la terreur : l’écriture de la précipitation

L’acte dressé le jour même, le 25 fructidor à trois heures du soir, porte dans sa chair de papier les stigmates de la journée tragique :
  • Un timing révélateur : L’acte ayant été dressé et l’autopsie réalisée le 25 fructidor dès 15 h 00, l’assaut et le drame se sont déroulés quelques heures plus tôt, en pleine journée (durant la matinée ou le tout début de l’après-midi).
  • Un rédacteur incertain : Le texte s’ouvre au nom de l’adjoint Gaspard-Henri Bernard, mais la signature finale est celle de l’officier J. Marit. Le maire a fui, la municipalité est dispersée ; la plume hésite, se trompe, rature et surcharge dans le désordre d’une maison de commune désertée.
  • Le constat du drame : Il a fallu qu’un juge de paix, le citoyen Catholici, vienne procéder à l’autopsie du corps pour consigner cette formule pudique et terrible : « décédée d’une mort violente ». Le drame s’est joué là, entre les quatre murs de l’habitation du commissaire Jean-Joseph Ricard, où la jeune femme née à Jouques s’est éteinte.
  • Des témoins impuissantes : Pour valider la déclaration, l’administration désemparée ne trouve que deux voisines, Marie Sauveur et la veuve Figuière. Toutes deux déclarent ne savoir signer.

Du fait divers à l’histoire locale

Cette page d’archives nous rappelle avec force la vocation de la recherche historique locale : traverser la grande histoire, celle des décrets préfectoraux et de la propagande politique, pour restituer la mémoire des êtres effacés. Derrière les fracas du brigandage provençal sous le Consulat, reste le souvenir de Marie Ricard, vingt-trois ans, fauchée chez elle en plein jour au bord de la Durance.
  • Archives départementales des Bouches-du-Rhône, AD13 202 E 244.
  • La Clef du cabinet des souverains, 5 oct. 1800, p. 5.

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Une chute dans le puits (Gap, 9 décembre 1800) https://www.geneprovence.com/une-chute-dans-le-puits-gap-9-decembre-1800/ https://www.geneprovence.com/une-chute-dans-le-puits-gap-9-decembre-1800/#respond Tue, 11 Aug 2026 15:39:15 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=29008 La noyade tragique de Mathieu Dunat à Gap en frimaire an IX (décembre 1800) met en relief les dangers d’accidents nocturnes liés à l’alcoolisme et au manque de sécurisation des…

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La noyade tragique de Mathieu Dunat à Gap en frimaire an IX (décembre 1800) met en relief les dangers d’accidents nocturnes liés à l’alcoolisme et au manque de sécurisation des infrastructures publiques au début du XIXe siècle. La combinaison de l’état d’ivresse de la victime, du verglas hivernal et de la faible hauteur de la margelle du puits de la porte Garcine a provoqué une chute mortelle, entraînant un traumatisme crânien contre la maçonnerie puis une asphyxie par submersion rapide. Le rapport détaillé du commissaire Dourneau et l’examen médical du sieur Blanc, officier de santé, illustrent la formalisation des procédures de police judiciaire sous le Consulat : la reconstitution précise des faits et le constat des blessures visent à exclure formellement l’homicide et à confirmer le caractère purement accidentel du drame.

La porte Garcine, à Gap. XIXe s., auteur inconnu © Gallica/BnF.
« L’an IX de la République française, le 18 frimaire, je Jean-Pierre Dourneau, commissaire de police de la commune de Gap, soussigné, rapporte que le jour d’hier, vers les huit heures du soir, la nommée Magdeleine Dunat, fille de Mathieu, cultivateur habitant cette commune, vint chez moi éplorée, en me priant de vouloir bien me porter de suite près le puits de porte Garcine pour lui prêter secours afin d’en retirer Mathieu Dunat, son père, qui devait s’y être précipité.
Aussitôt, j’engageai le nommé Joseph Espia à descendre par le moyen d’une corde dans ledit puits, ce qu’il fit. Arrivé près de l’eau, et par le moyen d’une lanterne pour apercevoir un bonnet rouge et un chapeau qui flottaient sur ladite eau, mais lequel Joseph Espia criait qu’il ne voyait personne et demanda qu’on le retirât dudit puits. Il me parut dans cet intervalle voir un homme étendu au fond du puits, dont la face était tournée vers le sol. Aussitôt, j’invitai et engageai de nouveau ledit Joseph Espia à redescendre encore dans ledit puits, à quoi avec peine il s’exécuta. L’ayant muni d’un grappin, il découvrit un homme qui s’était noyé. Une partie des personnes qui étaient présentes firent leurs efforts de concert avec ledit Espia pour l’en retirer, à quoi ils parvinrent. Ayant placé près ledit puits le corps de cet homme, il fut reconnu par presque tous les assistants et par moi que c’était le nommé Mathieu Dunat, cultivateur habitant le terroir de cette commune, âgé d’environ soixante-cinq ans.
Ce qui obligea de requérir le sieur Étienne Blanc, officier de santé, d’examiner le corps. Ce qu’il a heureusement examiné et nous assura qu’il était mort. Qu’en outre, il portait sur la partie supérieure gauche du front une plaie transversale d’environ trois pouces, laquelle nous parut avoir été occasionnée par la chute dudit Dunat dans ledit puits, en heurtant avec la tête avant que d’aller à fond, contre les murs qui l’environnent. Ce qui persuada ledit sieur Blanc à croire que sa mort ne provenait que par l’effet de la suffocation qu’outre le temps d’éprouver pendant l’intervalle de plus d’une heure qu’il avait séjourné dans ledit puits.
Par mes renseignements que je me suis procurés pour savoir de quelle manière était survenu ce triste accident, j’ai appris que ledit Mathieu Dunat avait bu dans la journée dans deux différentes tavernes, dont le dernier lieu était chez la nommée Garnier, dite Fontaine. Que la paix et l’union avaient régné avec son frère et, qu’étant tous deux gris de vin et se retirant ensemble, mais s’éloignant de plus de dix pas l’un de l’autre, aussi que le font deux ivrognes, ledit Mathieu Dunat, passant près dudit puits, glissa sur la glace qui l’environne. Et comme le treuil qui soutient le seau n’a que deux pieds de hauteur, cela fit qu’il a pu tomber facilement dans ledit puits, qui pour lors était sans couverture. Tout quoi, je certifie véritable, ensemble les soussignés. »
[Blanc, officier de santé, Barrachomadel, Dourneau, commissaire]
  • Source : Archives départementales des Hautes-Alpes (AD05), série 2 E, registre d’état civil de Gap (an IX), cote 2 E 65/21/1, pièce isolée (feuille volante).

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Un félibre en habit de scène : le portrait d’un artiste provençal, vers 1900 https://www.geneprovence.com/un-felibre-en-habit-de-scene-le-portrait-dun-artiste-provencal-vers-1900/ https://www.geneprovence.com/un-felibre-en-habit-de-scene-le-portrait-dun-artiste-provencal-vers-1900/#respond Fri, 07 Aug 2026 13:26:35 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28977 Le costume de cet homme évoque à première vue la mode masculine de la Restauration (1830-1840) : cheveux longs et ondulés, large cravate lâche, pantalon ample. Pourtant, plusieurs indices trahissent…

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Le costume de cet homme évoque à première vue la mode masculine de la Restauration (1830-1840) : cheveux longs et ondulés, large cravate lâche, pantalon ample. Pourtant, plusieurs indices trahissent une photographie bien plus tardive — la netteté du tirage, le décor peint en fond de studio, la pose théâtrale — et situent le cliché dans la Belle Époque, très probablement entre 1895 et 1910. Il s’agit sans doute d’un portrait de scène : comédien, chanteur, ou félibre costumé pour incarner un rôle de poète ou d’amoureux provençal. L’ensemble reprend le vêtement de fête de l’artisan ou du bourgeois provençal du XIXe siècle, mais avec l’exubérance propre aux planches.

La coiffure et la pilosité

Les cheveux longs, ondulés et dégageant le front rattachent l’homme à l’esthétique romantique, très prisée des artistes et des poètes tout au long du XIXe siècle. La fine moustache et le bouc taillé (la « bariche ») étaient à la mode sous le Second Empire et sont restés un attribut des artistes jusqu’à la fin du siècle. L’absence de chapeau — feutre à larges bords ou haut-de-forme, pourtant indissociables de la tenue de sortie provençale — confirme une pose d’intérieur ou de scène plutôt qu’un usage quotidien.

Le col et la cravate

Le col blanc, haut et cassé, est noué d’une large cravate sombre au nœud lâche et flottant. Ce type de nœud porte un nom précis : la lavallière, du nom de la duchesse de La Vallière, favorite de Louis XIV, dont le portrait aurait popularisé ce nœud souple. Au XIXe siècle, elle devient l’accessoire de prédilection des artistes bohèmes et des intellectuels — un détail qui renforce l’hypothèse d’un portrait d’artiste plutôt que d’un simple bourgeois. On notera d’ailleurs qu’au début du siècle, la mode masculine avait connu la « cravate à la Garat », baptisée en hommage au chanteur d’opéra Pierre Garat, dont les tenues extravagantes inspiraient les élégants — une résonance amusante si notre homme est bien chanteur.

Le gilet et la veste

Le gilet fleuri est la pièce la plus typiquement provençale de la tenue : les bastidans portaient, sur leur chemise, un gilet sans manches en soie ou en panne de velours à petites fleurs, fermé par des boutons, complété d’une veste de velours noir bordée de satin. Notre homme suit exactement ce schéma, à ceci près que sa veste est portée grande ouverte, pour laisser voir le gilet, geste théâtral plus que pratique vestimentaire courante.

La chemise et le pantalon

La chemise blanche transparaît aux poignets, formant un léger revers visible sur la main levée. Le pantalon à grands carreaux, large aux cuisses, correspond à un motif très en vogue au milieu du XIXe siècle — encore un emprunt volontaire à une mode déjà datée, cohérent avec un costume de scène évoquant un personnage plus ancien.

Les chaussures

Les souliers bas à boucle rappellent en réalité davantage le XVIIIe siècle que la Restauration (la boucle avait presque disparu au profit du lacet dès le début du XIXe). Portées ici, elles semblent être un accessoire de scène délibérément anachronique plutôt qu’une chaussure de ville de 1900.

Le studio

Le tirage porte la mention du studio C. Ricard, situé au 31 de la Canebière, l’une des artères les plus prisées des photographes marseillais à la Belle Époque, aux côtés de la rue Saint-Ferréol. Ce n’est pas un atelier que nous avons pu documenter de façon indépendante : contrairement à celui de Nadar (ouvert en 1897 au 77, Canebière et repris par Fernand Detaille dès 1903), qui a laissé une trace importante dans les archives et les collections du Musée d’Histoire de Marseille, C. Ricard semble être l’un des nombreux photographes de quartier dont l’activité n’a pas été conservée dans les fonds numérisés accessibles aujourd’hui. Le décor peint en toile de fond, la pose étudiée et le fini du tirage restent en tout cas typiques du travail des ateliers de la Canebière autour de 1895-1910. Les Archives municipales de Marseille conservent souvent les annuaires-almanachs commerciaux de l’époque, qui listaient les photographes par rue et par année : c’est la piste la plus fiable pour dater précisément l’activité de ce studio.

Le prix d’une telle tenue

Vers 1900, un instituteur parisien gagnait environ 6 francs par jour, soit autour de 150 francs par mois ; un ouvrier de l’industrie privée touchait plutôt 4,85 francs par jour. Une tenue estimée à une centaine de francs représentait donc, selon les métiers, entre trois semaines et un mois de salaire complet — un investissement vestimentaire considérable, qu’il s’agisse d’un costume de ville ou d’un habit de scène.
Détail amusant : à l’arrière-plan gauche du cliché, on distingue une silhouette assise, sans doute un assistant du studio surpris dans le cadre, un petit témoin involontaire des coulisses de la photographie d’antan.

Sources

  • Passion Provence, « Le costume provençal ».
  • Wikipédia, « Lavallière » et « Costume provençal ».
  • Atelier la Colombe, « Histoire de la cravate ».
  • Tourisme Marseille / Musée d’Histoire de Marseille, sur l’atelier Nadar et la dynastie Detaille.
  • Geneafinder, « Coût de la vie au XIXe siècle ».
  • Guichet du Savoir, relevés de salaires 1900.

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[Ancien provençal] Module 5 – Lexique thématique https://www.geneprovence.com/ancien-provencal-module-5-lexique-thematique/ https://www.geneprovence.com/ancien-provencal-module-5-lexique-thematique/#respond Mon, 27 Jul 2026 20:54:03 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28899 > Grammaire de l’ancien provençal

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<< Module 4 : Verbes et conjugaison avancée

Maîtriser la grammaire et la conjugaison est indispensable, mais ce n’est pas suffisant pour lire un texte médiéval avec aisance. Il faut aussi disposer d’un vocabulaire de base organisé autour des grandes réalités de la vie quotidienne. C’est l’objet de ce module : offrir un lexique thématique, ancré dans les registres paroissiaux et les documents d’archives provençaux, pour que chaque mot rencontré puisse être identifié et compris dans son contexte.
L’ancien provençal possède un vocabulaire riche, héritier direct du latin populaire, enrichi par les contacts avec l’arabe, le catalan et le français. Certains mots sont immédiatement reconnaissables ; d’autres demandent un effort d’apprentissage. La méthode la plus efficace reste de les apprendre par familles thématiques plutôt qu’en liste alphabétique.
Considérons cette phrase tirée d’un registre de sépultures :
« Lo fil del paire es mort al camp, lonc del portal de la vila. »
« Le fils du père est mort au champ, loin de la porte de la ville. » Chaque mot de cette phrase appartient à un thème précis : la famille, la mort, le travail agricole, l’espace et le village. Structurer son apprentissage autour de ces thèmes permet de décoder rapidement ce type de phrases.

1. La famille et les relations sociales

Le vocabulaire familial est l’un des plus fréquents dans les registres paroissiaux. Les actes de baptême, de mariage et de sépulture font constamment référence aux liens de parenté.

Ancien provençal Français
paire père
maire mère
fil / filh fils
filha fille
fraire frère
sor / sorre sœur
marit mari
molher femme (épouse)
oncle oncle
nep / nebot neveu
neboda nièce
aujòl aïeul, grand-père
aujòla aïeule, grand-mère
gendre gendre
nora belle-fille (bru)
pairis parrain
mairina marraine
filhòl filleul
vèuse / vidua veuve
vièure / viduu veuf

À retenir pour les registres
Dans un acte de baptême, on rencontrera systématiquement lo paire, la maire et souvent lo pairis et la mairina. Dans un acte de sépulture, lo marit de ou la molher de indique le conjoint du défunt.

Exemple tiré d’un acte type :
« Filha de Johan Arnaud e de Marguerita Roux, sa molher. »
« Fille de Jean Arnaud et de Marguerite Roux, son épouse. »

2. Le corps humain et la maladie

Les documents judiciaires, les déclarations d’accidents et les actes de sépulture mentionnent fréquemment le corps et les états de santé.

Ancien provençal Français
cap tête
man / mans main / mains
pe / pes pied / pieds
cors corps
còr cœur
ulh / uelh œil
orèlha oreille
boca bouche
nas nez
ossi / òs os
sang sang
malautia maladie
plausa / plaga plaie, blessure
mort mort
malaut malade
garit guéri
febre fièvre
metge médecin

À retenir pour les actes d’accidents
Les déclarations de mort violente ou accidentelle contiennent souvent des formules du type « nafrat al cap » (« blessé à la tête ») ou « mort de sa plaga » (« mort de sa blessure »). Reconnaître ce vocabulaire permet de comprendre immédiatement la nature du document.

3. L’espace : village, nature et territoire

Les actes mentionnent constamment des lieux — village, chemin, champ, rivière — souvent sans plus de précision. Ce vocabulaire spatial est indispensable pour situer les événements décrits dans les registres.

Ancien provençal Français
vila ville, village
loc lieu, endroit, village
castel château
portal porte (de ville ou de maison)
carriera rue
plaça place (publique)
camp champ
prat pré
bosc bois, forêt
aiga eau
riu rivière
pònt pont
camin chemin
munt montagne
val vallée
pòrt col de montagne
gleisa église
cementèri cimetière
ostal maison, demeure
forn four (banal)
molh moulin

À retenir
Le mot loc désigne souvent le village lui-même dans les actes provençaux, comme dans « del present loc d’Oppedette » (du présent village d’Oppedette). Ne pas le confondre avec le simple sens de « lieu ».

4. Le temps et le calendrier

Les dates dans les documents médiévaux ne suivent pas toujours notre calendrier moderne. Outre les mois, on rencontre fréquemment des références au calendrier liturgique, dont la maîtrise est indispensable pour dater précisément un acte.

Ancien provençal Français
an an, année
mes mois
jorn jour
ser soir
matin matin
nuèit nuit
ièr hier
uèi aujourd’hui
deman demain
setmana semaine
pascas Pâques
nadal Noël
sant joan la Saint-Jean
quaresma le Carême
primavèra printemps
estiu été
auton automne
ivèrn hiver

Repère pratique
La date dans les vieux documents est souvent rédigée ainsi : « Lo terç jorn del mes de mars, l’an mil sièis cens e dotze. » (« Le troisième jour du mois de mars, l’an 1612. ») Identifier jorn, mes et an permet de lire n’importe quelle date ancienne.

5. La religion et les sacrements

La vie en Provence médiévale et moderne est profondément rythmée par la religion. Les registres paroissiaux en portent naturellement la marque à chaque ligne, depuis le baptême jusqu’à la sépulture.

Ancien provençal Français
gleisa église
curat / prior curé, prieur
messa messe
baptisme baptême
crestianisme christianisme
paròquia paroisse
sacrament sacrement
extrema unccion extrême-onction
sepultura sépulture
cementèri cimetière
Dieus Dieu
Nostre Senhor Notre Seigneur
santa Maria sainte Marie
monge moine
abat abbé
fraire frère (religieux)
òrdre ordre (religieux)

Formule récurrente dans les sépultures
« Non muny d’aucun sacrament » signifie que le défunt est mort sans avoir reçu les sacrements — ce qui était notable et souvent mentionné dans le cas d’une mort soudaine ou violente. On rencontre aussi la formule inverse : « muny de totz los sagramens » (« muni de tous les sacrements »).

6. Les professions et la vie sociale

Les actes identifient les personnes par leur métier ou leur statut social. Ce vocabulaire est fondamental pour comprendre la place de chacun dans la société d’Ancien Régime et pour interpréter correctement les relations entre les individus mentionnés dans un acte.

Ancien provençal Français
laüraire laboureur
pairòc / pastor berger
ferrier forgeron
talhaire tailleur (de pierre ou d’habits)
mercandièr marchand
notari notaire
baile bailli, officier seigneurial
cònsol consul (officier municipal)
sénher seigneur
donzel damoiseau, jeune noble
bòrgues bourgeois
pages paysan
bastièr bâtisseur
mòlnièr meunier
pescaire pêcheur
cabiscòl chantre (dans une église)
jutge juge

À retenir
Le titre sénher précède souvent un nom dans les actes pour désigner un homme de condition : Joannes, sénher de Revest (Jean, seigneur de Revest) est une formulation typique. Le mot cònsol ne désigne pas un consul diplomatique, mais un officier municipal élu — l’équivalent d’un échevin ou d’un adjoint au maire actuel.

7. Les actes judiciaires et les conflits

Les archives judiciaires et les déclarations de témoins utilisent un vocabulaire spécifique que l’on rencontre aussi dans les faits divers consignés dans les registres paroissiaux, notamment lors de morts violentes ou suspectes.

Ancien provençal Français
plaièit procès, plainte
testimòni témoin
sénher jutge monsieur le juge
acusat accusé
crima crime
larrò larron, voleur
nafrar blesser
aucire tuer
fuèir fuir
preso prison
garda garde
enquesta enquête
decret décret, jugement
pena peine
amenda amende

Formule type dans un acte judiciaire
« Testimòni requis e signat » (« Témoin requis et signé ») est une formule que l’on retrouve systématiquement à la fin des actes de sépulture et des déclarations officielles pour valider le document. Elle garantit l’authenticité de l’acte devant les autorités.

Conclusion : bâtir son lexique personnel

Le lexique d’un lecteur de vieux documents ne se constitue pas en une fois. Il se construit progressivement, à chaque texte lu, à chaque mot identifié et ancré dans la mémoire par son contexte. Les thèmes présentés dans ce module couvrent l’essentiel de ce que l’on rencontre dans les registres paroissiaux provençaux.
La méthode la plus efficace consiste à tenir un carnet de mots rencontrés lors de lectures réelles. Chaque terme noté avec sa phrase d’origine est bien mieux mémorisé qu’un mot appris hors contexte. (N’hésitez pas à nous signaler les mots que vous aurez découverts et qui ne figurent pas dans le présent lexique.)

Exercices — Lexique thématique

Exercice 1 — Identifier le thème

Pour chaque mot, indiquez à quel thème il appartient parmi : famille, corps, espace, temps, religion, profession, justice.
  • molher
  • camp
  • testimòni
  • febre
  • pascas
  • laüraire
  • filha
Correction
  • molher → Famille
  • camp → Espace
  • testimòni → Justice
  • febre → Corps / maladie
  • pascas → Religion / temps
  • laüraire → Profession
  • filha → Famille

Exercice 2 — Traduction de phrases

Traduisez les phrases suivantes :
  • « Lo fil del notari es mort al camp. »
  • « La molher del laüraire es malaut. »
  • « Lo testimòni requis es lo pairis de l’enfant. »
  • « El es mort non muny d’aucun sacrament. »
Correction
  • Le fils du notaire est mort au champ.
  • La femme du laboureur est malade.
  • Le témoin requis est le parrain de l’enfant.
  • Il est mort sans avoir reçu aucun sacrement.

Exercice 3 — Compléter avec le bon mot

Choisissez parmi : gleisa / paire / camin / sang / cònsol / jorn.
  • « Lo ______ de la vila a signat l’acte. »
  • « El es mort lo terç ______ de mars. »
  • « La ______ es lonc del portal. »
  • « Lo ______ de l’enfant se noma Peire. »
  • « El a perdut molt de ______. »
  • « El es estat trobat mort sus lo ______. »
Correction
  • « Lo cònsol de la vila a signat l’acte. »
  • « El es mort lo terç jorn de mars. »
  • « La gleisa es lonc del portal. »
  • « Lo paire de l’enfant se noma Peire. »
  • « El a perdut molt de sang. »
  • « El es estat trobat mort sus lo camin. »

Exercice 4 — Lecture d’un acte reconstitué

Lisez cet acte de sépulture reconstitué et répondez aux questions :

« L’an mil sièis cens e quaranta, lo dotzen jorn del mes de febrièr, a esté ensevelit dins lo cementèri del loc de Reillana, estant mort lo mesme jorn de sa plausa, non muny d’aucun sacrament, Guilhem Fabre, laüraire, filh de Peire Fabre e de Caterina Roux, sa molher. Testimònis requis : Jacme Blanc e Anton Gras. »

  1. Quelle est la date du décès ?
  2. Quelle est la cause de la mort ?
  3. Quel est le métier du défunt ?
  4. Qui sont ses parents ?
  5. A-t-il reçu les sacrements ?
Correction
  1. 1. Le 12 février 1640.
  2. 2. Il est mort de sa blessure (sa plausa).
  3. 3. Laboureur (laüraire).
  4. 4. Peire Fabre et Caterina Roux (sa molher).
  5. 5. Non — non muny d’aucun sacrament.

Exercice 5 — Construction de phrase

En utilisant les mots du module, construisez une phrase en ancien provençal qui signifie :

« Le fils du meunier est mort dans le bois. »

Correction (proposition)

« Lo fil del mòlnièr es mort al bosc. »

Annexe — Glossaire alphabétique de référence

Ce glossaire regroupe l’ensemble des termes présentés dans ce module, classés par ordre alphabétique, avec indication du thème pour faciliter la mémorisation.
Ancien provençal Français Thème
abat abbé Religion
acusat accusé Justice
aiga eau Espace
amenda amende Justice
an an, année Temps
aujòl aïeul Famille
auton automne Temps
baile bailli Profession
baptisme baptême Religion
boca bouche Corps
bosc bois, forêt Espace
bòrgues bourgeois Profession
camin chemin Espace
camp champ Espace
cap tête Corps
carriera rue Espace
castel château Espace
cementèri cimetière Religion / Espace
cònsol consul municipal Profession
còr cœur Corps
cors corps Corps
crima crime Justice
curat curé Religion
decret jugement Justice
deman demain Temps
Dieus Dieu Religion
enquesta enquête Justice
estiu été Temps
extrema unccion extrême-onction Religion
febre fièvre Corps
ferrier forgeron Profession
fil / filh fils Famille
filha fille Famille
filhòl filleul Famille
forn four Espace
fraire frère / frère religieux Famille / Religion
fuèir fuir Justice
garda garde Justice
garit guéri Corps
gendre gendre Famille
gleisa église Religion
ièr hier Temps
ivèrn hiver Temps
jorn jour Temps
jutge juge Justice
larrò voleur Justice
laüraire laboureur Profession
loc lieu, village Espace
mairina marraine Famille
maire mère Famille
malaut malade Corps
malautia maladie Corps
man / mans main / mains Corps
marit mari Famille
matin matin Temps
mercandièr marchand Profession
mes mois Temps
messa messe Religion
metge médecin Corps
molh moulin Espace
molher épouse Famille
mòlnièr meunier Profession
monge moine Religion
mort mort Corps
munt montagne Espace
nadal Noël Temps / Religion
nafrar blesser Justice / Corps
nas nez Corps
neboda nièce Famille
nep / nebot neveu Famille
nora belle-fille (bru) Famille
notari notaire Profession
nuèit nuit Temps
oncle oncle Famille
òrdre ordre religieux Religion
orèlha oreille Corps
ossi / òs os Corps
ostal maison Espace
pages paysan Profession
pairis parrain Famille
paire père Famille
paròquia paroisse Religion
pascas Pâques Temps / Religion
pastor berger Profession
pe / pes pied / pieds Corps
pena peine Justice
pescaire pêcheur Profession
plaça place publique Espace
plaièit procès Justice
plausa / plaga blessure, plaie Corps
pònt pont Espace
pòrt col de montagne Espace
portal porte Espace
prat pré Espace
primavèra printemps Temps
prior prieur Religion
preso prison Justice
quaresma Carême Religion
riu rivière Espace
sacrament sacrement Religion
sang sang Corps
sant joan Saint-Jean Temps / Religion
santa Maria Vierge Marie Religion
sénher seigneur Profession
sepultura sépulture Religion
ser soir Temps
setmana semaine Temps
sor / sorre sœur Famille
talhaire tailleur Profession
testimòni témoin Justice
uèi aujourd’hui Temps
ulh / uelh œil Corps
val vallée Espace
vèuse / vidua veuve Famille
vièure / viduu veuf Famille
vila ville, village Espace

Sources scientifiques

  • Raynouard, François-Juste-Marie, Lexique roman, Paris, 1838–1844.
  • Levy, Emil, Petit dictionnaire provençal-français, Heidelberg, 1909.
  • Paden, William D., An Introduction to Old Occitan, MLA, 1998.
  • Bec, Pierre, La langue occitane, PUF, 1963.
  • Anglade, Joseph, Grammaire de l’ancien provençal, Klincksieck, 1921.

Module 6 : Variantes régionales et évolution >>

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Voleur, insolent et beau joueur : le cas du jeune Ripert (Marseille, 3 juillet 1868) https://www.geneprovence.com/voleur-insolent-et-beau-joueur-le-cas-du-jeune-ripert-marseille-3-juillet-1868/ https://www.geneprovence.com/voleur-insolent-et-beau-joueur-le-cas-du-jeune-ripert-marseille-3-juillet-1868/#respond Mon, 27 Jul 2026 10:05:58 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28892 Lors de son audience du 3 juillet 1868, le tribunal correctionnel de Marseille, sous la présidence de Charles de Mougins-Roquefort, eut à juger le cas d’un prévenu du nom de…

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Lors de son audience du 3 juillet 1868, le tribunal correctionnel de Marseille, sous la présidence de Charles de Mougins-Roquefort, eut à juger le cas d’un prévenu du nom de Ripert. C’était un jeune homme d’environ 20 ans et vêtu d’un costume léger qui se composait d’une chemise bleue et d’un pantalon. Il dégageait l’air résolu d’un homme qui était habitué aux actions dangereuses, selon l’impression personnelle du chroniqueur.
Au cours de l’audience, il s’écria soudain avec énergie :
« M. le Président, les autres que l’on dit mes complices, sont innocents, moi seul ai commis le vol. »
Les faits reprochés étaient clairs. Ripert avait frauduleusement soustrait du linge pour une valeur d’environ cent francs dans un lavoir situé du côté de la villa Paradis. Ils étaient trois à l’origine, mais ses deux complices parvinrent à se dérober aux recherches minutieuses de la police. Ripert fut donc le seul à être pris et à devoir répondre des charges de la prévention.
La blanchisseuse volée vint déposer à la barre. Elle déclara que Ripert était allé la trouver en personne et qu’il lui avait demandé une réparation d’honneur tout en se montrant menaçant à son égard.
Le tribunal déclara le prévenu coupable et condamna le nommé Ripert à trois ans de prison.
Cette lourde peine ne sembla pas faire une grande impression sur le condamné. Ce dernier salua le tribunal, le sourire sur les lèvres, avant que les gendarmes ne l’entraînent hors de la salle.
  • Source : Le Petit Marseillais, 6 juillet 1868, p. 2.

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Tombé d’une échelle (Boulbon, 28 juillet 1681) https://www.geneprovence.com/tombe-dune-echelle-boulbon-28-juillet-1681/ https://www.geneprovence.com/tombe-dune-echelle-boulbon-28-juillet-1681/#respond Mon, 20 Jul 2026 20:35:30 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28862 La mort accidentelle de ce travailleur à Boulbon en juillet 1681 met en relief la situation de vulnérabilité des ouvriers saisonniers et des artisans itinérants sous le règne de Louis…

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La mort accidentelle de ce travailleur à Boulbon en juillet 1681 met en relief la situation de vulnérabilité des ouvriers saisonniers et des artisans itinérants sous le règne de Louis XIV. La chute mortelle depuis une échelle suggère un traumatisme crânien sévère ou une rupture des vertèbres cervicales, des lésions fréquemment fatales en milieu de travail agricole ou de bâtiment. L’incapacité du vicaire à consigner le patronyme complet de ce trentenaire, désigné par son seul prénom et son origine géographique présumée, illustre l’anonymat relatif qui entourait ces migrants intérieurs venus du lointain de la principauté d’Orange. Malgré cette identité lacunaire, la prompte administration des derniers sacrements et son inhumation dans le cimetière Saint-Marcellin garantissent l’intégration spirituelle et la dignité religieuse terminale de cet étranger au sein de la communauté paroissiale.

« L’an que dessus [1681] et le vint et huit du mois de juillet, a été enseveli un homme étranger qui se tua en tombant d’une échelle, qu’on dit être de la ville d’Orange, et qui s’appelait Charles, le surnom duquel on ignore qui.
Après avoir reçu les sacrements par moi soussigné vicaire, a été enseveli au cimetière Saint-Marcellin, âgé d’environ trente et cinq ans, cujus anima in pace quiescat1. Présent. »

1. « Dont l’âme repose en paix. »

  • Source : Registre paroissial de Boulbon, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, cote 203 E 221.

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Le drame de la mine des Raynauds (Trets, 15 avril 1840) https://www.geneprovence.com/le-drame-de-la-mine-des-raynauds-trets-15-avril-1840/ https://www.geneprovence.com/le-drame-de-la-mine-des-raynauds-trets-15-avril-1840/#respond Sat, 18 Jul 2026 20:04:54 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28846 Le mercredi 15 avril 1840, vers 9 heures du matin, une catastrophe subite frappa les mineurs du puits des Raynauds, une concession minière située sur le territoire de Trets (Bouches-du-Rhône).…

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Le mercredi 15 avril 1840, vers 9 heures du matin, une catastrophe subite frappa les mineurs du puits des Raynauds, une concession minière située sur le territoire de Trets (Bouches-du-Rhône). Les ouvriers venaient à peine de commencer leur journée de labeur lorsque l’impensable se produisit au fond des galeries.

Une rupture de roche et l’invasion du gaz mortel

Alors que trois mineurs s’activaient dans une taille — une chambre souterraine d’où l’on extrayait le charbon —, la paroi rocheuse céda brusquement sous la pression invisible des eaux accumulées derrière elle. Personne ne soupçonnait la présence de cette nappe résiduelle, qui stagnait là depuis plus de trente ans, emprisonnée dans d’anciens travaux abandonnés.
L’eau libérée n’arriva pas seule. Elle contenait une quantité massive et concentrée de gaz hydrogène sulfureux. La poche de gaz toxique envahit instantanément l’atmosphère de la taille inondée. Sur les trois ouvriers surpris par l’émanation, deux furent subitement asphyxiés par la vapeur hydrogénique, tandis que le troisième trouva le courage et la force de fuir in extremis vers la surface.

L’identité des deux mineurs emportés

Avertis immédiatement de la tragédie, le maire de Trets et le juge de paix se transportèrent sans délai sur les lieux pour constater le sinistre. Au fond, les secours ne purent que ramener les corps sans vie de deux enfants du pays, dont les décès furent déclarés officiellement par l’adjoint au maire, Toussaint Bruno Bouillon.
La première victime, Jean Baptiste Frégier, était un homme d’expérience âgé de cinquante-huit ans. Originaire de la commune voisine de Fuveau, il laissait derrière lui son épouse, Marie Virginie Prevost. La seconde victime représentait la terrible réalité du travail des enfants dans les mines du XIXe siècle : Jean Baptiste François Aimé Michel, un jeune ouvrier mineur qui n’avait que quatorze ans. Il périt non loin de la maison de ses parents, Jean Baptiste François Michel et Marie Anne Savournin.
Deux autres mineurs de Trets, Jean Baptiste Mouche et Jean Baptiste Cheilan, se présentèrent l’après-midi même à la mairie pour déclarer la perte de leurs compagnons de misère, signant ainsi l’une des pages les plus sombres de l’histoire ouvrière locale.
  • Sources : Le Mémorial d’Aix, 18 avril 1840, page 3.
  • Archives départementales des Bouches-du-Rhône, état civil de Trets, décès de 1840, actes n° 33 et 34, cote 202 E 596.

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